‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 182 sur 349 · TOME VU · texte numérisé non relu

TOME VU

divers édifices archaïques sont ce qui nous donne le mieux Tidée de la décoration polychrome des temples grecs.

Si, sous forme de tuile et de revêtements, la terre cuite a joué un rôle notable dans Taménagement du temple, elle n'y est pas entrée, dans la composition des murs, à l'état de brique.

Fidèle à la tradition mycénienne, l'architecte du vieux temple d'Héra, à Olympie, avait encore, au vin" ou au vu" siècle, bâti le mur de sa cella en briques crues, placées au-dessus d'un soubassement en pierre appareillée; mais, au vi* siècle, on renonça partout à ce mode de construction, et ce ne fut pas par la brique cuite au four que Ton remplaça la brique séchée au soleil; ce fut par la pierre. Quand on se préoccupa d'assurer la durée de la demeure où l'on croyait recevoir et loger le dieu protecteur de la cité, l'emploi de la pierre s'imposa. Il fallait des supports pour soutenir le toit du portique extérieur, et là où ces supports étaient exposés aux intempéries, le bois, fragile et périssable, risquait de bientôt faillir à sa tâche. Or la brique cuite ne pouvait le suppléer dans cette fonction ; nous avons vu quels arrangements compliqués on avait été réduit à prendre dans les pays où, comme en Chaldée, on avait été amené, faute de pierre, à vouloir constituer des colonnes de brique. La brique était encore moins apte à fournir des architraves ; en raison de ses petites dimensions, elle ne se prête à couvrir les vides que si elle est appareillée par voussoirs, que si elle entre dans la composition d'une voûte. Au contraire, le fût de pierre, la poutre et la dalle de pierre remplaçaient avec avantage le tronc d'arbre, le madrier et la planche. Restait le mur que l'on aurait pu, à la rigueur, conserver tel qu'il était, dans le temple d'Héra, en carreaux d'argile ; mais l'emploi de la pierre pour la colonne et l'entablement conduisit à la substituer aussi à la brique dans la muraille. Quand l'édifice était fait tout entier d'une même matière, du meilleur tuf que livrassent les carrières voisines, il avait une unité d'aspect qui pouvait paraître en même temps une garantie de solidité. Un mur de pierre appareillé avec soin a sa beauté propre et contribue à l'effet de l'ensemble.

Nous avons cité quelques sanctuaires, regardés comme très anciens, qui étaient bâtis en brique^ ; mais c'étaient là de simples chapelles, sans colonnade extérieure ni intérieure, qui ne méritaient pas le nom de temples. Le temple, partout où le caractérisait un ordre dorique ou ionique,

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