‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 426 sur 440 · Homère, Iliade, Vf · texte numérisé non relu

Homère, Iliade, Vf

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ment pas question d'un signe convenu j d'une sorte de tesôère sur le vu de laquelle le roi de Lycie aurait su tout d'abord ce qu'il avait à faire. 11 est difficile d'admettre que Prœtos eût prévu le cas d'un homme qu'il enverrait à son beau-père pour que celui-ci le tuât. Dans cette hypothèse, pas n'eût été besoin ni d'une tablette fermée et scellée, ni de « beaucoup de traits meurtriers », Oupçôopa noXkoi. Pour que le poète et ses auditeurs admissent que l'on pouvait donner ainsi par lettre une pareille commission, il fallait que, sans savoir écrire, ils eussent vu de l'écriture ; or quelle est la seule écriture dont les monuments aient dû souvent frapper leurs regards, dans la contrée qu'ils habitaient ef dont beaucoup n'étaient jamais sortis? N'est-ce pas celle de ces anciens conquérants, qui avaient laissé leurs noms et ceux de leurs dieux gravés sur les rocs en assez d'endroits pour qu'aujourd'hui, après tant de siècles, nous retrouvions encore lisibles nombre de ces inscriptions? Ces mêmes signes, les Ioniens ne les apercevaient-ils pas aussi sur maints objets que leur apportait le commerce qu'ils entretenaient avec les peuples des hautes terres, sur des cylindres en hématite qui servaient de cachet aux chefs des tribus de l'intérieur, sur ces sceaux en argile cuite apposés aux ballots de marchandises qu'apportaient les caravanes, sur des plaques de métal semblables à celle qui porte le nom de Tarkudimme, sur des vases comme celui que l'on a recueilli récemment à Babylone et qui est tout couvert de caractères hétéens ' ? Depuis que l'on s'est appliqué, dans ces dernières années, à chercher ces objets en Asie Mineure, on les y a ramassés en assez grand nombre, et ils devaient y être très communs au temps des aèdes dont l'œuvre poétique vint s'achever et se résumer dans Y Iliade et l'Odyssée. En examinant d'un œil curieux tous ces signes, ces figures d'hommes, d'animaux et de choses diverses, on comprenait que ces images avaient un sens pour qui possédait la clé de ce langage mystérieux, et c'est ainsi que le poète n'étonnait personne quand il mettait Prœtos en correspondance avec le roi de Lycie *.

L'attention était ainsi appelée sur ce moyen de communication, sur cette représentation de la pensée par des signes conventionnels. Le moment n'était pas loin où, dans cette société intelligente et avide de progrès, on voudrait s'approprier l'usage d'un aussi précieux instru-

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