‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 202 sur 381 · DbSaulcy, Atlas, pi. xuv, flg. i et · texte numérisé non relu

DbSaulcy, Atlas, pi. xuv, flg. i et

2. HisMre d^ VArt, t. IIÏ, pp. 150-155 et fîg. 6, 94, 95, 98, 99.

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et inférieure de la tombe phénicienne. On s'explique la médiocrité de cette architecture. Sous les rois, du temps où se développait, dans la haute classe, le goût du luxe et de l'ostentation, les prophètes et les prêtres de lahvé condamnaient sévèrement, comme idolâtriques, tous les rites de ce culte des morts qui, chez les Israélites comme chez tous les peuples de l'antiquité, remontait aux plus anciennes conceptions fétichistes. Us blâmaient, ils interdisaient les repas qu'on faisait sur les tombes et les offrandes qu'on y déposait* ; ils dénonçaient comme criminelles les pratiques de ces nécromanciens qai prétendaient évoquer les mânes pour les consulter sur l'avenir. Il est possible que cette tendance des chefs spirituels de la nation ait été pour quelque chose dans la médiocrité de l'ancienne tombe juive; ce qui est certain, c'est qu'elle n'a pas l'ampleur, la variété, l'aspect souvent monumental de ses modèles phéniciens. On n'y sent pas, comme dans certains hypogées arvadites et sidoniens, l'influence et l'imitation directe de l'Egypte. Un des traits qui caractérisent Tarchitecture funéraire de l'Egypte, c'est l'emploi qu'elle a fait du puits pour accéder au caveau, disposition qui lui a été suggérée par la nature du sol, sur ce plateau de Gizeh et de Sakkarah où elle a créé ses premières nécropoles ; or on retrouve le puits dans celles des sépultures du littoral syrien qui paraissent les plus anciennes*. Rien de pareil, que nous sachions, en Judée; c'est de plain-pied, par un couloir très court, que l'on arrive à la chambre où sont creusées les niches, et si celle-ci se trouve au-dessous de l'extérieur, on y descend par une rampe ou par un escalier. Il y a peut-être eu des tombes à puits; en tout cas, on ne les a pas encore retrouvées, et cependant on serait tenté de se demander si ce n'était pas à ce type que se rattachaient les tombeaux de David. On sait à peu près où les chercher et on n'en relève pas la moindre trace. Cette complète disparition de tout vestige d'une aussi importante nécropole, comment se l'expliquer si l'on suppose que cette tombe avait un frontispice évidé dans une large face de rocher, dans une sorte de falaise au milieu de laquelle se serait ouverte une porte semblable à toutes ces portes béantes dont le creux se dessine en noir sur le flanc des ravins, tout autour de la cité sainte? Rien au contraire de plus facile à comprendre dans l'hypothèse contraire ; si c'est par un puits qu'ont été descendus dans le caveau les cadavres de tant de rois, il a fallu bien peu de chose pour oblitérer, à partir d'un certain moment, l'entrée de la tombe et

\, Histoire de VAH, t. I, pp. 470 et «86-487. 2. Ihidemy t. IH, pp. 147 el 157-458.

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la dérober ainsi, peut-être pour toujours, à la curiosité même la plus éveillée et la plus attentive. Une dalle couchée en travers du trou suffisait à fermer Tunique et étroit passage ; quand le temps l'eut recouverte d'une mince couche de terre végétale et de quelques broussailles, il devint impossible de reconnaître l'endroit, et les explorateurs qui ont interrogé avec le plus de passion le sol de Jérusalem ont pu passer bien des fois au-dessus même de ces caveaux et poser le pied sur l'orifice obstrué du puits sans qu'aucun indice vînt les avertir de s'arrêter et de sonder sur ce point les entrailles de la colline. Tout espoir n'est pourtant pas perdu, tant que l'on n'aura pas entrepris à Ophel un travail analogue à celui que l'on a terminé, au prix de longs efforts, dans l'Acropole d'Athènes; il faudrait enlever les décombres, gratter la terre, sur la crête et sur les pentes latérales de la colline, jusqu'à ce que partout la fouille eût atteint le roc et l'eût mis à nu. Si nos conjectures sont fondées, tôt ou tard, au cours de ces recherches, on découvrirait l'accès de la tombe, quel qu'il soit, puits ou corridor. Auraiton chance de retrouver dans ces caveaux quelques restes des trésors qui, suivant la tradition, y auraient été déposés par Salomon et par ses successeurs ? Nous ne le croyons pas ; on devine un conte populaire dans ce que Josèphe rapporte au sujet des trois mille talents d'argent qu'un des Asmonéens, Hyrcan, aurait tirés, dans un besoin pressant, du sépulcre de David, et du riche butin, en bijoux d'or, que cette même tombe aurait encore fourni à Hérode*. Des trésors de ce genre ont-ils jamais été enfouis dans ces sépultures royales? On peut en douter, les livres historiques, ceux mêmes qui cherchent à donner la plus haute idée des richesses de David et de Salomon, ne faisant aucune allusion à un pareil dépôt. Supposons pourtant que tout cet or et cet argent aient été mis dans la tombe de David ; ils n'y seraient certainement pas demeurés jusqu'à la chute de Jérusalem ; les rois de Juda en auraient tiré parti, dans les dures extrémités auxquelles ils ont été si souvent réduits. Plutôt que de dépouiller les portes du temple des plaques d'or dont il les avait revêtues, Ézéchias n'aurait-il pas préféré faire un emprunt au trésor de son illustre aïeul, quand il lui fallut acheter à tout prix la retraite des Assyriens*? Qu'ils continssent ou non des objets précieux, ces tombeaux, dont la place était encore certainement connue au moment de la conquête de la Judée par les Chaldéens, ont dû être

i. Josèphe, Antiquités judaiques, VU, xv, 3; XUI, vin, 4; XVI, vu, 4 ; Guerre des Juifs, 1, II, 5.

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