Ézéchiel, xm
L'image que nous avons présentée de ce monument célèbre est, nous en avons la ferme conviction, beaucoup plus près de la vérité qu'aucune des restaurations qui en ont été tentées, même dans ces derniers temps. Au dix-septième siècle, les seules formes que l'on pût prêter au temple étaient celles que l'on avait sous les yeux, dans les ruines des bâtiments antiques de l'Italie et dans les édifices contemporains. Examinez la restauration du savant jésuite Villalpand : ce que vous y trouverez, c'est de l'architecture romaine, ou plutôt une architecture bâtarde, où se mêlent les formes de l'art latin et de celui de la Renaissance italienne1. Plus tard, on donne au temple de Salomon l'aspect de Versailles ou de Saint-Thomas d'Aquin*. C'est seulement de nos jours que l'on a commencé de soupçonner qu'il ne fallait pas aller chercher dans Vitruve et dans ses commentateurs et disciples modernes les éléments et les formes d'un édifice bâti en Judée, un millier d'années avant notre ère.
Les études archéologiques avaient fait de rapides progrès; vers le milieu de ce siècle, on connaissait l'Egypte et l'on devinait quelle influence cet art original et puissant avait dû exercer sur celui des contrées voisines. Alors prévaut ce que l'on peut appeler la solution égyptienne du problème, solution représentée par les travaux de Thénius3, de Saulcy4 et de M. de Vogué5; on veut que le temple de Salomon, et par suite celui d'Ézéchiel, aient été des édifices purement égyptiens ; on cherche dans le temple de Khons et dans les autres édifices thébains de la même époque tous les éléments des restitutions que l'on essaye.
Cette hypothèse contient certainement une grande part de vérité ; en cherchant, dans le livre précédent , à définir la civilisation phéni-
1. In Ezechielem explanationes et apparatus urbis ac templi Hierosolomytani. Rome, 1596-1608, 3 vol. in-folio avec planches. C'est dans le tome II que se trouve sa restauration, où il mêle le dorique romain, avec base, aux pilastres corinthiens.
2. Lami (Père Bernard Lami), de Tabernaculo fœderis, de sonda civitote Jérusalem et de ternplo ejus, in-folio. Paris, 1720. Lightfoot (Joannis Lightfooti opéra omnia, 2 vol. in-folio, Anvers, 1699) n'avait donné qu'un plan, d'ailleurs très bien étudié (t. I, p. 583). Hirt n'a étudié que le temple d'Hérode; il a donc pu, dans les croquis joints à son court mémoire, introduire les ordres grecs (Abhandlungen der kôn. Ahademie dcr Wissenschaften in Berlin, 1816-1817, in-4°, Historisch-philosophische klasse, p. 1 : Ueber dieBaue Uerodes des Grossen ûberhaupt, und ùber seinen Tempelbau an Jérusalem in besonders. 2 planches). Don Calmet, dans son Commentaire littéral sur tous les livres de V Ancien et du Nouveau Testament, au t. II du commentaire sur les Rois, en tête du volume, donne un plan et une vue cavalière du temple; mais celle-ci est à si petite échelle que l'on ne saurait juper du style adopté pour la restauration des bâtiments.
3. Thenius, das vorexiiische Jérusalem und desseîi Tempel. Leipzig, 1849, 3 pi.
4. De Saulcy, Histoire de V Art judaïque, pp. 194 et suivantes. ;». Dr Vor.f k, Ir Temple de Jérusalem, ch. m et pi. XIV.
