Fixa cacuminc niontis
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femme en pleurs. Ceci convient-il à la Buitik-souret? Même maintenant on y reconnaît, de près comme de loin, une image taillée, et avant que les siècles eussent rongé la pierre, il devait être encore plus difficile d'hésiter, fût-ce un seul instant. Au langage de Pausanias, qui ne voil qu'il s'agit ici d'un de ces Jeux de la nature^ comme on en montre dans bien des pays? II y avait quelque part, sur le Sipyle, un certain rocher qui, vu d'un peu loin et sous un certain angle, paraissait, pour des esprits prévenus par le prestige du vieux mythe, offrir quelque chose de l'aspect d'un^ femme en deuil*. Ce rocher n'a pas été retrouvé; selon toute apparence, on ne le retrouvera pas; il y a des choses que vous ne voyez que quand on vous les montre. De plus, le roc auquel s'attachaient ces souvenirs a peut-être été brisé au temps du triomphe du christianisme ou émietté par la gelée et par la pluie.
Quant à cette « statue de Cybèle qui est la plus ancienne de toutes », nous la reconnaîtrons dans la Buluk-souret. Sous ce nom ou sous un autre, Cybèle, qui personnifie la terre, la plaine féconde et la montagne vêtue de pâturages et de forêts, n'est-elle pas la grande divinité de l'Asie Mineure, celle dont le culte a passé de la Cappadoce en Phrygie? On pourrait être tenté d'attribuer ce travail aux Phrygiens, chez qui le culte de Cybèle est devenu
le culte national, et celte hypothèse n'a rien qui répugne à la critique. Ce qui nous a décidé pourtant à ne point séparer ce monument de ceux qui représentent la première, la plus antique civilisation de la péninsule, c'est, le fait paraît prouvé, qu'il existe sur le roc, à droite de la statue et à la hauteur de sa tête, un groupe de signes dont l'aspect est celui des caractères hétéens. C'est M. Dennis, consul d'Angleterre à Smyrne, qui les a découverts; d'en bas, il les avait vaguement aperçons; pour les transcrire, il a fait apporter de Smyrne une échelle de 8 mètres qu'il a appliquée contre le rocher; M. Sayce est allé quelques semaines après vérifier cette découverte, et c'est sa copie que nous reproduisons (fig. 366)-. M. Sayce, qui
366. — Caractères hétéens ciselés sur le roc, près de la prétendue Niobë.
i. Pausanias se sert ici des expressions Tritpa xa\ xpr^tivd;, tandis qu'à propos de Cybèle il emploie le mot ^^aX^xa, statue.
2. M. Dennis a publié sa transcription dans une lettre à M. Newton {Proceedings of thc Society of biblical fl?r/jcTo/o(7.v, janvier 1881, p. 49). M.Gollod a cru lire sur ce même rocher,
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758 LES HETEENS.
a visité plusieurs fois la Buiuk-murei, croit pouvoir y signaler quelques traits qui auraient échappé aux précédents observateurs *. Selon lui, il y aurait autour de la tête la trace d'un ornement en forme de cercle ; ce pourrait être quelque chose comme cette coiffure hathorique qui couronne les sphinx d'Euiuk (fig. 327) et que portait aussi la déesse sur la façade (ÏE/latoun-boiinar (fîg. 356) *. Derrière cette tête il y a l'indication d'une sorte de lleuron en forme de bouton de lotus ou d'uréus ^ Nous devons avouer que ces détails ont échappé à tous les autres voyageurs et que l'on n'en voit pas le moindre vestige sur les photographies; mais on se contente d'ordinaire de regarder d'en bas la prétendue Niobé; or il est possible qu'en arrivant à toucher l'image et à la voir de tout près, on y dislingue des dispositions que ne révèle pas un examen plus superficiel.
