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Vase de Ghiusi. Terre cuite. Conestabile, pi. V

rien qui évoque la pensée de la vie; il n'y en a qu'une où apparaisse

l'image de l'homme, et elle s'y dissimule si bien parmi les fioritures du décor linéaire, qu'elle ne modifie pas l'aspect général de l'ensemble (fîg. 77). Le dehors de cette écuelle est tout couvert d'ornements qui sont disposés par zones concentriques, mais sans que celles-ci soient limitées par des cercles tracés à la pointe. Voici, rangés à la file, les oiseaux aquatiques, tant de fois rencontrés; mais, plus près du bord, c'est la figure humaine, imitée d'une manière toute schématique, que l'on

croit reconnaître dans de petites poupées qui toutes ont la tête tournée vers le centre. Eu égard aux dimensions réelles, cette figure a été plus réduite que celle de l'oiseau et la forme en a été plus altérée; il semble cependant que l'on ait là un chœur de danse, analogue à celui qui s'est offert à nous sur les vases du Dipylon (fig. 59). Comme ceux-ci, l'écuelle de Villanova daterait du temps où le style géométrique tend à fléchir la rigueur de son parti pris.

Nous pourrions multiplier ces exemples; mais ceux que nous avons choisis suffisent à justifier le rapprochement. Ce qu'ils démontrent, c'est qu'il y a eu un temps pendant lequel, en Italie, chez des populations qui paraissent n'avoir entretenu que bien peu de relations avec

"0. — Vase de Ghiusi . Terre cuite.

Gonestabile, pi. V, 3.

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le dehors, l'ouvrier a constamment appliqué un système d'ornementation qui ne dififère pas sensiblement de celui que nous avons étudié dans les monuments de Tune des périodes du développement de la céramique grecque. De part et d'autre, le principe est le même; ce sont les mêmes éléments que groupe de la même façon le dessinateur. Comme les vases des îles ou d'Athènes auxquels nous les comparons, les poteries et les bronzes que livrent les plus anciennes nécropoles de rOmbrie et de l'Étrurie ne sont pas datés; point d'inscriptions, pas plus ici, sur les rivages de l'Adriatique et de la mer de Toscane que sur ceux de la mer Egée. Cependant, par toute une suite de remarques et d'inductions, les érudits qui ont travaillé à restituer l'histoire de l'Italie primitive sont arrivés à une chronologie approximative; ce serait, selon eux, entre le commencement du X® et la fin du VIII® siècle qu'aurait fleuri la civilisation encore rudimentaire, mais déjà très éloignée de la barbarie, dont les reliques ont été conservées par les nécropoles auxquelles nous avons fait quelques emprunts. Or nos recherches nous conduisent, pour la Grèce, à un résultat tout semblable : c'est pendant le cours de ces trois mêmes siècles que le style géométrique aurait succédé au style mycénien et qu'il aurait accompli l'évolution jusqu'au terme de laquelle nous l'avons suivi.

Nous savons que les Doriens et les autres bandes guerrières dont l'intervention a si profondément modifié l'état de la Grèce sont descendus des montagnes de la Macédoine. D'autre part, en Italie, on croit suivre à la trace, depuis le pied des Alpes Rhétiques jusqu'au centre de la péninsule, les tribus qui ont peuplé l'Italie et qui, sous des noms divers, ont fini par y jouer les premiers rôles.

Mis en regard les uns des autres, ces faits ont suggéré une conjecture très vraisemblable : nous aurions à chercher au nord des Balkans et des Alpes les origines et la patrie première du style géométrique. Ce système de décoration, les pères des Doriens, des

71. — Écuelle de Villanova. Musée de Bologne. Conestabile, pi. III, 2.

Ombriens, des Sabelliens et des Étrusques Fauraient pratiqué dans ces vastes régions de l'Europe centrale qu'ils habitèrent côte à côte avant de franchir la barrière des hautes chaînes qui bordent le plateau et de se répandre dans le bassin de la Méditerranée ; ils l'auraient, si l'on peut ainsi parler, emporté avec eux dans leurs bagages. S'il en est ainsi, rien de plus naturel que les ressemblances qui nous ont frappé. Qu'ils se fussent dirigés vers le sud-est ou vers le sud-ouest, ces émigranls n'avaient pas eu le temps de perdre en voyage les habitudes et les goûls qu'ils avaient contractés au cours d'un lent et laborieux apprentissage.

Toute séduisante qu'elle soit, cette hypothèse tomberait d'elle-même s'il se trouvait que, dans la région même où nous inclinons à chercher le berceau du style géométrique, il n'en subsistât point de monuments. Est-ce là le cas? La réponse à cette question nous sera fournie par les monuments de Tàge du bronze ou du premier âge du fer qui, de la Hongrie à la France, du Tyrol à la Scandinavie, ont été retirés des sépultures de peuplades que la civilisation gréco-latine n a guère atteintes avant le commencement de notre ère.

Pour faire porter la comparaison sur des objets qui aient une forme pareille et une destination analogue, voici deux disques de bronze qui proviennent l'un de l'Autriche (fig. 78) et l'autre de la Suède (fig. 79). Dans tous les deux, la disposition générale est identique à celle des plaques d'Alba Fucensis. Mêmes bossettes qui ressortent sur un décor exécuté au burin. Les motifs sont ceux que nous avons eu déjà l'occasion de relever, le méandre, mais incomplet et comme à l'état d'ébauche, les triangles ouverts par la base, servant à composer le motif central, ou bien, plus réduits, remplissant toute une bande des

18. — Fragment d'un disque de bronze. Musée de Vienne. Coneslabiie, pi. VI, 1.

dentelures de leurs pointes, les anneaux formés par des cercles de

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