‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 242 sur 440 · Salle souterraine à Mérialn-Salih. Doughty, pi. xliv · texte numérisé non relu

Salle souterraine à Mérialn-Salih. Doughty, pi. xliv

Jérusalem. Les niches, ce sont autant de petites cellas, qui correspondent à Pédicule égyptien d'Amrit, au debir du temple de Salomon. La pierre que renferme la niche est le symbole du dieu Aouda ; dans le tabernacle d'Amrit, il y avait certainement un symbole de ce genre, plutôt un bétyle ou un emblème quelconque qu'une statue.

Ces ressemblances paraîtront peut-être plus frappantes encore le jour où l'on pourra faire des fouilles à Téima, petite ville située au

\. Histoire de VArt, t. III, fig. 232. Sur ces bétyles, voir Ph. Berger, Note sur les pierres sacrées appelées en phénicien Neçib-Malac-Baal (Journal asiatique, 1876, H, p. 253) et, du même, L'ange d'Astarté, étude sur la seconde inscription d'Oum-el-Awamid, in-4°, 1879. Les ançab, si nombreux aux environs de la Mecque, auxquels les Arabes rendent encore aujourd'hui un véritable culte, ont la même signification religieuse que les neçib d'autrefois.

nord-est de Médaïn-Salih ; comme le prouvent de nombreux restes d'inscriptions araméennes et de bas-reliefs, il y eut là autrefois un centre religieux important, un temple qui était orné de colonnes. Le tambour inférieur de plusieurs des fûts paraît encore au-dessus du sol, dans le cimetière musulman, parmi les tombeaux; il a 0œ,21 de circonférence, et il repose sur une base formée de six pierres de forme rectangulaire1. De quelle époque date cette colonnade, c'est ce que Ton ne saurait dire tant que Ton n'aura pas retrouvé un texte qui raconte 1 érection du monument ou recueilli tout au moins certains de ces fragments d'architecture qui, comme un chapiteau ou une corniche, autorisent une conjecture fondée sur le caractère des ornements ; mais il est certain que Teïma fut un lieu de culte 1res en vogue bien avant le temps où s'introduisit ici, avec la dynastie nabatéenne, le style composite dont les tombeaux de Medaïn-Salih portent partout la marque. C'est ce qu'atteste la grande stèle dont la découverte est due à Huber et qu'il n'a pas eu la joie de rapporter au Louvre, où elle est entrée enl88o*(fig. 206).

L'inscription de Teïma, gravée sur une des faces d'une grande dalle cintrée par en

haut, est le monument commémoratif de l'introduction du culte d'un dieu étranger à Teïma, une sorte de contrat passé entre les dieux de Teïma du dieu Salm de Hagam, d'une part, et de l'autre ce nouveau dieu et la famille sacerdotale attachée à son service3. Les plus habiles connaisseurs en paléographie sémitique s'accordent à penser que, d'après les formes de l'alphabet ici employé, ce texte doit dater de quatre à six cents ans avant notre ère; tout mutilé qu'il soit (dix lignes ont disparu), il ajoute un nom au Panthéon sémitique, et plus d'un trait curieux au peu que nous savions des idées et des pratiques religieuses du peuple arabe ; mais c'est surtout par le bas-relief sculpté sur Tune des deux tranches de la stèle que le monument nous intéresse ici.

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