‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 95 sur 412 · ES LYDIENS, LEUR PAYS, LEUR HISTOIRE ET LEUR RELIGION · texte numérisé non relu

ES LYDIENS, LEUR PAYS, LEUR HISTOIRE ET LEUR RELIGION

La Lydie des historiens et des géographes grecs comprend tout le petit bassin du Caystre ainsi que la basse et la moyenne vallée de THermos; elle allait jusqu'à la rive droite du Méandre, qui le séparait de la Carie. Homère, comme l'ont déjà remarqué les anciens, ne connaît pas encore les Lydiens'; la contrée qui sera plus tard la Lydie, il rappelle « Taimable Méonie » *. Ces deux termes désignent-ils deux peuples différents, dont Tun aurait remplacé l'autre dans cette contrée, ou bien s'appliquaient-ils à deux groupes de même race, qui auraient eu successivement la primauté? Cette dernière hypothèse est la plus

|« Strabon, XU, viii, 3; XUI, iv, 5.

2. Homère, Iliade, \l\, 401 ; XYIII, 291 . Le nom de Méonie ne disparut pas tout à fait ; sous les Romains, il s'appliquait encore à une ville et à un canton situés au nord de Philadelphie, entre cette ville et le Tniolos.

vraisemblable; on sait que la nation lydienne se partageait en plusieurs tribus. Le nom de Lydiens aurait été porté d'abord par la tribu établie sur le moyen Hermos ; puis il se serait étendu à l'ensemble du peuple, quand la fondation de Sardes et les avantages de celte situation eurent assuré aux maîtres de cette citadelle une prépondérance marquée. Les anciens savaient que cette ville et son château ne remontaient pas à une très haute antiquité; c'est ce qu'ils expriniaienl en disant que Sardes avait été fondée après la guerre de Troie'.

C'est chez les poètes lyriques grecs du septième et du sixième siècle que l'on rencontre les plus anciennes mentions de la Lydie et des Lydiens*. Quant au peu que l'on sait de leur histoire, on le doil surtout à Hérodote et à Xanthos de Lydie. Ce dernier était un Lydien hellénisé, qui écrivait dans la première moitié du cinquième siècle; par malheur, son livre est perdu, et l'on a pu se demander si tous les fragments que Ton en possède, fragments qui ont été conservés par Strabon et surtout par Nicolas de Damas, appartiennent bien au vieux logographe; un auteur beaucoup moins digne de foi, un certain Dionysios Skythobrachion, paraît avoir refait, à l'époque alexandrine, une histoire de la Lydie et l'avoir publiée sous le nom vénérable de Xanthos ^ Ce soupçon infirme, dans une certaine mesure, l'autorité du témoignage de Xanthos, qui, sur bien des points, n'est pas d accord avec Hérodote; on incline cependant à croire que, si le rhéteur moderne a pu ajouter certains ornements et certains épisodes à Touvrage dont il exploitait la réputation, il a pourtant suivi de près son prédécesseur*. A plusieurs de ces citations, nous devinons un homme qui vivait dans cette contrée, qui eh connaissait bien les antiquités, qui avait cherché à se rendre compte des phénomènes naturels auxquels le sol de la Lydie devait son aspect spécial. Un bel esprit, un pédant de Pergame ou d'Alexandrie n'aurait jamais eu l'idée d'observations aussi

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