‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 284 sur 440 · De Vogué, Mélanges d'archéologie orientale, p · texte numérisé non relu

De Vogué, Mélanges d'archéologie orientale, p

3. De Vogué, Mélanges, p. 433. Histoire de l'Art, t. III, fig. 454. Une chèvre et un chevreau figurent sur une améthyste conoïde, qui, achetée à Saïda, appartient aujourd'hui au Louvre. On y lit : A Ahnabad. Cette intaille est classée parmi les hébraïques par M. Ledrain, qui Ta décrite [Étude sur quelques intailles sémitiques du Musée du Louvre, dans la Revue d'assyriologie et d'wchéologie orientale, de MM. Oppert et Ledrain, 4884-85, p. 35-35).

LA GLYPTIQUE

marqué, c'est celle où Ton voit une divinité qui a la tête ornée de la coiffure d'Hathor, à genoux sur une fleur de lotus * ; c'est évidemment là une contrefaçon phénicienne d'un type égyptien; pourtant, dans la légende : HAbiou, serviteur de Ouzziou, noms et forme des lettres, tout est de nature à autoriser la supposition que le cachet a appartenu à un Israélite. Même observation pour la pierre où figure un sphinx ailé, à tête d'épervier2. Comme dernier échantillon de cette série, nous citerons un scarabéoïde en agate rouge, qui est entré au Louvre avec les antiquités chaldéennes de M. de Sarzec ; il a été acquis en Mésopotamie, mais c'est l'œuvre d'un graveur phénicien (fig. 231 3). On y voit un personnage divin, à deux paires d'ailes; il tient dans chaque main un serpent, comme le fait quelquefois l'Horus égyptien. Sur la tête, il porte le disque solaire entre les deux cornes, et de celles-ci pendent deux serpents. Près des pieds du dieu parait, deux fois répété, ce symbole que Ton appelle en Egypte F œil d'Osiris. Au-dessous de cette figure, une légende qui n'est que d'un seul mot, Baalnathan, « celui que donne

Baal ». C'est un nom analogue à Ionathan, « celui que donne Iahvé ». Io, abréviation de Iahvé, est ici remplacé par Baal. Or on croit pouvoir reconnaître là un nom hébreu. Un Phénicien se serait plutôt appelé Baaliathon que Baalnathan. Le sens est le même ; mais le dialecte phénicien, dans la composition de ces noms théophores, employait de préférence un verbe différent. On voit par cet exemple combien c'est chose délicate que l'attribution à telle ou telle nationalité de telle ou telle pierre gravée. On ne peut hésiter au contraire lorsque, sur une de ces intailles, on trouve le nom d'un des dieux particuliers d'un des peuples de la Syrie. C'est ainsi que l'on reconnaît le cachet d'un Moabite dans cette pierre gravée sur laquelle on lit : De Kamosiekhi, nom composé avec celui de dieu du Moab, Camos (fig. 232). Baalnathan, son nom l'indique, devait être un de ces Israélites qui

Page 1