LES DÉCOUVERTES RÉGENTES
s'occupait de tout disposer pour en obtenir un moulage, on apprit que la pierre n'existait plus : elle avait été détruite par les musulmans.
Il y avait tout lieu de redouter, à Hamath, quelque accident de ce genre ; l'opinion y était très opposée à toute mesure qui aurait livré aux étrangers les pierres en question. Depuis qu'on les voyait si étudiées et si convoitées, on avait fini par les regarder comme des espèces de talismans; peut-être les signes bizarres dont elles étaient couvertes indiquaient-ils des trésors qu'il ne fallait pas abandonner à des mécréants. Ce fut alors que se présenta une occasion dont sut tirer parti M. William Wright, l'auteur d'un livre auquel, dans la suite de ces pages, nous ferons de nombreux emprunts1.
Attaché à la Société anglaise des missions, M. Wright habitait alors Damas, qui sert de résidence au vali ou gouverneur général de la Syrie. Ce poste était occupé, vers la fin de l'année 1872, par Subhi-Pacha, et celui-ci, Grec d'origine, se trouvait être, par le plus grand des hasards, à la fois un très honnête homme et un esprit très ouvert. Possesseur d'un beau cabinet de médailles et de pierres gravées qui a depuis été vendu à Londres, il était entré en relations, à ce propos, avec plusieurs savants de l'Occident; il comprenait la valeur des documents lapidaires; il avait une idée des services qu'ils rendent à l'histoire. Ce fut ce qui décida M. Wright et le consul anglais, M. W. Kirby Green, à accepter l'offre que leur fit le pacha de l'accompagner dans une tournée qu'il entreprenait à travers sa province. On devait s'arrêter à Hamath; les deux Européens comptaient profiter du séjour que l'on ferait dans cette ville. Leurs espérances se réalisèrent; après avoir réussi, non sans peine, à découvrir l'emplacement de toutes les pierres qu'avaient signalées les voyageurs précédents, ils obtinrent du vali qu'elles fussent retirées des bâtiments où elles étaient engagées, pour être portées au sérail ou palais du gouverneur; mais la population turque paraissait prête à se soulever pour empêcher ce rapt, et, après même qu'il fut accompli, tout ce qu'il y avait dans Hamath de turbans verts et blancs, de prétendus descendants du Prophète et de hadjis, 6l ulémas influents, fît une dernière démarche auprès du pacha pour obtenir la restitution de ces blocs de basalte que l'on ne pouvait se résigner à voir sortir de la ville. Il faut lire ce récit dans l'ouvrage de M. Wright; c'est tout
\. \V. Wright, The empire of the Hittites, wilh decipherment of hittite inscriptions, by prof. A. H. Sayce, a map, by col. sir Charles Wilson, and a complète set of hittite inscriptions, revised by M. W. H. Rylands. 2e édition, Londres, Nisbet and C°, i886, i yoî. in-8°, iïïiii-246 pages et 27 planches.