‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 204 sur 381 · Baruch, ii · texte numérisé non relu

Baruch, ii

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gros de la nation. La doctrine qui a fini par triompher, après le retour de l'exil, n'était encore, même sous les derniers rois de Juda, professée que par une petite élite, inégalement distribuée entre les deux royaumes; en dehors de ce groupe restreint, elle n'agissait sur les âmes que par intermittences, sans prendre assez d'empire pour arriver à faire tomber en désuétude les cultes locaux, leurs rites et leurs pratiques. Si le temple, tel que l'ont compris et bâti l'Egypte et la Grèce, avait été, chez les Chananéens et les Israélites, la forme traditionnelle et normale du lieu de sacrifice et de prière, Omri se serait empressé d'en élever un dans sa capitale, pour qu'elle n'eût rien à envier à Jérusalem; plus riches et plus puissants que les héritiers de David, les Omrides et leurs successeurs n'auraient pas eu de peine à surpasser leur modèle.

On ne vit rien de pareil ; les Samaritains attendirent bien tard, ils attendirent jusqu'au temps d'Alexandre le Grand pour se bâtir, sur le mont Garizim, un temple qui fût une imitation de celui de Jérusalem. C'est que le temple de Salomon, comme le palais dont il n'était d'abord qu'une simple dépendance, était hé d'un orgueilleux caprice du monarque. Lorsque Salomon, par suite des rapides et brillantes conquêtes de son père, s'était trouvé maître d'un empire qui s'étendait de Damas à la frontière égyptienne, il dut naturellement se préoccuper de faire dans le monde aussi grande figure que les souverains avec lesquels il était en relation ou dont il entendait vanter l'opulence et le luxe, qu'un Pharaon saïte, qu'un prince de Tyr ou de Sidon, de Babylone ou de Calach. Pour pouvoir soutenir la comparaison, le roi d'Israël et le dieu qu'il adorait devaient être logés aussi magnifiquement que les rois et les dieux des peuples voisins; c'était la première condition à remplir pour que la royauté juive éblouit, elle aussi, ses sujets, ses vassaux et les ambassadeurs étrangers, pour qu'elle imposât ce genre de respect, mêlé de crainte et d'admiration, qui entourait partout ailleurs, en Orient, la majesté royale. Cet effet, on ne pouvait espérer le produire qu'en copiant les types déjà créés par les vieilles civilisations de l'Asie antérieure, l'appareil et le cadre qu'elles avaient constitués au bénéfice de leurs chefs héréditaires. Voilà comment, à Jérusalem, sous Salomon, le palais et le temple furent, si l'on peut ainsi parler, des articles d'importation, des emprunts faits de toutes pièces à ces Phéniciens qui, par leur situation géographique comme par la commu-

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