Strabon, XHI, iv
2. Bergk, Poetse lyrici grœci, 3^ édilion, Sahio, fr. 85. Anacréon, fr. 18. Hip(>onax, fr. 15, Xénopbane, fr. 3; etc.
3. Voir la notice sur Xanthos et les fragments conservés dans le tome I des Fragments hisloriconun grœcorum de Ch. et Th. MOller.
4. C'est à l'ouvrage refait et arrangé selon le goût du temps que Nicolas de Damas, célèbre rhéteur contemporain d'Auguste, a dû emprunter les récits que renfermaient le quatrième et le sixième livre de son Histoire universelle, qui étaient particuUèremeiil consacrés à la Lydie. On a de longs fragments de ces deux livres, surtout du dernier (Fi^agm. hist. graec, t. III); s'ils renferment des contes romanesques et bizarres, on y trouve pourtant aussi bien des renseignements curieux, qui paraissent remonter à Xanthos lui-même.
précises et aussi judicieuses. Xanthos, si nous le possédions tout entier et dans le texte original, aurait peut-être, pour Thistoire de la Lydie, plus d'autorité qu'Hérodote : il savait la langue du pays, que la diffusion du grec n'avait pu encore frapper de désuétude; il avait pu consulter, il citait des documents officiels, qui devaient avoir leur valeur*. Ce qui constitue le fond du récit d'Hérodote, c'est les anecdotes qui couraient dans les villes grecques de la côte, c'est surtout la tradition orale qu'il a recueillie à Delphes, où le souvenir des derniers rois de Lydie était resté très vivant, en raison des rapports que le temple avait entretenus avec eux et des magnifiques présents qu'il en avait reçus. On devine quelles altérations les faits n'avaient pas manqué de subir dans un pareil milieu, où ils avaient été nécessairement arrangés et présentés de manière à donner une haute idée du rôle de l'oracle et à prouver son infaillibilité.
Ce n'est pas le lieu de chercher à concilier avec celles d'Hérodote les assertions qui sont mises au compte de Xanthos, ni de s'engager dans l'étude d'une question aussi obscure que l'est celle de l'ordre et de la chronologie des rois lydiens; on ne veut savoir ici, de cette histoire, que ce qui peut aider à Tintelligence des monuments. D'après Hérodote, trois dynasties se seraient succédé en Lydie, les Atyades, les Héraclides et les Mermnades^. La première est purement fabuleuse; elle est née de la vanité des Lydiens, du désir qu'ils éprouvaient de ne pas remonter moins loin dans le passé que les autres peuples de l'Orient. Avec les Héraclides, auxquels Hérodote attribue cinq cent cinq ans de durée et vingt-deux princes, on ne se sent pas sur un terrain beaucoup plus solide. Ces chiffres que n'accompagne la mention daucun fait ont dû être obtenus par des combinaisons artificielles; à peine y a-t-il peut-être une exception à faire pour les deux ou trois derniers règnes. Les Mermnades seuls appartiennent tout entiers à rhistoire.
La date de Tavènement du fondateur de cette dynastie, Gygès, n'est d ailleurs pas sûrement fixée. Il paraît démontré que les chronographes grecs l'ont trop reculée; on se fonde sur les documents assyriens pour la faire descendre jusqu'aux premières années du septième siècle ^
1. Nicolas de Dauas (fr. 49, 21) dit, à propos d'un certain Spermios, qui aurait occupé le trône pendant deux ans : ev toîç ^aaiktloiç oux oLwoirfpiipzxoLi. Sur le temps où a vécu Xanthos, voir la notice de Letronne {Œuvres choisies, t. I, p. 203-206, S*», 1883, Leroux).