Quoi qu'il en soit, la présence des caractères hétéens suffit à permettre d'assigner au monument une très haute antiquité ; s'il n'a pas été exécuté par le peuple belliqueux qui, parti de la Syrie et de la Cappadoce, a poussé ses conquêtes jusque dans le défilé de Karabéli^ il est l'ouvrage des Phrygiens établis autour du mont Sipyle, et il serait, en tout cas, très antérieur aux tombes qu'une autre fraction de cette même race a taillées dans le roc et décorées sur le haut Sangarius,
outre d'autres caractères qui appartiennent à l'un des alphabets dérivés des hiéroglyphes hétéens, le cartouche de Ramsès U (Wright, The Empire, pi. XXU); mais M. Dennis n'est pas arrivé, malgré une recherche très attentive, à retrouver ce qu'avait cru voir M. GoUob (Lettre de M. Savce, du iO juillet 1886). L'étude de MM. GoUob et Krall a paru dans les Wiener Studien, 4« aiuiée, 1882, 2® cahier, sous ce litre : Die angebliche Niobe des Sipylos,
1. Sayce, dans VAcademy du 18 octobre 1879 et dans Notes fvom jowmcys in the Troad and Lydia, p. 88 {JowTial of Hellenic studies, i, I, pp. 75-93).
2. Ce rapprochement avec Euiuk est suggéré par M. Sayce (Jowmal of Hellenic studies, t. III, p. 226). M. Sayce trouve d'ailleurs une ressemblance frappante entre la Buiuksouret et la statue de Nof^tari, la femme de Ramsès II, qui se détache, au-dessous d'Ipsamboul, dans une niche creusée au miheu d'une paroi de rocher. Il me parait aller bien loin quand il veut en conclure que les deux œuvres sont contemporaines, et que la Buiuk'Souret a été exécutée par un artiste qui avait vu la sculpture.
3. Journal, t. III, p. 226. Grâce aux échelles dont ils s'étaient munis, MM. Sayce et Dennis ont pu, pour la première fois, en 1881, entrer dans la niche et passer derrière la statue. M. Sayce a même cru reconnaître que les pieds étaient chaussés du soulier à pointe recourbée ; mais M. Dennis, qui a étudié à différentes reprises la statue de tout aussi près, n'est pas arrivé à voir ce détail; il paraît en effet difficile qu'on distingue la forme du soulier quand beaucoup des observateurs n'aperçoivent môme pas les pieds. Consulter les deux articles de MM. Dennis et Sayce dans VAcademy, 1880, 28 août, pp. 160-161. M. Sayce maintient son dire contre M. Dennis. Celui-ci, qui ne croit pas aux souliers, affirme en revanche qu'on remarque, sur ce qui a été les épaules, le sillon laissé par des tresses qui pendaient à droite et à gauche du visage sur le devant du buste.
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près de Séid-el-ghazi; là, en effet, on ne trouve partout, sur les façades de ces sépultures, que des inscriptions écrites avec des lettres empruntées à Talphabet phénicien. La Buiuk-muret date d'un temps où Tin- Huence de la civilisation syro-cappadocienne prédominait encore dans la péninsule ou, pour mieux dire, était seule à s'y exercer; Pausanias a raison de la considérer comme la plus ancienne de toutes les images de Cybèle, et, à ce titre, elle méritait de figurer ici comme la dernière et la plus importante des sculptures rupestres de TAsie Mineure. En comparaison de ces bas-reliefs dont nous avons donné la suite, elle marque un progrès accompli ; elle témoigne d'une plus haute ambition et elle a coûté plus d'efforts : c'est une véritable statue*.
Là où il y a une sculpture qui taille hardiment la pierre pour en faire sortir, avec ses dimensions réelles, la figure de l'homme et celle de l'animal, une sculpture qui ne recule pas devant l'exécution d'images colossales, tous les artisans dont le métier confine à Tart, fondeurs et orfèvres, graveurs sur pierre et céramistes, s'empressent de reproduire les types ainsi créés par le statuaire ; ils les ramènent aux proportions qui conviennent à leurs ouvrages, ils en multiplient les épreuves en les accommodant à la diversité des besoins, ils les répandent partout où s'établit le peuple pour lequel ils travaillent et, au delà même de ces limites, aussi loin qu'atteint son commerce.
