Disque de bronze. Suède. Conestabile, pi. VI
faible diamètre, avec point au milieu, les faisceaux de barres parallèles, etc. (fig. 78). Dans le disque de Vienne, rien qui rappelle la vie ; mais
80. — Ceinturon de bronze. Musée de Vienne. Von Sacken, pi. X, iig. 6.
c'est une file d'oiseaux de marais qui, avec quelques boutons repoussés au marteau, fait la seule parure du disque de Stockholm (fig. 79). En Grèce, le peintre aime à relier entre eux, par des courbes lan-
gentielles, ces ronds, souvent piqués d'un point au centre, qu'il sème sur la panse et sur le col de ses vases (fig. 38, 39). Ce motif, nous ne l'avons pas rencontré dans les monuments de provenance italienne; mais on le voit reparaître sur les ceinturons de bronze qui ont été extraits des tombes du célèbre cimetière de Hallstadt, dans le pays de Salzbourg, en Autriche (fig. 80)*. C'est surtout un des orne-
81. — Plaque de ceinture en bronze. Scanie. Grandeur réelle. Montelius, fig. 93.
ments que préfère l'ouvrier qui a façonné les plaques de ceinture, du même métal, que Ton recueille en Danemarlv et en Suède (fig. 81)-. Les enroulements auxquels se complaît cet artisan rappellent ceux de la spirale mycénienne.
i, Vox Sagken, Dos Grabfeld von Hallstatt in Oberœsterreich und ddssen AUcrthuemer, mil XXVI Tafeln, in-4. Vienne, 1868. Voir, outre l'exemple cité, pi. IX, les figures 6, 7, 8 et dans la planche X, la figure 4.
2. 0. MoxTELius, Les temps préhistoriques en Suède et dans les autres pays scandinave\ ouvrage traduit par S. Reixach, avec une carte, 20 planches contenant 120 figures et 429 figures dans le texte, in-8, Ernest Leroux, 1895. Voir, outre l'objet reproduit cicontre, pi. VIH, fig. 0, 9, 10, et, dans le texte, les figures 65 et 67.
On se souvient que les potiers du Dipylon aiment à placer sur le couvercle de leurs vases des chevaux ou des oiseaux modelés en ronde-bosse (fig. 68). Des exemples de celte disposition se rencontrent aussi dans l'Europe centrale*. Voici un seau de bronze de la Carinthie où des images de chevaux ornent le bord du récipient (fig. 82).
L'étude des pièces qui composent ces séries laisse donc une impression très nette : le principe du décor y est le même qu'en Grèce et en Italie ; les mêmes éléments y sont groupés dans le même esprit.
Il semble impossible que Ton n'ait pas été frappé des ressemblances; on a dû noter aussi les différences. Parmi les monuments qui ont été présentés comme échantillons du décor linéaire de l'Italie, de l'Europe centrale et septentrionale, il n'en est pas un où ce décor ait la même tenue et la même cohésion que dans les vases grecs de même sorte. De part et d'autre, les éléments sont les mêmes ; mais les ensembles n'ont pas le même aspect, la même physionomie.
L'hypothèse que nous avons présentée rend raison de cette différence. Les motifs que nous avons énumérés auraient constitué, au cours de la période qui précède la dispersion, le répertoire du rustique ornemaniste, chez tous les demi-barbares qui habitaientla vallée du
Danube. Celles de ces peuplades qui ne franchirent ni les Balkans ni les Alpes restèrent, pendant de longs siècles, à peu près au point où elles en étaient lors de la séparation ; mais il en fut tout autrement des groupes que leur élan porta jusqu'aux rivages de la mer Egée. Là, les immigrants trouvaient établies les pratiques d'une industrie et d'un art déjà bien plus avancé, dont ils rencontraient partout les monuments, sous la forme soit d'édifices richement décorés, soit d'ouvrages delà sculpture, de l'orfèvrerie et de la céramique conservés dans les tré-