‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 285 sur 440 · tome iv · texte numérisé non relu

tome iv

avaient pris ouvertement parti pour les dieux syriens contre le dieu national; mais il n'est pas certain, il n'est même pas probable que les possesseurs des autres cachets historiés aient été tous dans le même . cas. Plusieurs d'entre eux portent des noms qui ne peuvent guère avoir été en usage que dans des familles où l'on n'avait pas cessé de fréquenter les autels de Iahvé ; pourtant ils n'en ont pas moins admis sur leurs cachets des figures et des emblèmes que réprouvaient hautement ces prophètes dont ils ont été les contemporains ; c'est en effet au huitième siècle et aux deux siècles suivants que l'on rapporte la plupart de ces intailles \ A lui seul ce fait suffirait à démontrer, si d'ailleurs nous n'en avions pas déjà fourni la preuve, que, malgré les anathèmes lancés contre l'idolâtrie, malgré le zèle iconoclaste de quelques rois, la plupart des Juifs, jusqu'à l'exil et surtout jusqu'au retour à Jérusalem, n'ont pas eu pour les images plus de répugnance que n'en avaient tous leurs voisins. Les prescriptions si sévères du décalogue n'étaient prises au pied de la lettre que par une petite élite; mais celle-ci, grâce à l'élévation de ses idées et à la chaleur de ses convictions, avait pour elle l'avenir; elle ne pouvait manquer de triompher et son triomphe sera définitif après l'édit de Cyrus. En effet, ceux-là seuls qui auront la foi, une foi ardente et exaltée, se détacheront de leurs intérêts et de leurs affaires, quitteront leurs champs et leurs boutiques pour retourner, au prix d'un long voyage, s'établir sur les ruines de la cité détruite et entreprendre d'en relever les édifices, au milieu de bien des difficultés et de bien des périls. Dans ces bandes de piétistes que ramèneront et qu'échaufferont de leur feu Zorobabel, Esdras et Néhémie, il n'y aura plus place pour les traîtres à Iahvé, ni même pour les indifférents et pour les tièdes. C'est alors, mais c'est alors seulement, que les préceptes de la loi seront appliqués dans toute leur rigueur, que les Juifs fidèles prendront en horreur toutes ces figures et tous ces symboles dont leurs ancêtres s'étaient fort bien accommodés.

Les menus objets que nous venons de décrire ont d'ailleurs pu jouir, plus longtemps que les ouvrages de la statuaire, du bénéfice d'une certaine tolérance. C'étaient des objets d'un caractère usuel, des instruments d'une espèce particulière; il n'y avait pas lieu de craindre que des hommages dérobés au vrai dieu allassent s'égarer sur ces images

\. C'a été l'avis de tous les hébraisants qui se sont occupés de ces monuments; le choix des noms, la forme des lettres, la trace partout sensible de l'influence phénicienne, tout cela convient à l'époque du double royaume et aux temps de la dispersion et de l'exil.

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