‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 262 sur 381 · Ibidem, viii · texte numérisé non relu

Ibidem, viii

6. Voyez par exemple la description du butin enlevé aux Madianites {Nombres, xïxi, oO) et celle que fait Isaïe de la parure des filles de Sion (UI, 16-24). Un vers du Cnnti-

Rebecca reçoit d'Éliézer*. C'est un o/nement pour le nez; on peut seulement se demander s'il s'agit d'un anneau passé dans le cartilage, comme j'en ai vu aux femmes turcomanes, en Anatolie, ou de ce petit bouton d'or, le khergèhy comme on l'appelle, que les femmes de Damas portent suspendu à l'une des narines; d'ordinaire une ou plusieurs turquoises y sont incrustées, et il a la grosseur d'un bouton de chemise -(fîg. 233). On remarquera aussi ces croissants que portent au cou les chameaux des rois de Madian^; pour que la chronique rappeUe que Gédéon s'en empara, il fallait que ces ornements fussent en or. Il peut y avoir quel-r que exagération dans les chiffres indiqués en plusieurs endroits comme représentant le butin en métaux précieux fait parles Israélites dans telle ou telle de leurs guerres contre les peuples voisins ; mais le chroniqueur ne les aurait pas risqués s'ils avaient dû blesser tout d'abord les esprits par leur invraisemblance.

S'ils nechoquaientpas, c'estque, chez les Israélites et chez leurs voisins, on était accoutumé à voir partout briller, dans les noires chevelures et sur la peau brunie par le soleil, l'éclat de ces ornements. Nulle part on n'a plus le goût de ce luxe voyant que chez les peuples pauvres, où le capital ne trouve pas son emploi dans les entreprises du commerce et de l'industrie.

Femme de Damas avec le ntzem, Lortet, la Syrie d'aujourd'hui.

que (i, iO) pourrait faire croire à des plaques de métal fixées derrière Toreilie, avec chaînettes pendant le long des joues; ce serait un ornement analogue à celui que nous avons rencontré dans maintes figures cypriotes [Histoire de VArt, t. lU, pp. 561-562 et fig. 384).

1. Genèse, xxiv, 22, 47. Le dernier de ces deux versets ne permet pas le doute : « J'ai mis le nezem k son nez », dit Éliézer. De même Isaïe, m, 21 ; Ézéchiel, xvi, 12.

2. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui, p. 586. D'Orfa et d'Édesse à Bagdad, dans toute la Mésopotamie, c'est Tusage de percer aux filles une narine pour y pouvoir suspendre un anneau. Le nezem se retrouve aussi en Arabie; aujourd'hui, dans leNédjed, c'est un anneau d'or qui a un pouce et demi à deux pouces de diamètre (Lady Anne Blunt, Pèlerinage au Nèdjed, berceau de la race arabe, dans le Tour du Monde, t. XLlll, p. 46).

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