Fr. Lenormant, les Inscriptions hittiques, pp
<lt; la Palestine ou que ceux des côtes de la Phénicie; mais les Grecs u ont-ils pas fait la même observation? Au cinquième siècle ils appliquaient le nom de Syriens aux populations établies entre THalys et lu Taurus; quand plus tard ils voulurent distinguer ces Syriens qui habitaient la Cappadoce de ceux qui vivaient en Palestine, ils inventèrent
Prisonnier Khiti. Lopsius, Denkmxler, pi. ccix.
le terme Leuco-syri ou « Syriens blancs »*. Au cinquième siècle, les
1. Hérodote, I, 6, 72, 76; II, iOi; III, 00; V, 49; VII, 72. Hérodote répète plusieurs fuis que les Grecs d'Asie appellent Syrien le peuple que les Perses nomment Cappudocien. Son contemporain, Xanthos de Lydie, employait le mot Eùpoc dans le même sens (chez Nicolas de Damas, fr. 48). Pindare, parlant des Amazones, appelle Syrienne l'armée qu'elles amenaient avec elles des bords du Thermodon (cité par Strabon, XII, m, 9;. Ou a la preuve que Sophocle faisait usage de ce terme (Etienne de Byzance, s. v. XaÀoato: . Vers 330, l'auteur du Périple qui porte le nom de Scylax appelle Aa<nrj?:a la côte du Pont-Euxin, entre le Thermodon et la ville d'Harméné (§ 80), et cette dénomination se retrouve dans d'autres documents. Strabon est le plus ancien écrivain chez qui l'on rencontre l'expression Leuco-syri (XII, m, î>, 9, 12, 25); c'est Jui qui l'explique par la différence du teint; mais il l'avait prise très probablement à des écrivains antérieure, peut-être à Hécatée de Milet. Nous n'avons cité ici que les textes capitaux; on en trouvera bien d'autres, qui ont aussi leur intérêt, réunis dans la dissertation de Noldeke, quiapour titre : Aasupio;, 2vpo;, Eupio; (dans VHermes, t. V, 1871, pp. 443-468. Pour Noldeke, cette dénomination n'avait d'abord qu'un caractère politique et géographique; on aurait appelé Assyriens ou Syriens, quand on commença à se préoccuper de l'Orient, tous les peuples que l'on croyait avoir été soumis aux conquérants assyriens, à
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Grecs assimilaient ainsi les Cappadociens aux Syriens; entre les uns et les autres ils ne voyaient de différence que celle du teint; c'était supposer que les deux groupes avaient même origine et même langue. On a contesté le bien fondé de cette opinion des écrivains classiques; les Grecs, a-t-on dit, n'y regardaient pas de si près; ils ont pu se tromper. Pourtant, par Tarse, où ils ont pénétré de bonne heure, et par Sinope, où ils étaient chez eux, ils étaient en relation avec laCappadoce; mais ce qui confirme surtout leur témoignage, c'est le fait, qui semble maintenant prouvé par les monnaies, que, jusqu'à la conquête macédonienne, Taraméen, c'est-à-dire un dialecte sémitique, était d'un usage courant dans toute la moitié orientale de la péninsule, de Tarse à Sinope1. Pour que l'élément sémitique ait persisté si tard dans cette région, ne faut-il pas qu'il s'y soit introduit de très bonne heure et très fortement implanté? Rien de plus simple si l'on admet qu'il s'est établi, en Cappadoce, au temps où la nation hétéenne, dans son mouvement d'expansion, débordait au delà du Taurus et dominait en Asie Mineure; sa puissance militaire aurait en beau s'écrouler et l'empire de l'Asie passer des Assyriens aux Mèdes, puis aux Perses, le fond de la population, en Cappadoce, serait toujours resté le même. Si l'on se décide, au contraire, à placer les Hétéens en dehors du monde sémitique, la difficulté devient très grande; à quel moment et dans quelles circonstances
Ninus et à Sémiramis; ce serait seulement vers le temps des successeurs d'Alexandre que ce terme aurait pris une autre valeur, qu'il aurait commencé à désigner, chez les Grecs, les peuples qui parlaient l'araméen. J'admets qu'il ait fallu du temps pour que s'éclaircit et se précisât l'idée que les Grecs attachaient à une appellation d'abord assez vague; mais on ne saurait prouver qu'à l'origine la conception, confuse encore, d'une certaine unité de race et de langue n'ait pas été pour quelque chose dans l'extension du terme, dans l'habitude de l'appliquer tout ensemble aux Cappadociens et aux Syriens de la Palestine. Ce qui trancherait la question, ce serait un texte qui nous apprendrait quelle langue on parlait au delà de i'tfalys, au. temps de Crésus, de Xénophon on d'Alexandre; ce serait surtout le déchiffrement définitif des inscriptions hetéennes.
