‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 106 sur 349 · Aiguière provenant d'Athènes.Hauteur · texte numérisé non relu

Aiguière provenant d'Athènes.Hauteur

Musée de Copenhague, ArchseoL Zeitung, 1885, pi. VIII, 1«.

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Si, dans ce vase, le tableau principal est intéressant par la complication de la scène qu'il retrace, les parties accessoires du décor

n'offrent pas des détails moins curieux.

Autour du col, il y a un homme entre deux chevaux qu'il tient par un licol ; ici l'exécution est plus soignée que là où ce groupe est seul à rompre la monotonie du décor géométrique (fig. 48). L'homme a le poignard à la ceinture et, sur la tête, un casque dont l'aigrette relombe par derrière. Sur l'épaule, un motif que nous retrouverons souvent, chez les céramistes de l'âge archaïque' : c'est la chasse donnée à un lièvre par des chiens de course (fig. 64).

Un autre thème favori des peintres du Dipylon, c'est la représentation d'un chœur de danse (fig. 59). On le retrouve, mais avec de curieux développements, sur un vase, de provenance athénienne, dans lequel la forme même de la pièce et la hardiesse du galbe des anses permettent de reconnaître un des produits les plus récents de cette fabrique (fig. 65). Le décor est divisé en deux registres. Dans le registre supérieur, il n'y a, séparés par des quatre-feuilles, que des animaux^ oiseaux aquatiques, cerfs et

6i. — Décor de l'épaule. Archasol. Zeitung, 1885, pi. VIII, l^

<;5. ihidenu pi. VIII. Hauteur, 0«,13.

vases du Dipylon, voir aussi Cartault, De quelques représentations de navires empruntées à des vases primitifs provenant d'Athènes {Monuments grecs publiés par V Association pour r encouragement des études grecques, \SS2-i%Hiy p. 33-57, pi. IV); Pkrmce, Ueber die Schi/fsbilder auf den Dipylonvasen {Athen, Mitth,, i892, p. 285-306). Cecil Torr, Les navires sur les vases du Dipylon {Revue archéologique, 1894*, p. 14-27). Le prochain volume des Mémoires de V Académie des Inscriptions contiendra une étude que W. Helbig a consacrée au même sujet, sous ce titre : Les navires sur les vases du Dipylon et les naucraries. 1. Arch, Zeitung, 1881, p. 33 et suivantes; 1883, p. 155, 161.

biches, dont les attitudes présentent une variété et une souplesse que Ton n'est pas habitué à rencontrer sur ces poteries. Le registre inférieur forme un tableau que les anses coupent en deux ( parties. Dans une des moitiés de la batide, il n'y a que des hommes, tous nus; les parties sexuelles sont indiquées. Deux de ces personnages, tenant chacun en main deux lances et couverts du grand boucher, paraissent exécuter une danse gue rière, analogue à la pyrrhique (fi Dans un autre couple, on devine des pugihstes qui s'apprêtent à se frapper.

Un musicien, qui tourne le dos à ces athlètes, fait résonner une lyre à quatre cordes; il règle ainsi les mouvements de trois danseurs. L'un d'eux a bondi en l'air, très haut audessus du sol; c'est le xuêiiTTix-zip ou sauteur dont il est question chez Homère. Les deux autres n'ont pas quitté terre ; tout le poids de leur corps pèse sur le pied droit. Dans l'autre portion du registre, deux hommes qui laissent pendre, entre eux, une longue guirlande de feuillage; puis un combat singulier, qui doit être un combat fictif, une des figures de la pyrrhique, entre deux guerriers armés d'une longue épée. Plus loin, un second joueur de lyre, et deux hydrophores, sans doute deux femmes, qui portent une cruche sur la tête ; dan leurs mains, la guirlande. L'instrument marque la cadence de leurs pas, et elles marchent ainsi, en procession, vers le sanctuaire où elles répandront l'eau lus* traie. Enfin, dans cette partie du tableau, il y a un motif singulier, qui^ vu à celle

place, ne laisse pas de surprendre ; c'est, près du joueur de lyre, deux animaux affrontés, où Ton devine des lions, qui dévorent un homme ceint du glaive. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce détail.

Ce bizarre caprice du peintre ne dérobe pas au spectateur le sens général du tableau ; celui-ci représente quelque panégyii£ locale, une des fêtes religieuses de TAtlique, telle qu'elle se célébrait alors soit à Athènes, soit dans l'un des dèmes voisins. Les jeux gymniques étaient compris dans le programme de la solennité. On trouvait plaisir à figurer

67. — Fragment de vase funéraire. Louvre. Pottier, Catalogue, A, 519.

ces combats. Un couple de pugilistes orne le col d'une cruche qui paraît être sorlie des mêmes ateliers que les vases du Dipylon*.

Enfin un fragment de grand vase funéraire offre, dans un de ses registres, la représentation d'une bataille, avec des blessés, des cadavres entassés ou jonchant le sol (fig. 67). On remarquera la diversité des armes, les casques au long cimier, les boucliers dont les uns sont rectangulaires et les autres ovales avec de profondes échancrures, l'arc en bois contourné. Dans le registre inférieur, un défilé de guerriers en marche.

Nous croyons avoir dressé une liste à peu près complète des thèmes qui ont constitué le répertoire du peintre céramiste, à partir du moment

1. Gazette archéologique, 1888, p. 180 et pi. XXV. Louvre, salle A, 568.

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