Hrlbig, Dos Ilomerische Epo^^ 2'' édition, p
110. — Casque tiré d'un vase grec à figures noires. Helbig, Das Homerische Epos, p. 298.
lête; pour que les pieds des trois figures posassent sur la même ligne de terrain, l'artiste avait écarté les jambes du monstre et les avait infléchies aux genoux. On arrive à supposer ainsi une attitude analogue à celle qui, dans les plus anciens monuments de la sculpture grecque, prétend donner Tidce du mouvement d'une course rapide.
Ce bas-relief, hier encore inconnu, occupe une place tout à part dans Tœuvre du sculpteur phrygien. En effet, quand celui-ci a voulu prêter un corps à sa grande déesse Cybèle, il n'a pas su en faire autre chose qu'une sorte de poupée massive, où rien n'est indiqué, ni les traits du visage, ni le caractère et l'arrangement de la draperie. Cet ouvrier, on le sent, éprouvait un réel embarras lorsque l'occasion s'offrait à lui de s'attaquer à la figure humaine. Dans un des monuments où celle-ci paraissait avoir sa place marquée, dans un des sanctuaires du plateau, n'a-t-il pas esquive la difficulté en remplaçant le simulacre divin par un symbole qui doit en suggérer l'idée (fig. 106)? En revanche, comme tous les artistes primitifs, il est bien plus à l'aise dans la transcription des formes de l'animal et il y porte des qualités qui laissent deviner d'heureux dons naturels. Ainsi, dans le groupe qui représente Cybèle entre deux lionnes (fig. HO), tandis que l'effigie de la déesse n'est guère qu'une sorte de borne ou de pilier auquel on a ajouté une tête et des bras, la silhouette des lions est d'un dessin très exact et d'un mouvement fort bien trouvé. On a la môme impression en présence du lion colossal qui a valu au monument voisin de Liyen son nom à'Arslan-kam (fig. 108); dans l'intérieur de Timage, il ne semble pas y avoir eu de modèle ni de détails indiqués parle ciseau; mais le contour est assez net pour que l'on puisse apprécier la fermeté et le juste sentiment de la proportion que le sculpteur a mis dans cette large esquisse hardiment jetée sur la haute paroi*.
De tous les monuments de la plastique phrygienne, le plus intéressant peut-être c'était cet autre lion, dont nous ne possédons plus qu'un fragment (fig. 120); il appartient à la tombe où sont sculptés, à Vexlérieur, les deux guerriers (fig. 65).
Ce lion était de bien plus haut relief que celui dWrslan-kaïa et de dimensions encore plus grandes; du nez à la nuque, la tête mesure 2",30. Taillé à angle droit, le contour de la figure fait sur le champ du roc une saillie d'environ 15 centimètres ; mais le sculpteur n'a pas mis à
*• Le fJossiii que nous avons reproduit a Hé fait d'en bas et de trop pr^s; il a, "•narnsay in>n avertit, un pou alléré les proportions du lion; il les ferait croire plus é/anrées qu'elles ne le sont réellement.
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profit, pour modeler les chairs, la puissance de ce relief; il n'a distingué les plans qu'à la jointure de Tépaule; celle-ci est plus saillante que le
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cou; ce n'est pas par une courbe qu'elle s'y relie, comme dans la nature, mais par un bord taillé à vif. Les autres détails, poils du front
et (le la joue, muscles des épaules, sont accusés par des traits nets et durs qui rappellent les procédés de Tintaille plutôt que ceux de la sculpture. L'artiste voulait donner beaucoup d'importance à la crinière, qui contribue si fort à Tonginalité de la physionomie du lion; il Ta figurée, dans le plan du bas-relief, par une série de boucles rondes, très semblables à celles qui, dans les statues grecques archaïques, entourent le front; puis il a continué le travail, mais en lui donnant une autre forme, sur la petite face droite qui relie le champ de l'image au fond du roc brut. Sur cet étroit rebord, c'est par une suite de sillons obliques et parallèles que sont indiquées les touffes de poil. Ce n'est d'ailleurs pas seulement là, dans cette portion de l'ouvrage qui devait être à peu près cachée à la vue, qu'a été employé ce mode de représentation sommaire ; on retrouve ce même dessin en arête de poisson dans les parties apparentes du bas-relief, sur la joue, où il marque peut-être la frange de la crinière qui passe derrière l'oreille et traverse en biais le mufle; sur l'épaule, où il paraît répondre à la ride qui >e creuse au-dessus de l'articulation; dans le pelage du fauve, enfin sur le fragment où se voient les deux pattes, qui appartenaient, croyonsnous, à deux autres lions (lig. 122). La pierre est brisée juste à l'endroit où les membres antérieurs s'attachent au tronc; mais ce qui reste, la tête tout entière, était le morceau le plus soigné.
L'oreille n'est pourtant qu'épannelée ; elle offre l'aspect d'une surface triangulaire, qui a assez de saillie pour bien ressortir sur le plan du visage; elle est d'ailleurs petite, comme l'est, en fait, l'oreille du lion. L'œil est très enfoncé; taillée à angle droit, la paupière déborde franchement sur le globe. Les muscles de la joue, les froncements du nez et des joues, tout cela est rendu avec une justesse et une décision où l'on croit sentir l'observation de la nature, et cependant d'autres traits donneraient à penser que le sculpteur phrygien n'avait jamais vu de lion. S'il n'y a pas de dents à la mâchoire supérieure, cesl qu'elles ont été brisées lors de la chute du lourd fragment; on en voit encore l'amorce; mais celles de la mâchoire inférieure, bien conservées, surprennent par leur conformation. Elles ont l'aspect de molaires larges et plates, semblables à ces dents de l'herbivore qui écrasent et triturent le fourrage, mais qui ne déchirent point; or ce que l'on attendait ici, c'était les crocs aigus de la bête de proie. Il parait pourtant probable que, du temps où ces sculptures ont été exécutées, le lion habitait encore les montagnes de l'Asie Mineure ; il joue un rôle trop important dans la poésie homérique, ses mœurs et
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sa physionomie y sont peintes de couleurs trop vraies et trop vives pour que les riverains de la mer Égce laient connu seulement par les récils des voyageurs et par les images, toujours plus ou moins conventionnelles, qui en avaient été données par Tart oriental.
Malgré ces inexactitudes, malgré le caractère tout arbitraire de certains des partis qu'a pris le sculpteur, cette figure devait avoir sa noblesse et sa beauté. Quelle en était la pose? Selon toute vraisem-