i. Waddington, Mélanges de numismatique et de philologie, 1861, pp. 100-101, où sont présentées les vues auxquelles l'auteur arrive par l'examen et la comparaison des pièces qu'il décrit dans ses Études de numismatique asiatique (pp. 159-102). Un certain nombre d'attributions et de lectures ont pu être rectifiées par des observations postérieures; mais les conclusions demeurent. On trouvera quelques pièces de l'Asie Mineure et du quatrième siècle, à légendes araméennes, décrites dans un mémoire de M. Six, Sinope (Numismatic chronicle, 1885, pp. 15-63, pi. 11). Ce sont aussi des légendes araméennes que l'on lit sur les monnaies des deux premiers dynastes de Cappadoce, Ariarathe Ier et Ariaratbe II, l'un contemporain d'Alexandre, l'autre de très peu postérieur à ce prince. Le revers de l'une des pièces que l'on attribue à Ariarathe Ior porte cette inscription, d'un caractère tout à fait sémitique : Baal G'zour; il s'agit du Baal que l'on adorait à Gaziura, sur les bords de l'Iris, ville que Strabon (XII, m, 15) indique comme une ancienne résidence royale, déchue et abandonnée de son temps. (Th. Reinach, EsmI sur la numismatique des rois de Cappadoce, dans la Revue numismatique, 1866.)
l'élément sémitique se serait-il répandu dans toute cette partie de la péninsule et y aurait-il pris le dessus? On sera fort embarrassé pour le dire. Dans le peu que Ton entrevoit de l'histoire de cette contrée, avant Cyrus, il n'y a pas trace de guerres ou de mouvements d'immigration qui auraient réduit à un rôle subordonné les anciens habitants du pays ou qui les auraient complètement éliminés. Est-il vraisemblable qu'une pareille substitution se soit produite sans qu'aucun souvenir s'en soit conservé, même sous forme de mythe?
Nous n'affirmons rien, on le voit; ce sont surtout des doutes que nous exprimons, des questions que nous posons. Voici encore quelle est, parmi toutes ces incertitudes, l'hypothèse qui nous paraîtrait la plus vraisemblable, celle où nous nous arrêterions le plus volontiers. Les Hétéens qui ont balancé la fortune de l'Egypte et armé contre elle les tribus guerrières de l'Asie Mineure n'auraient pas été une race pure. On sait les résultats auxquels sont arrivés la plupart des savants qui se sont occupés de l'Assyrie et de la Chaldée; selon eux, dans toute la Mésopotamie, des tribus sémitiques seraient venues se superposer à une première et plus ancienne couche de population que, jusqu'à nouvel ordre, on rattache à la famille indéfinie et confuse des peuples touraniens. Avec le temps, les deux éléments se seraient fondus; le dernier venu, l'élément sémitique, aurait fini par l'emporter, par imposer sa langue, par faire oublier tout ce qui n'était pas lui. Quelque chose d'analogue se serait passé en Syrie; des tribus araméennes,qui venaient du sud, s'y seraient rencontrées avec des tribus, arméniennes ou autres, qui descendaient des vallées du Taurus; on aurait commencé par se heurter et par se disputer le terrain, puis on se le serait partagé; un peu plus tard on se serait uni, peut-être sous la menace de la conquête égyptienne, et ce péril, tant qu'il dura, aurait maintenu, aurait resserré les liens ainsi formés. Pour résister, sans trop de désavantage, à ces souverains absolus qui disposaient de troupes bien disciplinées, on