‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 304 sur 440 · LA LITTERATURE HEBRAÏQUE · texte numérisé non relu

LA LITTERATURE HEBRAÏQUE

se baissât pour les ramasser; à Jérusalem, ils étaient toute une révélation.

S'il y a beaucoup à attendre de la Judée, ce n'est pas seulement sur les chances Heureuses des fouilles que Ton doit compter pour l'éclaircissement de certains problèmes qui sont demeurés jusqu'ici sans solution. On n'aurait jamais remué en Palestine une seule pelletée de terre, on n'y aurait pas découvert un seul monument de la plastique et de l'industrie d'autrefois, que nous aurions encore été tenus de nous arrêter à Jérusalem et d'y faire un long séjour. Si les Hébreux n'ont jamais eu un art qui leur appartînt en propre, si, par cet endroit, ils sont très inférieurs aux Chaldéens, aux Assyriens et même aux "Phéniciens, en revanche le peuple juif est le seul peuple sémitique de l'antiquité dont la littérature n'ait pas péri ou du moins se soit conservée dans des textes étendus et d'une lecture courante. La Chaldée et l'Assyrie nous ont, il est vrai, légué des documents très nombreux et souvent très longs; mais beaucoup de ces textes sont mutilés, et tous sont écrits au moyen d'un système de signes qui rend le déchiffrement plus ou moins pénible et qui laisse presque toujours planer quelques doutes sur la valeur et l'exactitude des traductions proposées. Quant aux Phéniciens, inventeurs de l'écriture alphabétique, ils n'ont, par malheur, employé ce merveilleux instrument qu'à des usages très secondaires ; ils n'ont jamais pensé avec force et avec originalité. C'est par milliers que se compteront les inscriptions phéniciennes, dans le grand recueil qui doit comprendre toute l'épigraphie sémitique; mais on pourrait presque faire tenir en trois ou quatre pages tout ce qui, dans ces inscriptions, n'est pas la monotone répétition de quelques formules toujours les mêmes, où seuls les noms propres varient.

Supposez des trouvailles inespérées, qui, par impossible, viendraient tout d'un coup enrichir l'épigraphie phénicienne, qui la rendraient plus comparable à l'épigraphie grecque et latine ; alors même la Judée garderait encore tous ses avantages. Dans ce monde dont elle faisait partie, par la race et par la langue, elle resterait hors pair, pour avoir produit et conservé tous ces livres dont la réunion forme ce qu'on appelle l'Ancien Testament. Là même où ils sont le plus développés et le plus variés, les documents épigraphiques ne satisfont jamais toute notre curiosité ; quel qu'en soit le thème, ils ont toujours quelque chose d'officiel, et, par suite, d'inexact ou tout au moins d'incomplet. L'âme ne s'y montre pas à nu, ne s'y épanche pas librement; la vie ne s'y réfléchit pas dans toute son ampleur et toute sa diversité, avec ses côtés

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