Sceau d'arf^ile
Grandeur de l'original.
Wright, pi. XX 7.
;j7i. — Sceau d'argile.
Grandeur de l'original.
AVright, pi. XX, 7.
(pi. VJII, D) et d'Eflaloiin-bounar (fîg. 358), une jambe nue, celle qui est portée en avant, et l'autre cachée par le manteau. Sur un autre sceau, où il y a aussi des lettres, c'est le type ([ue nous avons déjà tant de fois rencontré, celui du dieu ou du héros monté sur un lion (fig. 374); il porte Tare suspendu sur Tépaule; la tète manque. Pour vêtement, la tunique courte.
L'argile de tous ces sceaux est fine et très dure, d'un jaune assez pâle; la plupart sont des cônes. Obtenues à Taide de matrices qui étaient probablement en pierre dure et où figures et signes étaient gravés en creux, ces empreintes servaient à leur tour de cachets. La cuisson leur donnait une résistance suffisante.
Il y a encore des signes sur un des côtés d'une intaille à double face, en pierre tendre, que M. Sterrett a acquise en Lycaonie à Tchanah, village qui se trouve à une heure au sud de Fassiler (fig. 375; ' ; l'autre face est fruste. Le personnage qui remplit la plus grande partie du champ est chaussé du soulier à pointe relevée; il porte l'arc sur le dos, comme à Karabéli (fig. 362); mais, et c'est là ce qui fait la singularité du type, il a la tète et les cornes du taureau. Enfin, un monument dont l'origine hétéenne n'est pas moins sûre, c'est cette intiiille, qui fait partie des collections de la Bibliothèque nationale (fig. 376).
Elle a, comme la précédente, deux faces; sur l'une, un globe ailé, au centre duquel il semble y avoir, comme dans les représentations assyrien nés du même motif, une iigure de dieu; seulement
:no. — Cachet à double face. Grandeur de l'original. Dessin de Saint-Elme Gautier.
3"G. — InlJiille à deux faces. Aji-ate. Lajard, Introduction à rtflitdfdu ndte deMithra, pi. xliv, 3el '\tt.
{. liC dessin est fait d'après une empreinte sur tire à caclielor qu'a bien voulu me communiquer M. Slerrett. Voilà comment les figures sont en relief, tandis que sur Toriginal elles sont gravées en creux.
Googl(
LES HEÏKENS.
le burin n'en aurait gravé que la coiffure *. Sur le revers, un cheval ailé, j)rolol>T)e du Pégase grec. Nulle part les signes ne ressemblent d'une manière plus frappante à ceux des inscriptions lapidaires ; on reconnaît, deux fois répété, Tovale barré, puis le losange aussi traversé par une barre, Toiseau sous sa forme cursive, le bucrane, le croissant.
Sur un cylindre en hématite de la collection de Luynes, il n'y a (|u'un seul des signes que nous cherchons (fig. 377); mais c'est celui auquel on attribue le sens de roi, et sa présence suffit pour révéler l'origine du monument. Un cliar traîné par deux lions porte un personnage imberbe, qui est peut-être le monarque ; derrière lui marchent deux Hgures singulières; elles paraissent être nues, ou plutôt n'avoir pas (l'autre vêtement qu'une sorte de pagne. Sur le front, deux cornes : on
les dirait coiffées d'une peau de bœuf; quoique les traits soient ceux de Thomme, l'ensemble par le geste et par l'accoutrement bizarre de la tête rappelle les deux démons de Boghaz-keui (fig. 315, 316).
Jusqu'à présent, dans tous les monuments de la glyptique que nous avons attribués aux Hétéens, nous avons trouvé, pour justifier cette attribution, à côté de figures dont le type nous était connu par les sculj)lures rupestres, des lettres ou plutôt des signes qui, appartenant à un système maintenant bien défini, avaient la valeur d'une marque de fabrique. Ce critérium fait défaut quand on aborde une série de cylindres, tous en hématite, qui ne laissent pas d'embarrasser la critique. Quelques-uns figurent dans les collections, sans que l'on en sache la j)rovenance ; d'autres , d'après les renseignements que Ton possède, d'ailleurs souvent sujets à caution, ont été acquis en Asie Mineure; on croit y distinguer certains motifs, certains détails de costume qui remettent en mémoire les types des bas-reliefs sculptés sur les rochers de la Cappadoce et ceux des intailles dont l'origine hétéenne est attestée par la présence de caractères hétéens ; cependant la facture, la manière dont est traité le costume et ce que l'on peut appeler la physionomie du monument feraient croire à une gravure exécutée par des artistes chaldéens. On ne peut, sur ce terrain, marcher qu'avec une extrême prudence, et l'hésitation serî\ souvent permise. Voici, par exemple, un
\. Histoire de F Art, t. U, fig. 19.
377. — Cylindre. J. Menant, les Pierres gravées de la haute Asie, partie H, fig. 114.
irylindre du Louvre (fig. 378) que M. Menant ne balance pas à porter uu compte de la glyptique syro-cappadocienne, parce qu'il y a là « quatre petits personnixges qui marchent à la manière de ceux de Ptérium » *. La tête de bœuf lui paraît aussi « très caractéristique?». Or le mouvement des jambes, chez les enfants, est de ceux que Ton trouve partout où sont représentées des figures en course. Le vêtement des grandes figures, avec ses plis parallèles et ces volants que forme la robe, est de facture chaldéenne, ainsi que le chapeau du personnage de droite. Le haut bonnet des deux autres personnages, malgré une ressemblance apparente, n'a pas le même galbe que la tiare ptérienne. C/est une pratique assez commune en Chaldée et en Assyrie que de placer, à côté et au-dessous des personnages principaux, des figures plus petites, soit d'hommes, soit d'animaux ; on ne veut laisser vide \ / ^f'^,^^^ ^^\J[Jy£- '^H^^^lT-^
aucune partie du champ-. ^ ^ „ ,
Même remarque à propos ' /ianTSTS"^^ fjM Y \ raÎB ! i UVAhi des emblèmes épars dans le champ. La grenouille
ne se rencontre pas dans -^is. — CyVmdve.Uén&nl, les Pierrcsgmv^es, ll, fig, \{\.
les inscriptions hétéennes ;
la tête de bœuf et Toiseau y ont bien leur place marquée ; mais ces objets n'y offrent pas le même aspect qu'ici ; l'oiseau y est au repos, tandis qu'ici il bat des ailes. Quant à la tête de bœuf, comme les autres têtes d'animaux qui figurent parmi les hiéroglyphes syriens, elle paraît toujours, dans celte écriture, non de face, mais de profiP. Au contraire, quand la tête de bœuf se rencontre, comme motif de décoration, sur les cylindres chaldéens, elle s'y montre de face, comme le bucrane classique*. Les représentations d'êtres vivants, lorsqu'elles deviennent des signes graphiques, prennent une forme conventionnelle; dès que vous ne retrouvez plus cette forme consacrée, vous n'avez phis le droit de vous croire en présence du signe.
' Voici un autre cylindre qui inspire les mêmes doutes (fig. 379). Trois personnages d'aspect bien différent marchent vers deux divinités
i. Menant, les Pierres gravée^H de la haute Asie, partie H, pp. 117-118.
2. Histoire de l'Art, t. II, fig. 327. Lajard, Culte de MiUira, pi. xxix, I ; pi. xlix, 1.