se serait soumis aux ordres d'un chef unique, on lui aurait fourni des contingents réguliers; au lieu d'une fédération toujours instable de petits chefs locaux, on aurait eu ainsi, pendant un siècle ou deux, une monarchie militaire. Au sein de celle-ci, la diversité des origines se serait encore accusée par celle des idiomes, par la bigarrure des noms d'hommes et de lieux; cependant, par le service dans l'armée et par l'action persistante du pouvoir royal, il se serait alors créé là, comme en Assyrie et en Chaldée, un État, une nation. Dans la suite, lorsqu'on n'eut plus à craindre l'Egypte, le lien se re-
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lAcha; mais, jusque dans le morcellement qui prépara la perte de Tindépendance, les descendants des sujets de Sapalel et de Khitisar gardèrent l'empreinte des idées et des habitudes que leurs pères avaient contractées au cours de la période précédente. Pendant la période de formation, celui des deux éléments en présence qui a dû jouer le rôle prépondérant, c'est l'élément sémitique ; les tribus qui le représentaient , entre l'Amanus et l'Euphrate, tenaient, par leurs origines et par tout leur passé, à un monde où la civilisation était de plus ancienne date que chez les montagnards de Tinclémente Arménie, et, grâce à cette parenté, elles étaient en relations suivies avec les États policés du moyen et du bas Euphrate, relations qui donnaient l'ascendant aux Sémites, dans un milieu où ils n'avaient peut-être pas la supériorité du nombre ni celle de l'énergie guerrière.
Ce serait donc en Syrie que la nation hétéenne se serait constituée, quelque quinze ou seize siècles avant notre ère, et qu'elle se serait donné récriture et l'art dont nous avons réuni les trop rares débris. L'idée première de ces créations lui aurait été suggérée par les exemples que lui offraient ses voisins de l'est et du sud, Assyriens, Chaldéens, Égyptiens; c'est en les voyant pourvus de ces moyens d'expression qu'elle aurait senti s'éveiller en elle le désir de posséder, elle aussi, une plastique et un système de signes qui lui permissent de traduire ses pensées et de conserver le souvenir de ses actions. Cette hypothèse s'accorde avec les données que nous a fournies l'étude de monuments où nous avons constaté une part d'imitation et une part d'originalité. En décrivant le peu qui reste de l'architecture et de la sculpture hétéennes, nous avons vu que la plupart des thèmes qu'elles ont traités ont leur modèle soit en Egypte, soit en Mésopotamie; ce qui appartient en propre aux llétéens, ce sont certains symboles qui ne se trouvent pas ailleurs; c'est le costume national; c'est surtout une facture particulière, plus sommaire et plus rude que celle des maîtres dans les ouvrages desquels on avait cherché les premières leçons. Quant à l'écriture, le principe est le même que celui de l'écriture égyptienne et de l'écriture primitive de la Chaldée; c'est ce système qui débute par la représentation directe des objets et que les nécessités de la pratique conduisent bientôt à investir certains signes d'une valeur déterminative ou purement phonétique. De part et d'autre le point de départ et la méthode sont les mêmes; la différence, elle est dans le choix et dans la forme des signes, dans le procédé de gravure.
