Plutarque, Des vertus des femmes
3. La remarque est de Curtius, Histoire grecque, traduction Bouché-Leclercq p. 291.
4. Iliml% II, 860. Ce nom d'Âscanie avait disparu plus tard comme nom de pays, on appelait encore, au temps de Strabon, lac ascanien, le bassin qui fut plus tard le 1 Nicée. Un fils de Priam et le fils d'Énée s'appellent Ascanios. Il y a un ilcuve Ascani Troade, les îles ascaniennes en avant de ce district, et un port ascanien sur la froi de cette province et de la Lydie. Enfin Xanthos appelait Ascanie le district européen les Phrygiens avaient passé en Asie (Strabon, XIV, v, 29). Pour que ce vocable ait ainsi tant de traces dans Thistoire, il faut, a-t-on dit, qu'il représente le nom qu'a porté jadis ou le peuple phrygien tout entier ou au moins une tribu phrygienne, i
qui sont établies dans l'intérieur du continent, « sur les rives du Sangarios », où elles ont à lutter contre les Amazones, c'est-à-dire contre un ennemi qui vient d'au delà de l'Halys*; les uns et les autres sont d'habiles vignerons et de grands éleveurs de chevaux, qu'ils excellent à dompter^; mais ils ne se distinguent pas de leurs voisins par leur opulence. D'ailleurs là, et même dans un poème déjà moins ancien, dans \Hymm à Aphrodite^ y c'est Phorcys et Ascanios, c'est Asios et Dymas, cest Olreus et Mygdon que s'appellent les chefs qui conduisent au combat les troupes phrygiennes, personnages auxquels il n'y a pas lieu d'attribuer une réalité historique; ce n'est pas Gordios et Midas qui régnent dans « les villes bien murées » des Phrygiens*. La plupart des critiques s'accordent aujourd'hui à croire que, vers le milieu du neuvième siècle, Y Iliade existait, telle à peu près que nous la possédons aujourd'hui. Par l'élude du poème comme par les autres voies que nous avons tentées, nous nous trouverions donc ramené à la conclusion que nous avons déjà indiquée : si les Phrygiens, avant le temps d'Homère, s'étaient déjà établis au cœur même de la péninsule, c'est plus tard, aux environs de l'an 800, qu'ils y fondèrent ce royaume qui devait être le plus puissant État de l'Asie occidentale jusqu'au jour où la Lydie entrerait en scène avec Gygès et Ardys ^,
La tradition indiquait comme le père du premier roi de cette dynastie un Gordios, simple laboureur; son fils, Midas, serait monté sur le trône et, depuis lors, ces deux noms paraissent avoir toujours alterné dans la famille royale; c'étaient peut-être ceux de héros
tronre la confirmation de celte hypothèse dans le fait que le dixième chapitre de la Genèse (V, 3) nomme parmi les fils do Gomer, à côté de Togharma, où Ton reconnaît les Arméniens, Achkenez, où Von propose de reconnaître les Phrygiens. Fr. Lenormant [Lea mgines de rhUitoire, t. Il, p 388-395) a donné toutes les raisons qui rendent cette hypothèse très vraisemblable.