cienne, nous avons longuement insisté sur tous les emprunts qu'elle avait faits à l'Egypte, et Ton a pu voir, dans notre restauration, quelle place nous y avons attribuée h des motifs tout égyptiens, tels que la gorge des corniches, l'ordonnance du péristyle de l'arrière-cour, le débordement des pylônes sur le corps des portes principales, l'inclinaison des faces latérales des portes secondaires. Nous ne saurions pourtant admettre que ni les temples phéniciens de Tyr, de Byblos et de Paphos, ni par conséquent le temple de Jérusalem, aient été de pures copies des temples de Thèbes et de Memphis; nous croyons que la Phénicie a eu une architecture religieuse dont l'Egypte n'a pas fait tous les frais. D'autres éléments y sont entrés, ceux qu'elle a tirés de l'Assyrie et de la Chaldée ; c'est ainsi que ces portes si profondes, avec leurs deux vestibules et leur couloir central flanqué de corps de garde, rappellent bien plutôt les portes des villes assyriennes , percées dans d'épais massifs de briques crues, que celles qui donnent accès aux temples égyptiens. Nous avons mis ici en plus d'un endroit, comme couronnement de la muraille, le créneau, qui est né spontanément de l'architecture en brique; l'Egypte paraît n'en avoir fait qu'un usage très restreint dans l'architecture religieuse et même dans l'architecture civile : elle ne l'a guère employé que comme moyen de défense, tandis qu'on le rencontre à tout instant en Assyrie, non seulement sur la crête de tous les édifices, quelle qu'en soit la destination, mais encore dans la décoration sculptée ou peinte, comme ornement. Or la Phénicie l'avait adopté en cette qualité; elle aussi le plaçait comme parure là où il n'avait aucune fonction utile à remplir; on en a la preuve dan& ce tombeau d'Amrit où, plaqué à la pierre, il tourne par deux fois autour du cylindre qui fait le corps du monument1.
L'originalité de l'architecture phénicienne est dans le mélange qu'elle fait d'éléments ainsi puisés à des sources diverses; elle est dans le dosage des ingrédients dont se compose ce mélange, dans le titre même de cet alliage; elle est aussi dans le détour que prend cet art éclectique pour adapter à ses besoins et à ses goûts certaines formes que la nature des matériaux dont il dispose ne lui permet pas de reproduire intégralement. C'est ainsi que l'obélisque, l'aiguille monolithe patiemment taillée dans le granit de Syène devient, en Phénicie, la colonne de métal ou le haut pilier de pierre appareillée; il y perd peut-être en hardiesse et en beauté, mais il n'en
i. Histoirr de VArt, t. III, fi?. 95.
garde pas moins sa place au seuil du temple et, par la modification qu'il a subie, il contribue beaucoup à donner au monument phénicien une physionomie qui lui est propre, qui le distingue de toutes les autres créations de l'architecture antique. Transporté dans les cours de l'édifice que nous avons construit, errant sous ses colonnades, mesurant du regard la saillie et l'élévation de ses pylônes, l'archéologue ne se sentira pas très loin de la vallée du Nil; il s'apercevra que nous l'avons conduit chez un peuple sur lequel s'est étendue l'ombre et s'est projeté le reflet des arts de l'Egypte; mais en même temps, si l'exécution n'a pas trahi notre pensée, il devinera que la ville dont il visite le sanctuaire n'est ni Thèbes, ni Memphis. Ce n'est pas, on lavait oublié jusqu'ici, au Pharaon son beau-père que Salomon avait demandé un architecte : il s'était adressé, nous nous en sommes souvenu, à son voisin, à son allié le plus intime, au roi de Tyr. Nous aurons atteint notre but, nous ne regretterons pas les longues heures passées, avec le prophète, dans la maison de Iahvé, si le connaisseur qui étudiera notre restitution y reconnaît un édifice d'un caractère très particulier, celui qu'avec la souplesse de son talent ingénieux et accommodant un artiste phénicien a pu construire pour un dieu qui ne voulait pas dans son temple d'images et de statues.
