‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 427 sur 440 · Wright, The Empire, pi. xxv · texte numérisé non relu

Wright, The Empire, pi. xxv

2. 11 semble que les commentateurs anciens aient deviné de quelle nature pouvaient être les signes dessinés par Prœtos sur la tablette; c'étaient, disait Aristarque, des «VoojÀa, des images, non des Ypa;xjxata, des lettres.

meot. Où commença-t-oii d'appliquer au grec les lettres de l'alphabet phénicien? Nous n'arriverons probablement jamais à le savoir ; mais ce qui est certain, c'est qu'avant cette tentative il en avait été déjà fait une autre, celle dont témoignent les inscriptions en caractères cypriotes. L'alphabet syllabique de Cypre est plus ancien que l'alphabet dit cadméen, qui pousse bien plus loin l'analyse du son articulé, qui rend bien mieux toutes les nuances de la prononciation. Si l'alphabet cadméen était venu le premier, on s'y serait tenu toujours et partout, on n aurait pas essayé d'un autre système. L'esprit de l'homme ne passe pas du simple au composé, d'une notation commode et presque parfaite à une notation très gauche, qui multiplie les lettres sans réussir à en avoir pour tous les sons distincts de l'idiome parlé. On ne peut donc guère contester aux Hétéens l'honneur singulier d'avoir été les inventeurs du système de signes d'où a été tiré le premier alphabet qui ait servi à mettre par écrit les mots de la langue d'Homère et d'Eschyle, d'Hérodote et de Thucydide, de Platon et d'Aristote; ce titre, à lui seul, leur méritait de ne pas tomber dans l'oubli profond auquel on essaie d'arracher aujourd'hui leur mémoire.

P. 128, 1. 3 de la note, au lieu de : 1866, lisez : 1886.

P. 131, 1. 2 de la note 1, au lieu de : Hitsig, lisez : Hitzig.

P. 338, 1. 5 el 6. La conjecture que nous énonçons là est due à M. Glermont- (janneau (The veil ofthe temple of Jérusalem at Olympia, dans les Quarterly statements du Palestine exploration fund, avril 1878, pp. 79-81). Il y est arrivé en rapprochant très ingénieusement plusieurs textes anciens (I Machabées, i, 23-24, Josèpiie, Antiquités judaïques y XII, v, 2; Pausanias, V, xu, 2).

P. 363, n. 2. Aux articles qui sont cités à l'appui de l'hypothèse que nous exposons sur remplacement probable des tombes royales de David et de ses successeurs, ajouter ceux-ci, qui ne sont venus à notre connaissance que quand ces pages étaient déjà rédigées : Notes by Rd \V. F. Birch, dans les Quarterly statements de 1886, pp. 26-34, 151-154. Jusqu'aux derniers jours de sa vie, Birch n'a pas cessé de s'intéresser à cette question et il en a discuté les données avec beaucoup de pénétration.

P. 388,1. 27, au lieu de : les clients de Ghaldée, lisez : les clients delà Chaldée.

P. 419, n. 3 : ajouter aux articles visés : Scuick, The aqueducts at Siloam, avec carte (Quarterly statements, 1886, pp. 88-91).

P. 459 et fig. 250. Dans le tome XXXV des Mémoires de la Société des antiquaires de Finance, de Saulcy a publié un essai intitulé : Note sur des projectiles à main, creux et en terre cuite, de fabrication arabe. Il y signale Terreur qu'a commise M. Greville J. Ghester en attribuant, dans la Aecovery, une origine antique et égyptienne à ces petits vases de terre noire et en forme de pomme de pin. De Saulcy avait eu à sa disposition un certain nombre de ces vases trouvés à Tripoli, de Syrie ; il les avait examinés avec soin, et l'un d'entre eux lui avait laissé voir, appliqué quatre fois sur la panse, un timbre rond contenant une légende arabe dont le sens ne présente aucune incertitude. On lit, du premier coup d'œil : Bi Hama, « à Huma », c'est-à-dire « fabriqué à Hama ». On est donc parfaitement fixé sur l'origine arabe de ces vases singuliers et on voit qu'ils ne peuvent pas remonter plus haut que le moyen âge. De Saulcy fait un pas de plus. En étudiant et rapprochant différents textes de cette époque, il arrive à rendre très vraisemblable l'interprétation qu'il propose : ces capsules coniques auraient été des espèces de grenades, destinées au lancement du feu grégeois, et, quant à ce mercure dont la présence a été révélée par l'analyse chimique faite en Angleterre, qui sait, dit-il, si elle n'est pas due à l'emploi d'un vrai fulminate de mercure que le temps aurait décomposé, en mettant à nu le métal qui en était la base?