C'est en Cappadocc, a-t-on dit, qu'auraient commencé à écrire les
tribus qui, établies plus tard en Syrie, devinrent les Khiti des documents égyptiens; ce qui tendrait à le faire croire, c'est la forme qu'affecte un des signes dont celte écriture fait le plus fréquent emploi ; nous voulons parler de cette pyramide allongée qui, seule, exprimerait l'idée de roi, et, deux ou trois fois répétée, celle*de pays (fig. 256, 1. 2; 262; cul-de-lampe, livre VI, ch. i et n)1. Ce signe ne serait autre chose que l'image abrégée de ces cônes de roc qui, dans la Coppadoce méridionale, près A'Urgub et iïUtch-hissar, donnent au paysage un aspect si particulier (fig. 389) 2. La raison alléguée ne paraît pas convaincante; en Syrie aussi, dans le district compris entre le Kodja-dagh et le Kurd-dagh, au sud de Marach, M. Puchstein signale des cônes de basalte qui ont pu servir de prototype au caractère en question3. 11 faudrait des arguments plus décisifs pour rendre vraisemblable cette conjecture; toutes les présomptions, semble-t-il, sont en faveur de l'hypothèse contraire. Ainsi comprise, l'histoire des Hétéens dérogerait à la loi qui a paru jusqu'ici se dégager de l'ensemble des faits que nous avons étudiés ; pour une fois, la civilisation, au lieu de se propager d'Orient en Occident, aurait marché dans la direction opposée. Sans aucun doute, cet accident a pu se produire, sur un point donné, par suite de circonstances particulières. Encore faudrait-il trouver, dans ce que Ton sait des circonstances et du milieu, de quoi justifier cette apparente anomalie; mais ce n'esl point ici le cas. La plastique hétéenne et cette écriture qui n'en est qu'une des applications doivent dater du môme temps; or dans tous les ouvrages d'architecture et de sculpture que l'on croit pouvoir attribuer à ce peuple, on sent l'influence de l'art chaldaeo-assyrien ou, h un moindre degré, celle de l'art égyptien. On sait, par le traité conclu entre Ramsès et Khitisar, que dès lors les Khiti étaient en possession de leur écriture et savaient prêter une figure à leurs dieux; mais, avant le siècle que remplit la lutte à laquelle mit fin cette convention, aucun conquérant africain ou asiatique n'avait jamais franchi les passes de l'Amanus et du Taurus ; plusieurs centaines d'années devaient môme
L Sayce, dans Wright, The Empire, p. 177.
2. Ce dessin a été exécuté d'après une photographie, la première que Ton ait prise de ces rocs de la Cappadoce, qui nous a été obligeamment communiquée par M. John Henry Haynes. Sur la physionomie étrange de tout ce district cappadocien, iYUrgule, d'Utch-hissar et de Soanli-dérési, voir Reclus, Géographie universelle, t. IX, pp. 562-564.
3. Ces cônes sont marqués, sous le nom de Basalt-kuppm, sur la carte que M. Kiepert a dessinée pour le rapport de M. Puchstein; il en est question à la page 2 du rapport : « Ce district, dit Fauteur, a un sol de basalte, et de nombreux cônes qui s'élèvent parfois jusqu'à une hauteur assez considérable lui donnent une physionomie très singulière. »
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encore s'écouler avant que les légions assyriennes se montrassent au delà de l'Euphrate. Entre les peuplades barbares qui erraient, éparses et clairsemées, sur le plateau de l'Asie Mineure et la population sédentaire des villes et des campagnes de l'Asie Mineure, il ne pouvait d'ailleurs presque pas y avoir de commerce, dans ces âges reculés; la différence des habitudes et des besoins était trop grande pour que, d'une région à l'autre, il y eût un mouvement d'échanges capable de produire des effets utiles. On ne voit pas sur quel fil aurait couru, jusqu'au delà du Taurus, l'étincelle de vie, d'où et comment elle serait venue, en Cappadoce, éveiller les esprits et les provoquer à ces efforts d'où naît la civilisation. Dans le Naharana, les conditions étaient autrement favorables; par la Cœlé-syrie, on touchait à l'Egypte ou du moins aux possessions égyptiennes et, par la batellerie de l'Euphrate, on était en relations avec la Chaldée. De quelque côté qu'ils sortissent de leur territoire, pour trafiquer ou pour piller, les Hétéens apercevaient des inscriptions et des sculptures, des forteresses, des palais el des temples. Quand il envahit le pays des Khiti, Ramsès, dans une de ses campagnes, y trouva une de ses statues; elle avait été enlevée par l'ennemi au cours de l'une des incursions qu'il avait faites dans la Syrie méridionale 1. Le commerce, en même temps, leur apportait à domicile les produits d'industries déjà très savantes, des étoffes et des vases de terre ou de métal, des cachets et des bijoux, des armes et des instruments de tout genre. Ainsi encadrés, stimulés et piqués au jeu par ces exemples, aidés de tous ces secours, les Hétéens, une fois qu'ils se sentirent les maîtres incontestés d'un pays spacieux, fertile et bien arrosé, eurent certainement hftte de travailler à se donner tout cet appareil de la vie policée dont le prix se révélait à eux par une facile comparaison. Sans doute ils ne parviendraient pas à égaler leurs voisins, ces peuples adultes chez lesquels la civilisation avait déjà tout un long et riche passé ; mais ils devaient arriver, mais ils sont arrivés à s'assurer le nécessaire, à s'organiser et à s'outiller de manière que les plus puissantes monarchies du monde oriental eussent à compter avec ces parvenus.
