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La façade du monolithe avant la coupure

Ta présentée, est peu vraisemblable. La disposition intérieure est bien celle d'une tombe. On ne se représente guère des cérémonies religieuses célébrées dans cette petite chambre obscure, où l'on ne pouvait pénétrer qu'en se courbant; au contraire, la porte basse d'autrefois était bien une porte de caveau ; elle était facile à fermer au moyen d'une lourde dalle. D'ailleurs la découverte de ce texte en lettres phéniciennes semble trancher la question ; on s'en explique la présence audessus de l'entrée du caveau, dans l'hypothèse d'une sépulture; c'était un titre de propriété ; mais on a peine à comprendre comment et pourquoi une inscription hébraïque aurait été gravée sur la façade d'un temple égyptien; il semble que des hiéroglyphes auraient été plus à leur place dans ce cartouche, et que des images divines auraient été ciselées sur les parois.

De toute manière, il y eut là un de ces hypogées funéraires qui.

De Sai'lcy, Voyage autour de la mer Morte, t. ÏI, p. 312-313.

avec le temps, ont remplacé ces grottes naturelles et ces dolmens sous lesquels les ancêtres des Hébreux, avant de s'être établis en Palestine, ensevelissaient leurs morts. Lorsque les enfants d'Abraham se furent fixés en deçà du Jourdain, les trous de la montagne, tout nombreux qu'ils fussent en Syrie, n'auraient plus suffi à recevoir tous les cadavres. Cette population sédentaire avait d'ailleurs appris à manier le pic, le marteau et le ciseau; elle taillait dans le roc les rigoles qui lui amenaient le flot clair des sources lointaines, les citernes où elle emmagasinait les eaux de pluie, les silos où elle conservait ses fourrages et ses grains; comment n'aurait-elle pas eu aussi l'idée d'y creuser ses tombeaux? On commença, semble-t-il, par déposer le corps, enveloppé de linges et d'aromates, sur le sol même du caveau, comme on le faisait autrefois dans la caverne que l'on avait disputée à l'hyène et au chacal1; puis, quand la sépulture de famille fut remplie, on s'ingénia pour agrandir l'espace dont on disposait, et l'on chercha à loger les cadavres dans l'épaisseur du rocherqui enveloppait la chambre. Peut-être, par endroits, usa-t-on de la banquette ou de l'auge ménagée dans le mur du roc et parallèle à ce mur; mais la forme préférée, celle qui resta d'un usage constant jusqu'au commencement de notre ère, ce fut celle des qoqim, comme on les appelait en hébreu, des fours à cercueil, comme on les nomme aujourd'hui. Perpendiculaires à la paroi où ils s'ouvrent, ces fours occupent moins de place que le lit funéraire ; on peut les multiplier davantage dans une même pièce; enfin il est facile de les clore3;

i . Le corps n'était pas momifié ; mais il y avait pourtant une certaine imitation des pratiques de l'Egypte dans cette habitude de mettre des parfums auprès du mort, et surtout de lui entourer de bandelettes les pieds et les mains, comme nous le voyons par l'histoire de Lazare (Jean, xi, 44). Pour les parfums, voyez, dans le même Évangile (xix, 39-40).

2. Un des traités du Talmud, celui qui porte le titre de Baba Bathra contient des prescriptions relatives au creusement de la tombe juive (ch. vi, 8); elles s'appliquent de la manière la plus exacte à de nombreuses tombes des environs de Jérusalem (voir ce texte dans Vogué, le Temple, p. 116). Les explorateurs qui ont étudié avec le plus de soin et sur le plus grand nombre d'exemplaires les milliers de tombes creusées dans le roc que renferme la Palestine sont d'accord à reconnaître que le type le plus ancien, celui qui appartient le plus sûrement à l'époque dont nous nous occupons, est celui de la chambre entourée de fours à cercueil. On trouvera sur ce sujet plus d'une npte intéressante dans les Quart erly statements du Palestine exploration fund (1869, p. 66; 1873, pp. 23, 47, 58, 441; 1874, p. 71; 4875, pp. 477-178). Wilson, Couder, Drake, Tobler, sont tous d'avis que les qoqim constituent la vraie sépulture juive, celle qui est antérieure à l'hellénisation de la Palestine.

3. On peut le faire soit au moyen d'une dalle, soit avec une matière plastique. Dans un sépulcre juif ouvert auprès d'Amwàs il y a quelques années, deux des fours étaient encore obstrués par un ciment très dur fait de cendres tamisées et gâcbées dans l'huile. Clermont-Gànneàu, dans la Revue critique, 2e série, t. XVI, p. 494.)

aucune disposition ne paraît devoir mieux assurer le repos de la dépouille confiée à la terre. Nous avons décrit ce type de sépulture quand nous l'avons rencontré en Phénicie1; nous ne reviendrons ni sur la forme et les dimensions de ces niches, ni sur Je mode de clôture qu'elles comportaient; il nous suffira de donner comme échantillon une belle tombe, dont Warren a relevé la coupe et le plan, dans la vallée du Cédron, au-dessous de Bir-Eyoub (fig. 192). Nous l'avons

choisie, entre bien d'aus très, pour la régularité

de son arrangement.

Une cour rectangulaire donne accès à un vestibule, d'où trois passages étroits conduisent dans trois chambres à plafond cintré. Deux de ces chambres contiennent onze fours ; celle qui fait face à l'entrée n'en compte que huit, parce que sur sa face postérieure s'ouvre un couloir qui conduit à une dernière pièce sise sur l'axe de la porte principale; ce caveau fut sans doute destiné au plus important des personnages pour qui fut creusée cette tombe, celle d'une riche famille ou d'une corporation. Il n'y a pas eu de place perdue; tout au plus aurait-on pu ajouter deux fours à droite et à gauche du corridor qui conduit à la chambre la plus reculée, et porter ainsi à trente-deux au lieu de trente le nombre des niches.

Étaient-elles disposées sur ce plan, ces tombes des rois de Juda qui sont si souvent mentionnées dans la Bible? Ce qui nous le ferait croire, c'est qu'un grand nombre de princes paraissent avoir été déposés dans un même caveau ; la chronique royale semble faire allusion à un tom-

1. Histoire de l'Art, t. III, pp. 148-149, fig. 89, 90, 91, 92, 93, 96, 97, 116.

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