P. 503-504. M. Ary Renan, qui a visita on 188H la Syrie septentrionale, me donne des détails qui tendent à confirmer l'hypothèse de Conder sur le site de Gadech. L'ilot où Robinson cherchait Cadech est d'une extrême petitesse; loin d'avoir pu porter une ville tout entière, il n'offrirait même pas assez de place pour une forteresse de quelque importance; à peine y aurait-on pu mettre une tour, et il n'y a d'ailleurs pas, sur son étroite surface, le moindre amas de débris. Le Tellnêbi-mendeh paraît répondre bien mieux à la situation d'une ancienne ville forte. 11 s'élève à une soixantaine de mètres au-dessus du niveau de la plaine, et la base est assez large pour que tout un village se soit bâti sur ses pentes. Il était d'ailleurs facile de l'entourer d'eau; en effet, il est compris dans un angle que forment l'Oronte et un ruisseau affluent de la rive droite du fleuve; aujourd'hui même, cette colline est entourée de marécages, et il suffisait d'un barrage pour changer en un lac toute la campagne aux alentours du tertre. C'est ainsi qu'a été créé, un peu plus bas, le lac de Homs, dont les eaux n'ont qu'une très faibli» profondeur. 11 se pourrait que la digue qui les maintient n'eût môme pas l'antiquité que lui assigne la tradition locale. Après avoir énuméré les mers et le* lacs de la Palestine, l'auteur d'un des traités compris dans le Talmud s'exprime ainsi : « Mais pourquoi ne compte-t-on pas la mer de Haines? Parce que l'empereur Dioclétien Ta formée par la réunion de différents fleuves. » (Xeltbauer, Géographie du Talmud, p. 21.)

Cadech, tout en perdant le nom sous lequel l'avaient connue les contemporains de Ramsès, n'a jamais cessé d'exister; peut-être a-t-elle été remplacée, sous les successeurs d'Alexandre, par la Laodicée du Liban (Polybe, V, xlv, 7-10). Des fouilles faites au TM-nébi-mmdr.h trancheraient la question. Il y a sur l'Oronte, en face de ce tertre, un pont dont le pauvre village actuel ne suffit pas à expliquer la présence.

P. 508. Brugsch lit Mauna (iMœonia) le nom que Rougé avait ranscrit Iliouna. Cette correction ne changerait d'ailleurs rien au caractère de la confédération à la tète de laquelle sont placés les Khiti. Il faudrait seulement y remplacer les ancêtres des Troyens par ceux des Lydiens.

P. 517, iig. 262. La plus récente étude qui ait été consacrée à la plaque de Tarkudimine est de M. A. Amiaud, sous ce titre : Simple coup d'œil sur la bulle de lovanoff et sur 1rs inscriptions ftétrennes (dans la Zeitsrhrift fur Assyriologie de Munich, 188H). M. Amiaud n'a aucun doute sur l'authenticité du monument et répète qu'il ne saurait y en avoir. Il commence par établir que, d'après le caractère de récriture, le monument est plus ancien que ne Ta cru M. Sayce et pourrait remonter jusqu'au onzième siècle avant notre ère ; il élève des doutes sur la lecture d'un ou deux des signes cunéiformes et réclame un nouvel examen du moulage. Venant ensuite à l'étude des caractères hétéens, il critique les valeurs qu'a proposé de leur assigner M. Sayce, et il émet lui-même quelques conjectures à ce sujet ; enfin il termine en se demandant s'il n'y aurait pas lieu d'établir une comparaison entre les signes de l'alphabet phénicien et ceux des inscriptions hétéennes, si les Phéniciens, comme on l'a dit pour les Cypriotes, n'auraient pas tiré leurs lettres, avec le nom qu'elles portaient, des hiéroglyphes hétéens. Cette recherche, dont l'intérêt a déjà été signalé par Ed. Meyer, dans sa Geschiehte des Altertkums (t. I, p. 238), mériterait de tenter un critique. La théorie de l'origine égyptienne de l'alphabet phénicien, malgré le succès qu'elle a obtenu, n'est peutêtre pas encore au-dessus de toute contestation. Une difficulté subsiste : la signification des noms des lettres phéniciennes, très claire dans un grand nombre de

