Jean, iv
2. D'après la traduction de ce texte qui a été donnée dans la IVotf ce des monuments provenant de la Palestine et exposés au Musée du Louvre, parAKT. Héron de Villefosse, 1876.
215. — Un des puits de Beerséba. Lortet, la Syrie d'aujourd'hui.
216. — Plan des puits, galeries et aqueducs d'Ophel. Quarterly Statements, 1882, p. 123.
salem, il y ait émergence des eaux cachées sous le sol. En étudiant les travaux qui ont été entrepris à cet effet, on peut distinguer trois moments, trois états successifs du régime de cette source. Celle-ci est aujourd'hui assez profondément enterrée ; elle se trouve au-dessous du lit actuel du Cédron ; il faut descendre plusieurs marches pour y arriver. Il n'en était pas de même lorsque les Jébuséens se fixèrent sur la colline ; comme l'ont prouvé les sondages des Anglais, le fond de la vallée était alors à un niveau bien plus bas, et les eaux de la fontaine s'écoulaient dans le ravin. Pour qu'elles ne se perdissent pas au milieu des sables et des cailloux du ouadi, on commença par creuser, dans le flanc du roc, une rigole à ciel ouvert (fig. 216) ; c'est le canal dont Joab s'empare, lorsque David attaque et prend Jébus1. Maîtres de la rigolo, les agresseurs l'avaient suivie jusqu'à la source ; privée d'eau, la bourgade avait dû capituler. Le succès de cette attaque était un avertissement; on en profita. Sous David ou l'un de ses premiers successeurs, tout un système de galeries et de puits creusés dans le roc permit aux habitants d'user de la source sans se montrer à l'assaillant qui se serait posté dans la vallée du Cédron, à l'abri des escarpements que forme en cet endroit le versant oriental d'Ophel (C D dans la fig. 216 et fig. 217); le bassin où se répandaient les eaux avait été élargi de manière à pénétrer assez profondément dans le flanc du coteau, et, au-dessus de l'endroit où il se terminait, il y avait un puits auquel on accédait par des escaliers taillés dans la pierre et par un passage en pente douce; avec une pierre attachée au bout d'une corde, on pouvait, en tout temps, atteindre la nappe liquide (fig. 217)*.
Même après l'achèvement de ce travail, il restait quelque chose à faire : il fallait enlever à l'ennemi le bénéfice de ces eaux courantes qui, dans la mesure où elles n'avaient pas été utilisées par les citadins, continuaient à se déverser dans le lit du Cédron ; la soif a toujours été le plus redoutable ennemi des armées qui sont venues mettre le siège devant Jérusalem. « Pourquoi, s'écrient les Juifs quand, sous Ézéchias, ils sont menacés par les Assyriens , pourquoi les Assyriens trouveraient-ils, à leur arrivée, des eaux en abondance3? » Boucher les
i . Il Samuel, v, 8. L'idée de cette rigole à découvert appartient à Birch (voir son article intitulé The waters of Shiloh that go softly, dans les Quarterly statements de 1884, p. 75),
2. A est un puits qui s'interrompt brusquement, sans doute un travail abandonné. Dans la première galerie en pente, il y a des trous creusés dans le roc, pour poser le pied; dans la seconde, entre B et C, il devait y en avoir, mais le sol est caché par de grosses pierres. En D commence le puits : The Recovery, pp. 243-252.