‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 76 sur 381 · J l\o%&, II · texte numérisé non relu

J l\o%&, II

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livre, dont le scribe Sbaphan donne lecture au roi, est aussitôt communiqué au peuple comme une révélation et devient le programme de loute une réforme religieuse*. Chez un peuple croyant, un personnage qui porte ainsi la parole au nom de Dieu ne peut pas ne point exercer une autorité presque souveraine. Le grand prêtre Joad enlève le trône à Athalie et y place Joas ; un de ses successeurs , Hilkija, paraît avoir gouverné sous le nom de Josias, au moins pendant toute la durée d'une longue minorité.

Les rois cherchèrent à arrêter ces empiétements : ainsi Joas fit périr Zacharie, le fils de ce Joad auquel il devait la couronne*. Au contraire, la royauté ne dut pas refuser son assentiment et son concours à une entreprise que le sacerdoce hiérosolymitain poursuivit avec |)ersévérance , aux efforts qu'il tenta pour persuader au peuple que lahvé ne voulait pas de sacrifices qui lui fussent offerts ailleurs que dans le temple de Jérusalem. Cette idée^était étrangère à l'Israël d'autrefois; l'arche avait été conservée tantôt dans une ville, tantôt dans une autre, et Ton adorait lahvé sur tous les sommets, « sur toute colline élevée et sous tout arbre touffu' ». Salomon s'en va sacrifier à Gabaon; il y immole mille bœufs, car « c'était le principal haut lieu » *. Tous ces sanctuaires ne pouvaient perdre du jour au lendemain leur caractère sacré parce qu'il avait plu à Salomon de se bâtir un temple dans sa forteresse. Le roi avait voulu avoir tout près de lui, à quelques pas de ses appartements, l'édifice où il remplirait ses devoirs rehgieux; mais il ne lui serait jamais venu à l'esprit de contraindre les gens de Gad, d'Éphraïm et de Manassé à rompre toutes leurs habitudes et à faire un voyage de plusieurs jours afin de sacrifier à Jérusalem. Lne pareille prétention eût d'ailleurs singulièrement blessé l'orgueil des tribus du nord ; elles avaient leurs lieux de culte auxquels se rattachaient des souvenirs plusieurs fois séculaires. La construction du temple ne dut donc, jusqu'au schisme, rien changer aux pratiques religieuses ; c'est ce que l'on devine même dans le récit du Livre des Rois, où se marquent pourtant d'une manière si sensible l'esprit et la main de ce que les critiques appellent le Deuiéronomisie. Relisez le long sermon et la mystique prière que le rédacteur met dans la bouche

i. II Rois, XXII et xxiii. Dans ce nouveau « livre de ralliance », on n'a pas eu de peine à reconnaître la seconde loi, le Deutéronome, dont Tesprit piétiste répond si bien à ce que l'on pouvait attendre d'un livre rédigé dans un pareil milieu.

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