cas, ne présente aucun rapport avec le sens des hiéroglyphes auxquels on a voulu faire remonter ces lettres par l'intermédiaire de l'hiératique. Et par ce qu'elle contient et par ce qu'elle suggère, cette dissertation de 15 pages mérite donc d'attirer l'attention.

P. 530, n. 2. Les deux lions que nous avons indiqués comme voisins iïAlbi&tan se trouvent, pour parler avec plus de précision, à six heures environ au nord de4 cette ville, dans le lieu appelé Arslan-tachi.

P. 531, n. 1. Voici les ligures, empruntées au Graphie, que nous annoncions. Les deux dessins principaux (fig. 390 et 391) représentent la fouille telle que l'a vue M. Boscawen. Au plus profond de la tranchée, c'est-à-dire dans la partie de l'excavation qui est la plus éloignée de l'entrée, deux plaques tronquées, débris d'une scène d'adoration ; le bas des deux figures est brisé ; mais il en reste assez pour qu'on en saisisse bien le caractère. Nous avons déjà décrit la déesse ; quant à la prétresse, elle a le voile sur la tète et sur les épaules ; la draperie qui enveloppe son corps ne laisse à nu que l'avant-bras et tombait certainement jusqu'aux pieds; mais ce qu'il y a de plus curieux dans son costume, c'est sa ceinture, qui parait formée de deux cordes nouées par derrière. On reconnaît là la ceinture sacrée, dont parle la lettre attribuée à Jérémie, à la fin de la prophétie de Baruch :

« Les femmes, ayant le corps entouré d'une corde, sont assises sur les chemins1. »

Un peu plus loin, dans la tranchée, on voit trois autres figures qui marchent; là c'est au contraire le bas des corps qui est intact et la partie supérieure qui est détruite. Le personnage du milieu a le vêtement long, qui ne laisse voir que les pieds; les deux autres portent la tunique courte, terminée en bas par une frange. Une torsade forme le cadre inférieur du bas-relief.

Avec ces figures sous les yeux, on ne saurait conserver le moindre doute sur l'origine hétéenne du palais de (iargamich et des bas-reliefs qui le décorent; ci* n'est pas là l'ouvrage d'un roi ni d'un satrape assyrien; tout cela fut bâti et^ sculpté avant que Sargon mit fin à l'indépendance nationale. A coté de la prétresse, dans le champ, il y a une inscription en caractères hétéens : nous n'aurions pas cette preuve épigraphique, que l'aspect seul des images suffirait à nous instruire. L'ensemble de la décoration représentait, comme à lasili-kaïa et à Euiuk, une pompe religieuse. Ce que l'on voit du vêtement de la prétresse rappelle les stèles de Marach (fig. 280-281); c'est, sinon la même forme de tiare, du moins le môme arrangement de la draperie, disposée de manière à couvrir la tête et à envelopper le cou, à la manière du fércdjt* des femmes turques. Même observation pour les figures viriles. Le manteau de celle du milieu fait songer à ce que, dans les bas-reliefs de la Ptérie, nous avons appelé la chasuble (fig. 314 et 328). Les deux autres personnages ont cette tunique courte qui, en Ptérie aussi bien qu'en Phrygie et en Lydie, est comme l'uniforme du guerrier hétéen. Enfin, détail encore plus caractéristique s'il est possible, les pieds sont chaussés de la bottine à pointe recourbée.

Ces bas-reliefs, on le voit, présentaient un très vif intérêt. 11 est tout à fait regrettable qu'ils aient été abandonnés dans la fouille et que nous les connaissions seulement par une description et par des croquis très sommaires. On ne peut guère, avec ceux-ci, juger de l'exécution; il semble pourtant que ces basreliefs appartiennent à la même catégorie que ceux de Saktché-ghruk-soii (iig. 279j,

i. Baruch, VI, 42.

