Journal, 1884, p. 243, note
comme chez les sphinx de la façade principale, la pointe des ailes se recourbe en avant et forme une sorte de crochet.
Après avoir fait ainsi le tour du monument, on se retrouve devant la porte. Par la disposition de son chambranle, celle-ci rappelle les portes simulées de Delikli-tach et d'Iasili-iata; mais, à Ar s lan-kaïa^ on est en présence d'une véritable baie, d'une baie qui a été faite pour rester toujours ouverte. Les deux battants en sont figurés, à Finlé-
109. — Arslan-kaïa. Vue de la face occidentale. Journal, pi. XLIV.
rieur du passage, appliqués contre le mur; le ciseau a même imité, vers le haut de ces battants, une des rangées de clous qui attachaient aux ais de la porte leur revêtement de bronze. Sur le battant de droite, il va encore l'amorce d'une saillie qui représentait soit un verrou, soit peutêtre un marteau.
Cette porte donne accès dans une petite chambre rectangulaire très simple, dont le fond est rempli par un curieux bas-relief (fig. 110). On y voit deux honnes affrontées dressées sur leurs pattes de derrière; elles appuient leur pattes de devant sur la tête d'une figure centrale où, toute dégradée que soit la sculpture, on devine une femme vêtue d'une longue robe et coiffée d'une haute tiare ovoïde. Cette femme, ce ne
peut être qu'une déesse, et cette déesse, c'est Cybèle, la grande divinité locale, celle que devaient promener, à travers toutes les contrées du monde ancien, montée sur son char qu'elles traînent docilement, ces lionnes qui jouent ici avec leur maîtresse, en compagnes soumises et familières. L'idole faisait sur la paroi une saillie de 30 à 35 centimètres; mais le tuf volcanique où elle était taillée était très tendre, et tout le devant du relief s'est détaché, ne laissant subsister que le contour qui cernait l'image et en dessinait la silhouette sur le fond. Plus aucun détail n'est visible sur cette surface inégale ; cependant on devine le mouvement des bras, à l'angle que font les coudes avec le buste. Cet angle n'est pas le môme des deux côtés; il semble que la main droite ait dû être posée sur le sein et la gauche sur le ventre, attitude que nous avons déjà rencontrée dans maints simulacres des déesses asiatiques*. Si la roche, dans tout ce district, avait été plus résistante, elle aurait probablement gardé ici plus d'un exemplaire de ce type; près d'une belle tombe qui a déjà élé décrite (fig. 64), on aperçoit, au fond d'une petite niche creusée dans le roc, niche qui a environ 1 mètre de hauteur, une figurine qui paraît reproduire le même motif, mais qui est encore plus fruste (fig. 111)*. On comprend pourquoi nous n'avons pas cru devoir compter au nombre des tombes l'hypogée A' Arslan-kdia ; il n'y a rien ici qui révèle la destination funéraire. En vertu même de l'office qu'elle est appelée à remplir, toute tombe est fermée; nous avons vu quelles précautions avaient été prises, dans les plus anciennes sépultures phrygiennes, pour que la chambre où reposait le cadavre ne fût accessible que par un puits dont l'ouverture se dissimulerait aisément, sur le haut du massif qui renfermerait le caveau, sous la terre et sous les broussailles; là où on entre dans la chambre par une porte, on remarque le plus souvent