‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 130 sur 349 · Odyssée, XIX, 226-231. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Odyssée, XIX, 226-231. Voir plus haut, p

plus d'une fois, dans les monuments mycéniens; nous y avons vu un lion, un sphinx ou un griffon qui étrangle un cervidé*.

Un des ouvrages que le poète décrit avec le plus de complaisance, c'est la cuirasse d'Agamemnon *. Elle a été donnée par Kinyras, roi deCypre; on est donc tenté d'y voir un produit de l'industrie phénicienne. Nous n'avons d'ailleurs pas trouvé à Mycènes les serpents qui se dressaient sur chacune des deux plaques dont la réunion^ opérée au moyen de lanières, protégeait le buste du guerrier; c'est dans la céramique du Dipylon que, sur plusieurs vases, nous avons rencontré un motif de ce genre (fig.69,89). En revanche, dans la cuirasse, le mode d'exécution du décor rappelle les procédés de l'ouvrier mycénien. La technique est celle même que nous avons étudiée dans les célèbres poignards qui sont sortis des tombes de l'Acropole à Mycènes ^ Ici et là, un métal blanc, le cassiteros, l'or et le kyanos ou bleu de cuivre, appliqués sur une plaque de bronze, formaient une sorte de mosaïque. Les serpents étaient en kyanos: or nous savons, par la frise du palais de Tirynthe, quel rôle important jouait, dans l'ornementation, cette matière, que le commerce tirait de l'Egypte et surtout de Cypre^.Avec cet émail bleu, on paraît avoir aussi employé un émail blanc, que l'on appelait /tVano^; dans sa description du bouclier d'Hercule, Hésiode mentionne le titanos à côté de l'ivoire et de l'électrum, dont il parait opposer la blancheur à l'éclat de l'or*^.

La langue épique emploie souvent, à propos d'ouvrages d'orfèvrerie, certaines expressions qu'il ne faut pas prendre à la lettre. Elle mentionne des bâtons et des sceptres, des navettes et des fuseaux, des paniers et des sièges en or ®.La corbeille à tapisserie d'Hélène, les tables de Circé, le coffre dans lequel Héphaestos conserve ses outils, seraient en argent'. Ce n'est là qu'une manière de parler. Peu importe au poète la nature, la composition intime du corps qui s'offre à ses regards. Partout où il a vu briller le jaune de l'or ou la douce blancheur de l'argent, il signale ces métaux, sans se demander ce qu'il y a derrière les surfaces dont l'éclat caresse et charme ses yeux. Ce qui le touche, ce

1. Histoire de l'Art, t. VI, fig. 403, 405, 409, 414, 428», pi. XVI, 3, 21.

2. Iliadey XI, 19-28. Sur le décor de la cuirasse, voir Hrlbig, l'Épopée, p. 491-493.

3. Histoire de VArt, t. VI, p. 779-784, pi. XVII, XVIII, XIX.

Page 1