ADDITIOxNS ET CORRECTIONS.

qu'ils soient de ceux où l'on constate le mieux l'influence que l'art assyrien aurait exercée sur la sculpture chez ce peuple destiné à être bientôt conquis et absorbé par les Assyriens; ils appartiendraient aux derniers temps de la vie indépendante des Hétéens.

Les autres croquis ont moins d'intérêt. Un premier dessin (iig. 392) donne une vue, prise du nord-ouest, du tell de Djerablus, au bas duque Ion aperçoit quelques

:W0. — Bas-reliefs trouvés à Djerablus. Graphie, n° du U décembre 1880.

maisons. Étant donnée la différence des procédés graphiques, ce haut tertre, dont le pied baigne dans l'eau, rappelle la vue de Gargamich que le sculpteur assyrien offre à plusieurs reprises dans la représentation des campagnes de Salmanasar III, sur une des plaques de bronze de Balawal (The bronze ornaments of the gâtes nf Balawat, plaque E, 3). Le plan de la ville (lig. 393) est bien sommaire ; on y saisit pourtant certains traits qui ont leur importance. Le tertre qui portait les palais et les temples, ici comme à Babylone et dans les cités riveraines du Tigre, se dressait au bord môme du fleuve; celui-ci réfléchissait les édifices bâtis sur cette colline artificielle et faisait monter sa fraîcheur jusqu'aux habitants de ces demeures. Un mur, qui vient aboutir à l'Euphrate, entourait, des deux cotés

de ce tertre, un assez vaste espace ; il y a encore sur le sol la trace des larges fossés où l'on avait versé les eaux du fleuve. Le plan de la fouille principale (tig. 394) n'est pas très clair; il semble pourtant que l'on distingue, à droite, trois chambres, et, au milieu, le long corridor dont parle la description.

P. 535, n. 3. Voici encore quelques indications recueillies par la Wolfe expédition to Asia Minor, que j'emprunte aux lettres de M. Sterretl. A deux heures

391. — Bas-reliefs trouvés à Djerablus. Graphie, n° du il décembre 1880.

environ au nord de Y Arslan-tacki de la Gataonië, sur la route de Dcrende, la mission photographia un lion en basalte noir, d'aspect très antique. A Isgin, village qui est à une heure et demie vers l'ouest (ÏAlbistan, le Révérend Henry Warden, missionnaire américain à Marach, a trouvé et copié une inscription hétéenne qui couvrait les quatre côtés dune stèle quadrangulaire. Une exploration méthodique die l'ancienne Cataonie donnerait certainement des résultats importants ; elle permettrait de beaucoup ajouter au recueil des inscriptions et des sculptures hétéennes.

P. 537. Le caractère de la construction du Deunuk-tach est assez bien indiqué dans une des planches de l'ouvrage inachevé et d'un usage si incommode dont M. Tréma ux avait commencé la publication sous ce titre : Exploration archéolot. iv. 102

gique en Asie Minew* (in-P», Hachette, sans date). C'est dans la planche qui est numérotée : Tarse y 3.

P. 576. Les trois dernières lignes sont une note qui, par erreur, s'est ajoutée au texte.

P. 733. M. Radet, membre de l'École française d'Athènes, a visité le monument d'Eflatoun-bounar au printemps de 1885; il le décrit dans le mémoire intitulé Voyage en Karamanie qui a été soumis à l'Académie des Inscriptions en 1886 (p. 54-58 du manuscrit). Ses observations conûrment celles de M. Ranisay. Il donne à peu près les mêmes dimensions, mais il est le seul à remarquer que la façade a une forme légèrement pyramidale; elle aurait 7 mètres à la base, et 6", 80 au sommet. Quant aux figures colossales des deux piliers, il n'y voit pas non plus ces bras levés, avec le mouvement de ceux des cariatides, que donne notre dessin ; lui aussi, il croit à un couple divin, la ligure de droite lui parait celle d'une divinité féminine, « dont la tète est appuyée contre une sorte de disque qui déborde

Page 1