TOME V
- Tombeau voisin de Picbmich-kalé. Perrot et Guillaume, Exploitation archéologique^ 1. 1, p. 146.
Le tombeau se compose d'un vestibule et d'une chambre ; cette dernière contient deux banquettes funéraires. A l'entrée de chacune des chambres se reconnaissent encore les trous qui recevaient les pivots sur lesquels tournaient les portes ou dalles des deux caveaux. Une rigole creusée dans la banquette extérieure servait à l'écoulement des eaux d'infiltration. Point de moulures autour de la porte. Au milieu du fronton, un objet qui ressemblée un pieu, rayé de deux stries verticales, que surmonte un chapeau triangulaire. Ce montant est ici d'un trop fort calibre pour que l'on puisse y voir la copie d'une pièce de charpente: celle-ci ne serait pas proportionnée aux arbalétriers qu'elle aurait à soutenir, et d'ailleurs, là où on a voulu imiter un comble, le poinçon est rattaché au reste de la ferme et surtout il ne se termine pas en pointe. On a voulu chercher ici un pieu surmonté par un bonnet phrygien*; mais rien ne prouve que le bonnet dit phrygien, qui n'est connu que par des monuments très postérieurs, ait été alors, dans cette contrée de l'Asie Mineure, la coiffure nationale, et, de plus 4 on ne s'explique pas quel serait le sens de celte représentation, ni ce qu'elle viendrait faire sur un tombeau. Au contraire, on se rend aisément compte du rôle qu'aurait joué ici le phallus, de la signification que l'on y aurait attachée; ne l'avons-nous pas rencontré déjà en Cappadoce, au centre d'un édicule où il semble tenir la place qui, dans le temple, était réservée à la divinité*? Ne surmontait-il pas les tombeaux dans la nécropole voisine de Symrne^?
Quant à la forme, toute conventionnelle, qu'il a prise ici, c'est bien celle qui permettait le mieux à l'ouvrier d'exécuter rapidement, à grands coups d'outil, dans la pierre ou le bois, ces cippes qui jouaient un si grand rôle dans les cultes naturalistes de la Syrie; or la relation que les écrivains hébraïques établissent souvent entre V Acheva ou le pieu sacré et les Achtoret ou Astartés, déesses de l'amour et de la génération, nous a conduit à soupçonner que ces cippes, dont plusieurs exemplaires ont été retrouvés en Phénicie et dans les colonies phéniciennes, savaient un caractère phallique*. Nous en avons reproduit un qui provient de Kition^ et il offre justement le type qui a servi de modèle au sculpteur phrygien par lequel cet emblème a encore été repré-
\, C'était l'opinion de Mordtmann, lo compagnon de voj-agc de Barth [Kehe von Trapezunt nach Scutariy p. 93).