TOME IV
610 LES HKTKENS.
d'établir une liaison entre la pierre et le premier lit de briques. Y coulait-on de l'argile humide qui faisait corps avec le dessous de la brique, ou bien y plantait-on de petites tiges de bois qui entraient dans cette brique et qui la fixaient? Nous l'ignorons; mais il semble qu'on aurait pu obtenir ce même résultat à moins de frais, avec de simples coches, avec des entailles pratiquées dans la face horizontale du bloc.
Un phénomène étrange, c'est que ces briques, en se désagrégeant, n'aient pas formé un monticule sous lequel auraient été ensevelies les fondations de l'édifice, comme il est arrivé communément en Mésopotamie et dans la Syrie septentrionale. On s'explique celle apparente anomalie par la situation qu'occupait le bâtiment et par la nature du climat. Le terrain n'est pas plat ici comme en Chaldée et dans le Naharana, comme à Euiuk même, où le palais était au milieu d'une plaine. Ainsi que l'indique notre vue d'ensemble (fig. 294), le palais avait bien été bâti sur une esplanade, mais sur une esplanade que dominent les flancs inclinés du coteau et qui, à son tour, domine ce qui formait autrefois une terrasse inférieure. 11 pleut beaucoup ici, beaucoup à l'automne, beaucoup ali printemps ; pendant l'hiver, c'est la neige qui s'amasse sur le sol, et qui fond rapidement, quand la saison change, aux premiers souffles des vents du midi. Toutes ces eaux, très abondantes, en glissant, parfois avec beaucoup de violence, sur ces larges pentes, ont lavé les décombres; elles ont peu à peu entraîné tout ce qui n'était pas la pierre résistante et soudée au roc.
On avait proposé une autre explication : le palais, au moment de l'invasion lydienne, n'en aurait été qu'aux fondations, et la construction, ainsi interrompue, n'aurait jamais été reprise. Dans cette hypothèse, il serait naturel que ni l'esplanade inférieure, ni la supérieure ne fussent encombrées de débris, que partout ces puissantes assises, blanchissant au milieu de l'herbe qu'elles dépassent, s'offrissent au regard libres et dégagées. Deux faits contredisent cette supposition : ce sont les traces laissées aux portes par les gonds, et c'est la présence, sur l'esplanade, à quelques pas de l'entrée, d'un objet qui ne peut guère avoir appartenu qu'à un édifice achevé, où le prince appelait et recevait son peuple. Nous voulons parler du trône, orné de deux bustes de lion, qu'a dessiné Texier1. 11 est aujourd'hui renversé; nous n'avons pu en apercevoir que le siège ; les lions étaient cachés en terre, et nous
1. Les dimensions indiquées par Texier ne nous ont pas paru être tout à fait exactes. Le trône n'est pas non plus, comme il le dit, en marbre ; il est fait de la même belle pierre calcaire que les fondations du palais.
n'avions pas le temps de les dégager ; c'est donc d'après notre prédécesseur que nous en donnons le plan (flg. 296), la vue de face (fig.297)
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