Itiche en métaux précieux, surtout en argent, Tindustrie syro-cappadocienne faisait un grand usage du bronze; elle avait le cuivre à sa portée dans la péninsule même et dans les montagnes de l'Arménie ; l'élain lui vint d'abord de la Chaldée, et plus tard de la Phénicie; ce précieux alliage lui fournit les armes qui servirent à la conquête de l'Asie Mineure; elle en tirait aussi les images de ses divinités. Ce qu'étaient ces idoles, on s'en fera une idée par une statuette de bronze (fig. 367) qui, du cabinet de M. de Saulcy, a passé au Louvre. Son premier propriétaire l'avait acquise du P. Timothée Tingghir, mékî-
i. n est vraisemblable que de nouvelles recherches entreprises dans cette région auront pour résultat d*y faire découvrir encore d'autres figures analogues aux deuxbasreliefe de Karabéli. M. Salomon Reinach nous signale un monument de ce genre qui lui avait été indiqué sur la route de Magnésie à Myrina ; il Ta cherché sans parvenir à le retrouver; mais le renseignement ne lui en parait pas moins digne de foi. (Pottier et Reinach, ^f .Yecï'opo/f de Myrina, in-4, Thorin, 1887, pp. 20-21.)
7t)0 LES HETEENS.
tliariste, et, d'après celui-ci, elle provenait de rintérieur de TAnatolie, des environs d'Ancyre *. On y reconnaît tout d'abord le type qui occupe la .place d'honneur à lasili-kaïa, celui du dieu debout sur un animal, bouc, antilope, taureau, griffon, aigle à deux têtes ou lion; c'est le lion qui joue le plus souvent ce rôle de support vivant. Ici, c'est, selon toute apparence, une lionne que l'ouvrier a voulu figurer, car il n'y a pas trace de crinière.
Ce n'est pas seulement par cette disposition que la statuette rappelle les bas-reliefs rupestres que nous avons décrits. La coiffure ressemble tout à fait à celle des deux personnages sculptés à la porte de Ghiaour-kalé (fig. 352) : dans cette double saillie qui, des deux côtés de la face, forme le prolongement de la joue, on croit deviner, grossièrement figurée, la pièce d'étoffe ou de cuir qui, dans ce bas-relief, accompagne le bonnet conique et tombe sur la nuque ; ce pourrait être encore la chevelure nattée. La place de l'oreille, au bas de cette saillie, est indiquée par un large trou dans lequel s'insérait certainement un anneau, semblable à celui que l'on voit à plusieurs figures de Boghazkeui et d'Euiuk. Il n'y a aucune induction ethnographique à tirer des traits du visage; l'œil est formé seulement par un cercle d'un léger relief, percé d'un petit trou au milieu. Ce que l'on retrouve encore à Ghiaour-kalé, à Boghaz-keui et à Euiuk, c'est la ceinture qui forme un bourrelet très accusé au-dessus des hanches ; elle serre à la taille une courte jaquette qui laisse les jambes nues. Quant u la chaussure, ici, elle n'est même pas indiquée. Un trait particulier à notre bronze, ce sont les armilles dont sont ornés les bras. Les mains, comme les oreilles, portaient certainement autrefois des pièces ajoutées après coup. Ouels étaient ces attributs? Il est impossible de le dire aujourd'hui. On se représenterait assez volontiers la bipenne dans une main, l'arc ou la lance dans l'autre. Sur le dessus de la tête de l'animal, à peu près au milieu du front, on remarque aussi un petit trou qui a peut-être reçu jadis un ornement ajouté.
L'exécution est tellement lâchée, tellement conventionnelle, qu'il est difficile de voir dans ce bronze une œuvre d'art, l'œuvre même d'un art naïf et barbare. Il n'y a point ici d'effort pour lutter contre la nature : les formes du corps, les détails de l'habillement ne sont indiqués que d'une manière abstraite , sans aucune intention d'imiter, même de loin, la réalité. C'est là un caractère qui, de tout temps, se
I. J'ai publié et décrit cette figure dans la Heuwe archéoloijique (voir Un bronze d\A.m Mineure dans mes Mémoires iV archéologie, d'éplgraphie et cVhistoire, pp. 25-41).
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retrouve plus ou moins marqué dans les amulettes, les idoles domestiques et autres objets analogues ; tout ce que demande la piété, c'csl
:] ;7. Statuette de bronze. Hauteur, 0^,17. Louvre. Dessin de Durdel.
qu'on lui rappelle, d'une manière suffisamment claire, un certain type divin, certains attributs qui parlent à son imagination, qui éveillent
TOIIF. IV.
