‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 181 sur 349 · Lepsius, Marmorstudien, p · texte numérisé non relu

Lepsius, Marmorstudien, p

dier à ces défauts de la pierre ; on y para encore par Temploi d'une matière, la terre cuite, à laquelle Tindustrie de la Grèce primitive n'avait pas demandé ce genre de services. Celle-ci, comme le prouve sa céramique, savait cuire la poterie à grand feu ; mais elle ne s'était pas avisée de créer, par ces mêmes procédés, des matériaux qui formassent le corps du bâtiment, qui aidassent l'architecte à en garnir et à en parer les surfaces. Parmi les ruines des édifices de Mycènes et de Tirynthe, on n'a ramassé ni briques cuites, ni tuiles d'argile ; c'est seulement après l'invasion dorienne que s'est allumé le four du briquetier. Quand, dans le temple, le toit à double pente s'est substitué à la terrasse en terre battue du mégaron mycénien, il a fallu trouver, pour ces deux versants, un mode de couverture qui fût impénétrable aux eaux fluviales.

Avec la variété des formes que donnait le moule et la faculté qu'il conférait de reproduire un même type à un nombre indéfini d'exemplaires, la tuile offrait le moyen d'atteindre, sans grands frais, le résultat voulu ; la toiture des temples de l'âge archaïque fut donc faite de tuiles. Il en est déjà ainsi à l'Héraeon d'Olympie et c'est le cas pour tous les grands temples de la Sicile, auxquels surtout nous devons de connaître les méthodes des architectes du vi'' siècle. Si, dans la Grèce propre, dans les pays que pouvait desservir aisément la fabrique de Naxos, il y a eu des exceptions, elles ont été en très petit nombre. C'était d'ailleurs des édifices de faible dimension que ceux auxquels ont appartenu les tuiles de marbre qui se sont rencontrées dans la couche de décombres créée par le sac de l'Acropole d'Athènes, en 480.

Une fois l'habitude prise de mettre ainsi à profit les facilités de fabrication que présente la terre cuite et ses qualités merveilleuses de résistance et de durée, on ne se contenta pas de l'employer comme élément, comme partie intégrante de la construction; Tarchitecte s'en servit aussi, surtout en Italie et en Sicile, là où le tuf était le plus grossier, pour décorer certaines portions de ses bâtiments, telles que les plafonds et que les entablements, où il en revêtit la corniche, où il dressa, sur le faîte et aux angles du fronton, des antéfixes d'argile. Les couleurs que le feu avait incorporées à la terre étaient bien autrement solides que celles qui étaient appliquées par la brosse sur l'enduit ou sur la dalle de pierre. Le temps n'a laissé subsister que de bien faibles vestiges des ornements que le pinceau des plus habiles ouvriers d'Athènes a tracés sur le marbre du Parthénon et de l'Erechthéion ; en revanche, les plaques d'argile coloriée qui ont été ramassées parmi les débris de

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