Researches in Asiu Minor, t. I, pp
634 LES HETEENS.
CyaxareI"^ Barth va plus loin. Pour lui, ces bas-reliefs représentent le mariage d'Aryénis, fille d'Alyatle, avec Aslyage, fils de Cyaxare-. Il trouve même ici, sous forme symbolique, Findication du singulier événement qui amena la paix. Il s'agit de cette éclipse totale du soleil qui effraya les soldats d'Alyatte et de Cyaxare^ BaHh a cru voir deux disques, emblèmes du soleil et de la lune, tenus en l'air par les deux figures monstrueuses qui sont ciselées à l'entrée de la fente par laq^uelle la grande salle communique avec le couloir (L et M du plan, fig. 315, 316); ces disques feraient allusion à l'éclipsé. Nous n'avons rien trouvé de pareil sur la pierre*.
Selon nous, il ne faut point chercher ici la représentation d'événements historiques ; ce que l'on doit y reconnaître, c'est l'expression des idées religieuses du peuple qui a sculpté ces bas-reliefs, c'est l'image des dieux qu'il adorait et des pompes du culte par lequel il avait coutume de les honorer.
L'un au moins des deux cortèges contient des personnages ailés qui n'appartiennent pas au monde réel (lettre D du plan, pi. Vlll). Si, dans les bas-reliefs assyriens, qui ont surtout une couleur historique, on rencontre de ces génies ailés, de ces dieux à figure plus ou nioins étrange, ce n'est guère que dans les scènes de prière solennelle et de sacrifice, analogues au thème que nous pensons deviner ici; nous ne les voyons pas mêlés à des épisodes de chasse ou de guerre, sauf parfois sous la forme de ce personnage divin qui plane au-dessus de l'action, engagéjusqu'à mi-corps dans l'anneau sacré que des ailes éployées soutiennent en l'air ; ils ne sont pas mêlés à la foule humaine et vivante, ils ne viennent pas, par leur intervention, enlever à ces tableaux variés le caractère qui les distingue, celui d'une fidèle copie de la réalité. D'ailleurs, de toutes les explications historiques qui ont été proposées, il n'en est qu'une, celle de Barth, qui paraisse s'accorder, dans une certaine mesure, avec les données du bas-relief en question. Hérodote ne dit pas que les Scythes Cimmériens aient été seuls à porter ces tiares hautes et pointues qu'il leur prête, et, dans Tordonnance de ces groupes comme dans l'attitude des difl^érents acteurs, on n'aperçoit rien qui rappelle clairement la prétendue victoire remportée sur ces barbares
1. Archœologische Zeitung, Berlin, 18i3, p. 44. Hérodote, vu, 64.