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LES HETEENS.
ses craintes ou ses espérances. Notre bronze est tout à fait traité dans ce système; le sculpteur, si Ton peut lui donner ce titre, n'a pas essayé de modeler le buste : il ne lui a pas donné beaucoup plus d'épaisseur qu'au col même de la figure. Les mains et les pieds ne sont pas plus soignés.
Chose curieuse, cette figure, d'un travail si grossier, est très satisfaisante de pose et d'aplomb. Sur la croupe de l'animal, les pieds de l'homme sont posés de manière à lui donner, pendant que la lionne marche, le plus de solidité possible; le dieu est en parfait équilibre sur la bêle qui le porte. C'est ce qui nous avertit que l'œuvre, en dépit des apparences, appartient à une époque moins reculée que Ton ne serait tenté de le croire au premier abord; si l'artisan qui l'a fabriquée n'a point pris plus de peine, c'est qu'il lui fallait livrer, au plus bas prix possible, une copie de quelque statue d'un type bien connu, analogue à celui qui figure sur les monnaies de Tarse (fig. 267). Ce type était très populaire dans toute l'Asie Mineure; j'ai eu entre les mains, venant d'Ancyre, tout un lot de figurines analogues, également en bronze, mais de plus petite dimension et d'une facture plus sommaire. J'en ai gardé une qui a 0",06 de hauteur.
La statuette que nous empruntons encore au Louvre devait faire partie d'un groupe du même genre (fig. 368) ; les deux tiges par lesquelles se terminent les jambes étaient engagées dans le dos de l'animal, jusqu'à l'endroit où il y a dans le bronze une entaille et une légère saillie. Ces mains, ici encore, tenaient des attributs qui ont dis-
368. —Statuette de bronze. Grandeur réelle Louvre. Dessin de Saint-Ëhne Gautier.
i. Cette llgïîfû provient de Kara-chéir, prés Kouiahia; elle a été donnée au Louvre par M. Sorlin-Dorigny. Notre musée lui doit encore plusieurs autres monuments <jue Jious allons reproduire [V\f^. 369, 370, 371, 382, 38i, 386\ct qili ont «''gaiement été acquis par ce voyageur dans Tintérieur de l'Asie Mineure.
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paru. Un des bras a Tarmille. Ce qui fait surtout riolérêt de cette figurine, c'est qu elle porte à la ceinture la courte épée, à garde ronde, qui est larme des guerriers hétéens. Ici, l'ouvrier a encore réduit son efîort; tout en donnant au personnage des armes et des bijoux, il n'a même pas pris la peine d'indiquer le vêtement.
Le même faire sec et comme noueux caractérise un autre bronze, qui représente un taureau (fig. 369). Les appendices qui, sous le sabot, continuent les quatre pattes, indiquent bien que la statuette faisait par-
369. — Statuette de l)rouze. Grandeur réelle. Louvre. Dessin de Saint-Elmc Gautier.
tie d'un ensemble; telle qu'elle est, elle ne tiendrait pas debout, ou tout au moins n'aurait pas d'assiette ; par leur direction, ces tenons paraissent faits pour s'adapter à une surface courbe. Ce taureau peut avoir été une idole, celle même que nous voyons dressée sur l'autel <lans un des bas-reliefs d'Euiuk (fig. 330).
Dans ces objets de dévotion, le travail est d'un laisser aller qui s'explique par leur destination même; mais quand il s'agissait de ces bijoux, pendants d'oreilles, colliers, bracelets, qui sont parfois représentés sur nos bas-reliefs, l'orfèvre visait plus que ne l'avait fait le marchand d'amulettes à l'élégance et à la beauté; ses clients avaient d'autres exigences. Voici un bracelet en or qui provient A'Alep^ c'est-à-dire
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d'une ville (jne nous connaissons comme la capitale de l'une de ces j)rincipaulés hétéennes qui sont mentionnées dans les documents égyptiens et assyriens (fig. 370). Le travail est d'un caractère trop ferme et trop franchement oriental pour qu'on puisse y voir un de ces bijoux de l'époque des Séleucides qui font la principale richesse des collections formées en Syrie; si ce bijou ne vient pas d'au delà de l'Euphrate, c'est d'un atelier hétéen qu'il sort. Le parti qu'a pris l'artisan pour décorer son ouvrage est le même que celui dont le sculpteur a usé, dans la Syrie du nord et en C.appadoce, quand il modelait ces figures d'animaux
qu'il aimait à placer devant ses édifices.