v^ous avons vu avec quel soin et quelle rigoureuse précision Ézé-
«^Xel, dans son projet, mesurait et délimitait l'espace qu'occuperaient
\e.s Vàtiments du temple futur, comment il le partageait entre le temple
même et ses dépendances, comment il y logeait les divers services que
supposait un culte aussi chargé de rites que l'était celui d'Israël. Le
prophète détermine les dimensions et l'usage de chacune des pièces
de cet édifice ou plutôt de ce groupe d'édifices, si bien que l'architecte
trouve dans sa description presque tous les éléments dont il a besoin
pour restituer le plan. En revanche, quand nous avons voulu passer de
l'étude des dispositions à celle des élévations, le texte qui nous avait
tant donné dans la première partie de notre travail ne nous a plus été
que d'un médiocre secours, et nous aurions encore bien plus senti la
difficulté si nous avions voulu pousser plus loin la tentative, si nous ne
nous étions pas contenté de la représentation des grandes masses de
l'architecture, telles que les aurait aperçues du dehors le spectateur
placé à une certaine distance. Notre embarras aurait été bien autre encore si nous avions entrepris de restituer les intérieurs, à l'aide du seul récit de la vision d'Ézéchiel ; c'est que celui-ci ne se borne pas à omettre les cotes des hauteurs : il néglige aussi de tracer au constructeur le programme de la décoration que devront recevoir ses bâtiments; tout au plus donne-t-il quelques indications de ce genre pour le sanctuaire proprement dit, sans spécifier d'ailleurs la nature des matériaux que l'ornemaniste mettra en œuvre. Quant au mobilier que contiendront les salles, il le passe sous silence; c'est à peine si, à propos de certaines annexes, il mentionne les tables et les crochets; mais il ne fait pas même allusion à tous ces beaux ustensiles de bronze qui avaient fait la gloire du premier temple. Y a-t-il \k un parti pris dont la raison nous échappe? ou n'est-ce pas plutôt qu'Ézéchiel, à un certain moment, a voulu abréger, qu'il a craint de fatiguer l'attention par des détails trop minutieux, qu'il a senti le devoir d'arriver enfin à ces prescriptions religieuses et morales auxquelles servait de préface la description du temple enfin restauré sur la montagne sainte? C'est assez pour lui d'avoir tracé le dessin d'un cadre monumental qui, par l'ampleur de son contour et la commodité de ses divisions, se prête à la célébration de ces cérémonies qui vont être rétablies plus régulières et plus pompeuses qu'elles ne l'avaient jamais été; pour tout ce qui est accessoire, il suffira de rappeler à la vie ce qui existait autrefois. Seuls les autels tiennent de trop près au culte pour que le prophète ne prenne pas sur lui d'en fixer la place et les dimensions; le reste, ornements de toute espèce, appliques, meubles, il ne s'en inquiète pas; on en demandera le modèle à la mémoire de ceux qui ont vu le temple encore pourvu de tout ce riche appareil, et peut-être, échappante la ruine de Babylone, enfin vaincue et humiliée à son tour, les instruments et les vases jadis arrachés au temple reviendront-ils de l'exil avec les enfants d'Israël. Pour compléter l'image que nous avons eu la hardiesse d'évoquer, nous nous reporterons donc au temple de Salomon ; nous irons y contempler toutes les œuvres d'art qu'y avait réunies la munificence de son fondateur, et quand nous ferons effort pour en retrouver la forme et l'aspect, on ne pourra nous accuser de perdre de vue ce temple idéal où, dans la Jérusalem future, elles devaient venir reprendre leur place au seuil du sanctuaire et tout autour du parvis intérieur.
