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m LA JUDÉE.
mal éclairées ; elles ne l'auraient plus été du tout s'il avait fallu en fermer la porte ; il n'est donc pas probable qu'elles aient été faites pour être habitées. On est plutôt tenté d'y voir des magasins, et plus particulièrement l'arsenal. Au temps d'Ézéchias, le roi avait chez lui son arsenal1, qui se trouvait dans la partie de cette résidence qu'Isaïe appelle la maison de lœ forêt1, terme où l'on ne saurait voir qu'une variante, qu'un synonyme populaire ou poétique de l'expression employée par les annalistes, la maison du Liban. Ce bâtiment servait donc de dépôt d'armes au temps du prophète, et l'on savait, à Jérusalem, qu'il avait été affecté à cet usage par le prince même qui l'avait construit. Lorsque, plusieurs siècles après Salomon, la légende cherchait à donner une idée de l'opulence du fils de David, elle racontait, avec ces hyperboles qui lui sont familières, que ce prince aurait fait faire pour ses gardes cinq cents boucliers de parade, tous revêtus de plaques d'or battu. Il y a là une exagération évidente; d'après les chiffres indiqués par l'annaliste, la quantité de métal qui aurait été employée dans ce travail représenterait aujourd'hui une somme de plus 10 millions de francs. Peu importe d'ailleurs; ce que cette mention a d'intéressant, ce sont les mots qui la terminent : « Et le roi fit déposer ces boucliers dans la maison du Liban3. »
En arrière de cet édifice se trouvait ce que l'on peut désigner comme l'appartement de réception du roi. La description devient ici plus sommaire encore4. Elle distingue pourtant deux parties, d'abord une salle hypostyle, précédée d'un portique ouvert, puis une autre salle que l'écrivain appelle la salle du trône ou du jugement. Cette dernière, du haut en bas, était toute lambrissée de cèdre. Quant à la première pièce, il ne nous est rien dit ni du nombre des colonnes ni de la hauteur du pavillon ; deux cotes seulement, d'après lesquelles les dimensions étaient moindres ici que dans la maison du Liban. La galerie n'a que 50 coudées de long sur 30 de profondeur; mais ce qui en augmentait l'effet, c'était le perron par lequel on y accédait; pour avoir trouvé sa place dans cette relation si brève, il faut que celui-ci ait eu une ampleur et une élévation assez marquées. 11 est probable que la salle hypostyle et la salle du trône étaient à peu près de plain-pied et contiguës ; la première servait à la seconde de vestibule. C'était là qu'atten-
\. ISAÏR, XXXIX, 2.
î. Ibidem, xxu, 8.