Ce serait donc sur TOronle et non sur l'Halys que se serait aggloméré le premier noyau de la nation hétéenne, que celle-ci aurait inventé son écriture, adopté son costume national, créé sa tactique militaire. Lorsqu'elle se sentit ainsi armée pour l'action, elle éprouva bientôt cette espèce d'inquiétude, ce besoin de se répandre au dehors, ces
1. Maspero, Histoire ancienne des peuples de VOrient, 4° édition, p. 224.
fl ?2
appétits de conquête qui, à une certaine heure de leur développement, s'emparent de tous les peuples jeunes et les poussent en avant, au delà des mers ou des montagnes qui bornent leur horizon. Vers Test et vers le sud, le chemin était barré; on se jeta à l'ouest; on escalada ou on tourna le Taurus, on découvrit, on envahit, on parcourut l'Asie Mineure ; on en soumit sans peine les tribus principales, celles du moins qui vivaient dans la partie découverte de la péninsule, tout ce qui ne se cacha point dans les épaisses, dans les impénétrables fo êts de la chaîne des Olympes. Quand ils franchirent les monts, les Khiti avaient sur toutes ces peuplades un avantage qui mettait toutes les chances de leur côté ; ils possédaient, ils savaient travailler les métaux. L'un des groupes qui ont formé la nation hétéenne avait-il apporté cette industrie des hautes vallées de l'Euphrate et de l'Halys, de ce pays des Chalybes où la tradition antique plaçait un des berceaux de la métallurgie? Est-ce en Syrie, au moment où il opérait son mouvement de concentration, que le nouveau peuple apprit ce métier, à l'école des Chaldéens et des Égyptiens? On l'ignore ; mais il est certain que le métal abondait chez les Hétéens et qu'ils en firent de très bonne heure une grande consommation. C'est ce que suffit à prouver leur écriture, comme on Ta très ingénieusement remarqué1. Les peuples qui ont d'abord écrit sur l'argile, comme les Chaldéens, ou, comme d'autres, sur la pierre et sur le bois, gravent leurs lettres en creux ; sur le métal au contraire, la manière la plus simple et la plus rapide de dessiner les signes, c'est de les faire saillir, avec le marteau et le ciselet, par de petits coups donnés sur l'envers d'une plaque très mince. Les Hétéens ont d'abord écrit au repoussé; puis, accoutumés à ces caractères en relief, ils en ont conservé l'habitude quand ils se sont attaqués à la pierre. L'histoire et les monuments figurés confirment cette conjecture. L'argent était commun chez les Hétéens ; ils le trouvaient dans ces mines qui, sous le nom de Gumuch-maden, sont encore exploitées en Lycaonie et dans le nord de la Cappadoce*. C'est sur une plaque de ce métal qu'était écrit, en caractères hétéens, l'exemplaire du traité qui fut présenté à Ramsès par les ambassadeurs de Khitisar. Lh bosse de Tarkudimme (fig. 262), où se lit le nom d'un prince hétéen, est faite du même métal. A plus forte