L'ensemble que nous venons de décrire se compose de deux parties très distinctes : d'une part le temple proprement dit, et, de l'autre, le
cadre qui l'entoure, ses dépendances. Le temple n'est pas, comme l'église ou la mosquée, un lieu de réunion pour les fidèles. Les prêtres seuls entrent dans le sanctuaire, pour le nettoyer et l'entretenir, pour y offrir le sacrifice; ils s'arrêtent d'ailleurs au seuil du debir, de la chambre obscure qui est censée servir plus particulièrement de résidence à Iahvé. L'unique visiteur qui en soulève le rideau, c'est le grand prêtre, et encore n'y met-il le pied qu'une fois par an. Le temple, c'est « la maison de l'Éternel », où Salomon etÉzéchiel l'ont vu, après la consécration de l'édifice, descendre sous forme de nuée, s'annonçantpar le grondement du tonnerre1 . Peu importait que cette maison fût petite, qu'elle n'occupât sur le terrain qu'une faible partie des spacieuses terrasses créées par un si puissant effort ; elle n'en avait pas moins un tout autre caractère et une tout autre importance que les bâtiments de toute espèce qui l'entouraient, magasins, sacristies, logements destinés à la foule des prêtres et des serviteurs, portiques encadrant de vastes cours, portes monumentales avec leurs corps de garde et leurs amples pylônes. Aussi, dans le temple de Salomon et des rois ('e Juda comme dans celui d'Ézéchiel, le luxe de l'ornement paralt-il av°ir été très inégalement réparti entre le sanctuaire et les différentes nstructions qui l'encadrent. Tous les écrivains que nous avons cités, dateurs des Bois et des Chroniques comme le prophète de l'exil, / ^^«nt avec complaisance sur l'opulente décoration du debir, du *Vfc<tf*^ ^* ^e son vestibule, tandis qu'ils ne nous disent rien de celle des aDoex:es, alors même qu'ils en indiquent avec le plus de détail la dispositio M3L et les dimensions. Le seul renseignement de ce genre que nous trouvions dans Ézéchiel a trait aux palmiers sculptés sur les piliers des portes de l'une et l'autre enceinte (pi. IV)2. Rien d'ailleurs qui nous autorise à supposer que les bois et les métaux de prix aient été employés à parer de riches revêtements ces galeries et ces entrées dont les [>arois étaient chaque jour frôlées au passage par des milliers de visite urs; à plus forte raison n'avait-on pas eu recours à ces matériaux coûte v* x pour les cuisines, les boucheries, les lavoirs et les vestiaires.
"-i^n, en revanche, n'avait été épargné pour les ustensiles qui figu-
*ent, à un titre quelconque, dans les cérémonies mêmes du culte.
Ju ilv^ fUSSent fixes comme les autels et les tables à offrandes ou rao-
uvies comme les candélabres et les vases à eau ou à parfums, tous ces
*• * Aois, VIII, 10-12. ÉZÉCHIEL, XLHI, 1-2.
^ Êx£CHiEL> xvi, 34, 37, etc.
objets, c'étaient les meubles de Iahvé; matière et travail, il fallait que tout y fût en rapport avec la somptuosité de l'habitation qu'ils garnissaient, avee la dignité du maître auquel ils étaient censés appartenir. Ces accessoires, groupés dans le sanctuaire ou, devant lui, dans le parvis des prêtres, avaient donc été aussi soignés que les plafonds, que les lambris, que les parquets du temple, que les figures qui le décoraient. Placés plus en vue que les ornements qui font corps avec l'édifice , ils ont , semble-t-il , attiré davantage encore l'attention des contemporains ; c'est eux que le chroniqueur décrit de la manière la plus circonstanciée; la tradition y reconnaissait des œuvres authentiques du seul artiste dont elle eût conservé la mémoire, de cet Hiram- Abi que le roi de Tyr avait mis aux ordres du roi de Jérusalem.
