‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 156 sur 349 · Fni^nnent d'un vns(» du Dipylon · texte numérisé non relu

Fni^nnent d'un vns(» du Dipylon

Athen. Mitth., 1289, p. i>il.

OU moins garni de métal, ceinture de bronze, ne jouant, dans l'œuvre de protection, qu'un rôle très secondaire. Pendant deux ou trois siècles après l'invasion dorienne, le monde grec fut trop agité, trop profondément troublé pour qu'il fût beaucoup innové, dans les arts de la guerre comme dans ceux de la paix ; on y a plutôt vécu sur le legs du passé. Plus tard, quand les derniers venus des éléments ethniques se furent fondus avec les anciens et qu'il se fut créé une Grèce nouvelle, industrieuse productrice et colonisatrice aventureuse, le génie de l'invention se réveilla, et, pour se mettre en mesure de lutter avec avantage contre des peuples qui avaient sur eux la supériorité du nombre, les Ioniens adoptèrent les premiers là panoplie^ les jambières, la cuirasse, le bouclier et le casque d'airain. Ces armes nouvelles, les Ioniens, comme l'affirmait la tradition antique, les ont-ils empruntées aux Cariens*? Peu importe; on peut être certain que, si les Grecs de l'Asie Mineure ont pris à leurs voisins le principe du nouvel équipement, ils n'ont pas manqué, suivant leur habitude, de modifier et de perfectionner la disposition et le jeu des pièces qui composaient l'armure. Toujours est-il que leur exemple fut bientôt suivi ; mais l'usage de cette armure n'a commencé à se répandre que vers la fin du viii^ siècle, au plus tôt; il ne se généralise, il ne devient la tenue réglementaire et la marque distinctive de l'hoplite grec que dans le courant du vu" siècle. C'est donc confondre les époques et commettre un anachronisme que de l'attribuer aux héros de l'épopée.

Elle aussi la technique de la métallurgie parait être restée stationnaire pendant cette période; il y aurait même eu perte de certains secrets du métier. C'est au moyen de petits clous que l'orfèvre mycénien rapproche les pièces d'argent, de cuivre ou de bronze qui entrent dans la composition de ses ouvrages ; mais il sait souder l'or sur Yov^\ Au contraire, dans les bijoux contemporains des vases du Dipylon, on n'a pas trouvé trace de soudure, et Homère ne fait nulle part allusion à ce procédé ; c'est toujours des clous d'or ou d'argent qui servent à fixer le métal sur les sceptres, sur les gardes et les fourreaux des épées, sur les sièges. Les trônes des dieux sont ornés d'appliques attachées au bois par des clous d'argent (apyupoYi^ioi).

Maintenu en place de la même manière, l'ivoire entrait dans le revêtement des sièges, des portes, des clefs, sans doute aussi des

1. Hérodote, I, 171. Strabon, XIV, ir, 27. Plutarque, Artaxerxès, 10.

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