Deux lions, qui semblent courir l'un vers l'autre, se regardent aux deux côtés de l'ouverture par laquelle s'introduisait le poignet ; or la Icte et les membres antérieurs se détachent en ronde bosse, tandis que le reste du corps est seulement indiqué, en très léger relief, sur la tige de métal. N'est-ce pas là un procédé que nous avons vu employé à Boghaz-keui (fig. 297) et à Euiuk (fig. 340)? Quant à la présence du lion, elle n'est pas pour nous étonner; nous avons vu quel rôle très en vue ce type joue dans la décoration syro-cappadocienne.
S'il n'y a rien que de vraisemblable dans cette conjecture, nous hésitons davantage à propos d'un joli pendant d'oreille qui passe pour rapporté de cette même contrée (voir le cul-de-lampe à la fin du chapitre); H en juger par les fines granulations qui l'ornent, nous inclinerions pout-étro à le croire plutôt phénicien ou grec archaïque.
Braci'Iet d'or. Grandeur réelle. — Louvre. Dessin de Saint-Elme Gautier.
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S 6. — LA GLYPTIQUK.
Un peuple qui avait une écriture et un corps de scribes formant la chancellerie royale n'a pu manquer d'emprunter de bonne heure Tusage du cachet à ses voisins d'Egypte et de Chaldée; il existe un certain nombre de cachets en pierre dure ou de sceauv en argile que Ton incline à rapporter aux llétéens. Depuis quelques années, on a recueilli dans la péninsule un assez grand nombre de ces monuments; d'autres ont été trouvés en Assyrie; mais, quel que soit le lieu de la provenance, il n'est pas toujours aisé de distinguer ces intailles, de faire avec certitude le départ entre celles qui peuvent avoir été gravées en Mésopotamie et celles que Ton est fondé à réclamer pour les llétéens.
Le critérium le plus sur, c'est encore la présence, dans le champ du cachet, de signes appartenant au syllabaire hétéen. Voici, par exemple, une petite pierre de calcaire gris et de forme scarabéoïde, qui a été ramassée dans les fouilles de Ninive (fig. 371). On y reconnaît à première vue trois des caractères que Ton a remarqués dnns les textes de Gargamich etd'Hamath, la capsule ovale avec barre médiane, Toi- 37i. — intaiiie.
^ t 1 n • /• 1 r r . . Musée britan-
seau, dont la ligure a pris iina forme abrégée et cursive, nique. Wnght. enfin le losange*. Les premiers spécimens de cette écri- '^^^ Empim, lure qu'on ait possédés, bien avant que les textes d'Hamath eussent été mis en lumière, se trouvaient sur des sceaux (|ui avaient été recueillis par M. Layard dans le palais de Sennachérib; ils sont restés perdus au milieu des trésors du Musée britannique, jusqu'au moment où en Angleterre on s'est pris de passion pour lesHétéens. Nous avons donné des échantillons de ces empreintes (fig. 287, 288, 289)-. Les caractères sont d'ailleurs mieux formés et plus nets sur d'autres monuments du même genre, qui paraissent provenir de l'Asie Mineure ^ Dans quelques-uns de ces monuments, ainsi dans ceux que nous avons reproduits au bas de la dernière page de nos trois premiers chapitres, le champ est rempli tout entier par des signes qui composent uneinscrip-
i . Ce dernier signe est d'un usage moins fréquent que les deux autres ; on le trouvera pourtant dans la première ligne du grand texte qui, dans les planches de Wrighl The Empte)f est nunjéroté J. HL
2. Voir, sur ces sceaux. Histoire de VArt^ t. IV, pp. 492 et .'iGT ; on trouvera dans la planche XIU de Wright tous les monuments de cette provenance.