On s'explique l'impression que ces ouvrages ont produite sur les contemporains ; par leurs grandes dimensions comme par leurs dispositions compliquées, ils étaient comparables aux plus beaux travaux du même genre qu'eussent produits l'Egypte et l'Assyrie. Dans le domaine de l'art industriel, les Phéniciens rivalisaient d'adresse avec les peuples dont ils avaient pris les leçons; ils étaient bien près d'égaler leurs maîtres. En revanche, la décoration architecturale ne paraît pas avoir jamais été, dans les édifices de Tyr et de Sidôn, ce que nous l'avons vue dans ceux de Thèbes et de Ninive, la représentation brillante et variée de tout un monde d'hommes et de dieux, des événements contemporains et de la part qu'y prennent les puissances célestes. Ici particulièrement, l'ornemaniste devait avoir peine à éviter une certaine pauvreté. Sans doute, dans la Jérusalem de David et de Salomon, les images n'étaient pas encore proscrites d'une manière absolue, comme elles le seront plus tard par la loi dite de Moïse. Dans le Saint des Saints, comme dans le parvis des prêtres, partout on aperçoit des figures ailées et composites, analogues à celles que nous avons si souvent rencontrées en Egypte et en Mésopotamie ; des bœufs servent de supports aux bassins de bronze ; des lions sont ciselés sur leurs faces ; mais le maître du sanctuaire, Iahvé, n'a pas de forme définie; il se refuse à paraître sous les traits de l'animal ou même sous ceux de l'homme, et il cherche à se distinguer ainsi de tous ces dieux des nations voisines avec lesquels son peuple tend toujours à le confondre. Ce ne sont pas là des conditions favorables au développement de la sculpture ; elle ne pouvait occuper dans le temple qu'une place très restreinte.
Le Debir contenait pourtant deux statues colossales, celles de deux
keroûbs, hauts de 10 coudées1. Faute d'une représentation antique, nous ne saurions entreprendre de restituer la figure du keroûb hébraïque ; mais les nombreuses allusions qui y sont faites dans les livres juifs permettent tout au moins de s'en faire une idée et d'en deviner l'origine. Le keroûb a les ailes d'un oiseau et le corps d'un quadrupède. C'est une sorte de coursier divin qui transporte Iahvé, avec la rapidité de l'éclair, à travers l'espace2. Tantôt il lui sert de monture3; tantôt il traîne son char4. Ce devait donc être quelque chose comme le cheval ou plutôt comme le taureau ailé des Assyriens ; Ézéchiel donne à ses keroûbs les pieds du taureau; quant à leurs ailes, il en est question dans presque tous les passages où ils sont mentionnés. Ce qu'il est plus difficile de savoir, c'est quelle tête on mettait sur ce corps. Dans le temple d'Ézéchiel, « chaque keroûb avait deux faces, une face humaine vers le palmier d'un côté, et une face de lion vers le palmier de l'autre «ôté ; ainsi c'était aculpté sur tout le temple tout autour5 ». Le prophète se borne-t-il ici à reproduire ce qui existait dans le premier temple, ou bien ne cherche-t-il pas à enchérir sur ce modèle en compliquant l'image? On serait d'autant plus tenté de croire à cette sorte d'hyperbole qu'elle est bien dans le goût d'Ézéchiel. Au début de son livre, racontant sa première vision, il met en scène des keroûbs qui ont, cette fois, quatre faces, une face d'homme, une de lion, une de taureau et une d'aigle6. Le peintre ou le sculpteur eût été bien embarrassé pour exécuter, pour réaliser ce monstre à quatre faces, et ce c'est même peut-être pas sans peine qu'il serait arrivé, sur les parois du temple, à montrer dans le keroûb tout à la fois le masque de l'homme et celui du lion. De pareilles conceptions conviennent mieux à la poésie qu'à la plastique; celle-ci veut des thèmes plus simples, et il y a tout lieu de croire que les keroûbs du premier temple n'avaient qu'un seul visage. Ce visage, quel était-il? Les Rois et les Chroniques ne nous disent pas quel parti avaient pris à ce sujet les ouvriers de Salomon; mais n'est-ce pas la face humaine que l'Egypte et l'Assyrie ont attribuée, comme la plus belle et la plus expressive qu'il y ait sur terre, au sphinx et au taureau ailé, c'est-à-dire aux mieux venus et aux plus populaires de ces types factices que leur imagination a créés pour sug-