‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 7 sur 412 · Hùloire de l*Art, t. IV, Dg · texte numérisé non relu

Hùloire de l*Art, t. IV, Dg

del'Halys*. Nulle part au contraire, dans ce district, on n'a signalé le moindre vestige d'un alphabet dérivé de l'alphabet phénicien, de celui que les Phrygiens habitant les vallées du Rhyndacos et du Sangarios ont emprunté aux Grecs pour écrire les mots de leur langue ; on n'y a pas trouvé non plus les motifs d'ornement qui distinguent la décoralion du tombeau de Midas et des façades funéraires voisines. L'histoire serait muette à ce sujet que, sur la seule vue des monuments, la critique serait encore en droit d'affirmer Tantériorité du centre de population et de culture que dominaient les sommets arrondis du Sipyle. Nous relèverons encore, sur les pentes aujourd'hui dénudées de cette montagne, d'autres restes d'un passé lointain et ceux-ci, bas-reliefs, constructions, travaux exécutés dans le roc, sans offrir un caractère aussi tranché que les deux pseudo-Sésostris et que la Cybèle nous paraîtront avoir toutes les apparences d'une haute antiquité.

Le difficile, c'est de savoir quel est le peuple qui a laissé ces souvenirs dans la tradition, le peuple qui a laissé empreintes, en plus d'un point, sur les flancs du Sipyle, des traces de sa vie et de son activité. Faut-il là tout attribuer à ces conquérants, venus de l'est, dont nous avons cru reconnaître l'image sculptée sur les parois du défilé forcé par leurs armes? Nous ne le pensons pas. Les vaillants soldats qui s'étaient mesurés sans désavantage contre l'Egypte ont pu pousser jusqu'ici une pointe hardie, du temps où la supériorité de leur armement et de leur lactique leur assurait, dans la portion occidentale de la péninsule, une suprématie incontestée. Mais on a peine à croire qu'ils soient restés longtemps établis à demeure si loin de ce Taurus dont ils occupaient les deux versants. Or le Sipyle renferme des monuments qui, par leur réunion, semblent témoigner du séjour prolongé qu'y aurait fait une population sédentaire. Près de Magnésie, autour de la statue de Cybèle, ce sont des autels et des niches qui attestent les hommages que reçut, aussitôt après sa naissance et pendant une longue suite d'années, l'idole gigantesque. Sur les pentes qui regardent Smyrne, ce sont des escaliers et des galeries, des réduits fortifiés, des lieux de culte, des tombeaux; tout cela est en partie construit, en partie taillé dans le roc. Il y a certainement eu là un peuple qui, pendant la durée de plusieurs générations, a vécu retranché sur ces hauteurs, et ce peuple avait déjà perdu toute importance, quand les cités grecques se sont fondées sur ces rivages ; car tout ce que savent à

I. Pour les sijînes, voir HUtoirc ik l'Art, t. IV, fig. 30 i- et 360.

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