‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 328 sur 440 · Monnaie d'argont de Tarse · texte numérisé non relu

Monnaie d'argont de Tarse

Waddington, Mélanges de numismatique et (le philologie, 1861, p. 80, pi. v, fig. 7.

peut-être de l'autre un fouet; le dieu était debout sur une sorte de chimière ou de lion cornu1 (fig. 267) ; plus tard il siège sur un trône, il a pris la pose et l'aspect d'un Jupiter Olympien, dont il ne se distingue guère que par l'épi et la grappe de raisin qu'il a en main2; mais, alors même que, pour se mettre à la mode du jour, il s'était ainsi déguisé, les rites du culte qui se célébraient dans son temple devaient encore trahir son origine et laisser deviner en lui l'antique Baal de Tarse, un tout proche parent des Baals de Tyr et de Sidon. On arrive à la même conclusion en étudiant les séries monétaires des autres villes de la Cilicie plane, comme la nommaient les anciens3. C'est ainsi que, pour montrer quels traits les Phéniciens prêtaient à leurs dieux et à leurs génies, nous nous sommes déjà servi des monnaies de Mallos, ville maritime située au nord-ouest du golfe d'Issos4. D'ailleurs, par la nature même de son sol, par son climat, par ses productions, la Cilicie tient beaucoup plus de la Syrie que de l'Asie Mineure. Les deux fleuves qui l'ont créée et qui l'arrosent, le Saros ou Sifioun et le Pyramos ou Djihoun, y déposent un limon qui vaut celui du Nil ; les hivers sont tièdes et la température moyenne des étés est celle de la basse Egypte, dans cette plaine que le rempart du Taurus abrite contre les vents du nord ; là où les palmiers sont adossés à des murs de roc qui leur renvoient les rayons du soleil, les dattes mûrissent; enfin, pour peu que l'on prenne la peine de les cultiver, ces terres humides donnent en abondance des cotons, que les navires européens viennent charger à Mersina, l'échelle de Tarse, le principal port de la Cilicie.

On devrait donc s'attendre à rencontrer en Ci-

267. — Monnaie de bronze de Tarse. Lajard, Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus, atlas, pi. iv. fig. 9.

i. C'est le dieu assyrien Adar, Adar Samdan ou « Adar le fort » que Fr. Lenormant croit reconnaître dans ce type des monnaies de Tarse (Essai de commentaire sur les fragments cosmogoniques de Bérose, p. 4 12).

2. Voir la figure 2 dans un mémoire de M. Heuzky intitulé : les Fragments de Tarse au Musée du Louvre (Gazette des Beaux- Arts, novembre 1876).

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