‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 172 sur 349 · Ibid,, IV, 485-486; XIII, 389-391 ; XV · texte numérisé non relu

Ibid,, IV, 485-486; XIII, 389-391 ; XV

et vigoureux pratique-t-il, à roccasion, les métiers mêmes que nous sommes accoutumés à considérer comme exigeant un long apprentissage. C'est Paris qui, à Troie, bâtit sa maison en travaillant avec les meilleurs artisans (Ttxrove; àv^pe;)*. C'est Ulysse qui construit de ses propres mains sa chambre de pierre, qui y façonne le lit nuptial qu'il tire du tronc d'un olivier*. Dans Ttle de Calypso, il n'est pas plus embarrassé pour assembler les planches du radeau sur lequel il s'échappera de sa prison ^ Chacun est encore, sous le coup de la nécessité, l'homme à tout faire. Eumée a dressé lui-même, en pierres brutes, les murs de sa métairie; les sandales dont ses pieds sont chaussés, il les a taillées dans le cuir frais d'une de ses chèvres*.

Rien n'empêchait l'industrie domestique de produire des étoffes d'une qualité excellente, où le dessin et le mélange des couleurs fussent d'un heureux effet; mais, sous un tel régime, les autres industries, celles qui s'attaquent à la pierre, au bois ou au métal, ne pouvaient être poussées très loin. L'ouvrier ne travaillait que pour donner satisfaction au besoin courant ; aussi ne semble-t-il point avoir rien créé qui, par son caractère d'élégance ou de richesse, méritât de devenir un article d'exportation. D'après les quelques mentions que fait l'épopée d'un commerce de troc où les Grecs sont parties, ceux-ci ne fournissent guère aux peuples de qui ils reçoivent des objets de prix que des produits bruts, tels que le cuivre et le fer, des bois de construction et des peaux, peut-être aussi du bétail sur pied'^. Aux Phéniciens, ces marchands d'hommes, ils vendent aussi des esclaves, les prisonniers que la guerre a mis entre leurs mains ^

Pour ce qui est de l'étendue, de la disposition et de la décoration des bâtiments, le luxe de l'âge homérique parait avoir été très inférieur à celui de l'âge mycénien. Pour ce qui est des armes, du vêtement et de la parure, la différence est aussi sensible. Nulle part le poète ne parie d'épées dont la lame soit ornée de figures du genre de celles que nous avons admirées sur la soie des célèbres poignards de Mycènes^ Il n'est pas question non plus, chez lui, de rien qui res-

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