Description, t. I, pi
taines dépendances que Barth omet sur son plan; celui-ci en prévient d ailleurs, en disant que les murs de ces dépendances, n'étant pas en grand appareil comme ceux du palais même, mais en petites pierres, se laissent moins aisément distinguer. D'autre part, Texier, qui seul donne ces constructions, les place, sur son tracé, trop près du palais.
11 y aurait donc à refaire un pian détaillé ; quelques coups de pioche donnés là où l'assise se cache sous le sol achèveraient de révéler toutes les dispositions intérieures; peut-être, en fouillant jusqu'au rocher, retrouverait-on aussi des objets précieux, des restes de l'ancien dallage, certains débris de l'ornementation. Le temps nous a manqué; tout ce que nous avons pu faire, c'est de comparer sur le terrain, l'une à l'autre, les deux esquisses de nos devanciers. La veille de notre départ, nous travaillions encore, sur les neuf heures du soir, par un beau clair de lune, à achever cette vérification, et, tout compte fait, c'est encore le plan de Barth qui nous a paru le plus exact, tout au moins pour le corps même de l'édifice, la seule partie de l'ensemble qu'il ail relevée complètement; c'est donc son dessin que nous reproduisons ici (fig. 295).
À prendre ses mesures, l'édifice proprement dit avait environ 42 mètres de large sur 57 de long. C'est donc un rectangle dessiné par l'assise inférieure d'un gros mur qui n'a souffert et disparu qu'à l'angle nord-ouest. Ce mur est formé de blocs énormes de pierre calcaire, qui ont parfois de 5 à 6 mètres de long sur 2 mètres de large. Quelquesuns des murs de refend sont aussi épais que le mur extérieur; d'autres sont plus minces. Nous en avons remarqué un qui est fait d'une seule pierre, dont la longueur est de 7 mètres.
Dans les gros murs, les pierres ne s'ajustent pas par des joints unis; mais leurs extrémités s'emboîtent comme des pièces de bois assemblées dans une charpente, ce qui est un des caractères de l'appareil persépolitain. Les deux faces verticales de ces blocs sont restées inégales et à peine dégrossies ; la surface supérieure est seule soigneusement dressée. On y observe nombre de trous ronds; ceux-ci ont de 0m,040 à 0m,045 de diamètre; ils sont profonds de 0m,03 à 0B,04 et éloignés l'un de l'autre de 0m,25 à 0m,33. A quoi servaient-ils? On est d'abord tenté de se demander s'ils n'étaient pas destinés à recevoir la partie inférieure de poteaux ou de tiges métalliques auxquelles auraient été attachées des draperies; mais cette conjecture ne résiste pas à l'examen. Les trous sont trop petits pour que des poteaux aient pu y être engagés ; ils sont d'ailleurs distribués trop capricieusement pour
avoir pu rendre un service de ce genre ; ils ne sont pas à des distances égales ni dans un même alignement. D'ailleurs une clôture si légère eût mal convenu à un si rude climat, et le seuil de plusieurs portes présente des traces de gonds, disposition qui ne s'expliquerait pas si les chambres n'avaient été fermées que par des draperies. Ces trous auraient-ils été faits pour contenir des crampons de métal qui reliaient
^□b nutB
\ 5 io
21)5. — Plan du palais. Barth, Reise, p. 48.
entre elles les assises, comme dans l'appareil hellénique? S'il en eût été ainsi, on devrait retrouver ici les restes de ces assises supérieures; mais nulle part, ni dans l'intérieur de l'édifice, ni autour de lui, on n'aperçoit le moindre amas de débris ; partout les substructions s'arrêtent à la même hauteur. 11 n'y a donc qu'une explication vraisemblable : ici, comme à Ninive, le pied seul du mur était fait de pierre; tout le reste était en briques crues, et celles-ci se sont réduites en poussière. Quant aux trous, ils ont dû, de manière ou d'autre, avoir pour objet