A Mykenœan treasure, p
111.— Fragment (Je collier. Or, améthyste et cornaline. Evans, fig.
que le chaton de l'une des bagues a la forme d'un bouclier échancré, dont le contour est le même que celui du bouclier qui décore les monnaies de Salamine et les monnaies béotiennes (fig. 112). Le bouclier à double échancrure paraît avoir été en usage, dans des temps très anciens, chez des peuples très divers. On le rencontre à la fois chez les Hétéens, chez les Mycéniens et sur les vases duDipylon. Nous ne savons si les contemporains d'Hérodote et de Thucydide en armaient encore leurs bras; mais la place qu'il occupe sur les monnaies en question suffit à prouver que l'on n'avait pas perdu la mémoire des services qu'il avait rendus jadis. Il ne parait pas que Ton puisse tirer de l'emploi qui a été fait ici de ce type aucune indication ni sur le lieu où auraient été fabriqués ces bijoux, ni sur la date à leur assigner.
Si l'on a chance de résoudre ce double problème, ce n'est pas en s'atfachant à telle ou telle particularité isolée, c'est en considérant l'ensemble des observations auxquelles ont donné lieu celles des pièces de cette trouvaille qui ont paru le plus dignes d'attention.
La première question qui se pose, c'est celle de saypir si ces bijoux ont tous même origine, et, dans le cas où l'on répondrait par l'affirmative, quelle est la fabrique qui les a produits. Sur le premier point, nous ne croyons pas que l'on puisse hésiter. Sans doute il n'y a pas deux de ces bijoux qui soient pareils. De l'un à l'autre, les motifs difTèrent; mais ils n'en ont pas moins un caractère commun : là où ils ne sont pas dans la pure tradition mycénienne, là où l'art s'est inspiré de thèmes familiers à l'Egypte, à la Phénicie et à l'Assyrie, l'imitation se tient toujours à la même distance du modèle. Enfin, c'est partout les mêmes matières qui sont employées, avec les mêmes procédés d'exécution. Ces parures sont d'une seule venue; elles sont sorties d'un même atelier. Cet atelier, le chercheronsnous hors de la Grèce? Mais, dans ce cas, ce que nous devrions trouver dans la décoration de ces bijoux, ce ne serait pas un vague reflet du style et du goût des arts de l'Orient ; nous y reconnaîtrions, comme à sa marque de fabrique, telle ou telle des industries exotiques dont les produits étaient portés par les trafiquants syriens sur les côtes du Péloponèse; enfin nous n'y rencontrerions pas ces éléments mycéniens