Iblil,, pi. X
ment Urées de la vie réelle. Ici c'est un bandeau qui provient d'Athènes et qui semble représenter un cortège de fête, les apprêts d'un sacrifice ; on y voit figurer des cavaliers, des hommes armés, qui marchent à la file et d'un pas cadencé, des femmes, un homme qui porte la victime et le couteau avec lequel il Tégorgera. Un détail curieux, c'est la présence de centaures dans ce cortège; de ces monstres, les uns ont les jambes de devant conformées comme celles du cheval, et les autres comme celles de l'homme (fig. 115) *. Ailleurs, avec d'autres bandeaux qui ont été découverts à Athènes, c'est à des batailles que Ton assiste; parmi les combattants, il y a des Centaures qui luttent soit entre eux,
soit contre l'homme-. Sur un autre diadème figurent le sphinx et le griffon ; ils ont sur la tête cette sorte de panache, renversé en arrière, que l'art mycénien prêtait déjà à ces monstres ^ C'est un signe des temps que la part ici faite à ces types factices. L'esprit de l'arliste commence à se nourrir des mythes que développe la poésie, mythes dans lesquels jouent un grand rôle tous ces êtres composites dont les uns ont été empruntés par la Grèce à l'Orient, tandis que d'autres paraissent être les propres enfants de l'imagination grecque.
Pour ce qui est du style de ces bijoux, il
1. FuRTW.ENGLER, Archaischcr Goldschmuck (ArchœoL pi. VIII et IX).
113. — Morceau d'un diadème d'or. Hauteur du bandeau, 0",4. Musée d'Athènes. Alhen, Mitth.. 1893, p. 126.
reste très inférieur à celui des chefs-d'œuvre de Torfèvrerie mycénienne. Il n'y a rien là qui, pour Tart de la composition et surtout pour la liberté hardie de la touche, soit comparable, même de loin, aux vases de Vaphio. Ici Timage est obtenue par la pression que le marteau exerce sur la feuille de métal qu'il contraint à entrer dans le creux de la matrice. Avec quelque soin que l'opération fût faite, on ne pouvait obtenir ainsi que des contours sans fermeté, qui s'amolliraient encore par la suite ; la feuille d'or était trop mince pour ne pas souffrir du choc le plus léger. Il fallait d'ailleurs, pour garnir tout le bandeau, l'appliquer plusieurs fois sur la matrice, où avait été gravé un motif qui, sur la pièce à décorer, se trouve répété autant de fois que l'exigeait la longueur de la lame; or les raccords ont élé, en général, exécutés avec une certaine négligence : ici les figures se recouvrent; là il y a entre elles un trop grand intervalle. Enfin le caractère mécanique du procédé suffirait à lui seul pour expliquer la médiocrité du travail. La fabrication de ces bandes estampées, c'était de l'industrie plutôt que de l'art. Des bandes estampées au moyen d'une même matrice se sont retrouvées, au Céramique, dans des tombeaux différents*.
Il n'y a donc pas ici, entre Touvrage du peintre céramiste et celui de l'orfèvre une différence qui soit aussi marquée que celle qui [nous a frappé quand nous écrivions l'histoire de l'art mycénien. L'orfèvre n'a plus autant d'avance; c'est peut-être qu'il n'est plus le serviteur du roi et le pourvoyeur de son luxe; il travaille sinon pour la foule, du moins pour tous les riches. Ce que ceux-ci lui demandent, c'est des bijoux qui contiennent peu de matière, qui payent de mine sans coûter cher. Il y a donc une analogie très sensible entre les figures de ces feuilles d'or et celles des vases du Dipylon. Même altération et réduction de la forme vivante ; même dessin anguleux qui se