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LES EMMARGHEMENTS ET LES MARCHES DU STYLOBATE

sortir sans avoir à s'imposer un effort qui ne laisse pas d'être pénible. On obtint ce résultat par divers moyens qui peuvent se ramener à trois systèmes principaux. Ici, devant la façade principale, les gradins sont entaillés, de façon à ce qu'il y ait deux marches dans la hauteur de chaque gradin (pi. XXI, 8). Là, au lieu d'un escalier qui règne sur toute la largeur du frontispice, on trouve une sorte de perron accolé à la face antérieure du stylobate, sur une partie de son développement (pi. XXI, 5). Cette disposition comporte certaines variantes qui ne sont pas également heureuses; ainsi, dans plusieurs temples, l'escalier ne correspond qu'àTenlre-colonnement central, ce qui ne laisse pas de lui donner un aspect un peu mesquin. Tantôt la marche y est creusée dans la face verticale du gradin (pi. XXI, 7) ; tantôt elle parait appliquée, comme une pièce de rapport, contre cette face (pi. XXI, 6). Enfin, il y a un dernier type, que présentent, entre autres, le temple d'Égine et celui de Zeus à Olympie (pi. XXI, 9 et 10); là l'escalier est remplacé par une rampe continue, en pente douce; l'accès du sanctuaire devient ainsi plus facile encore' que par un escalier. Dans le temple de Zeus, la rampe est flanquée de saillies latérales; elle est ainsi, dans une certaine mesure, abordable non seulement par l'extrémité de sa pente, mais aussi par ses deux côtés. A l'Héraeon, c'est sur un des côtés que se trouve l'escalier; il est situé à l'angle sud-est (pL XII), disposition que l'on a cru pouvoir expliquer par la place qu'occupait l'autel d'Héra, en dehors et au sud du temple.

En règle générale, les colonnes et les murs du temple reposent, sans intermédiaire, sur le stylobate. Il n'y a qu'une exception à signaler, c'est celle que fournit le temple de Zeus, à Agrigente. Là, au-dessus des six degrés qui donnent déjà au soubassement une élévation inaccoutumée, il y a encore un socle mouluré, sorte c^e stylobate supplémentaire, qui règne à la base du mur dans lequel sont engagées les demi-colonnes du pourtour, ces colonnes gigantesques qui, avec leur chapiteau, avaient presque 19 mètres de haut.

Nous ne parlerons pas ici de l'artifice par lequel l'architecte grec a donné une légère convexité à des lignes qui, comme celles du stylobate, font à l'œil Tefifet de lignes droites. Ces courbes n'ont encore été signalées et étudiées que dans des édifices du v"" siècle ; elles l'ont été surtout dans les temples de marbre d'Athènes. Nous aurons à en chercher la raison quand nous traiterons de l'art du siècle de Périclès.

§ 7. — LA COtONNE

La colonne (xtwv dans la langue courante, et, plus particulièrement dans la langue technique, <rrO>.o(;) est un pilier, un support dont la section horizontale a pour limite une circonférence. Dans les édifices de Tâge mycénien, elle était de bois. Nous avons dit pour quelles raisons, vers le commencement de la période historique, Tarchitecte prit

le parti de donner à la pierre, dans ses constructions, un rôle bien plus important qu'il ne Tavait fait jusqu'alors; nous avons montré comment ce fut dans la colonne que dut s'opérer tout d'abord celte substitution de l'une à l'autre matière. Les premières colonnes du nouveau type furent taillées dans un seul bloc; on avait ainsi, comme forme, dans le fût de pierre, l'équivalent du tronc d'arbre. Ces colonnes monolithes, nous les trouvons encore dans le vieux temple de Corinthe (pi. XXII et XXIII) et dans le temple dit d' Artémis à Syracuse (pi. XIII). Cependant, à mesure que croissaient les dimensions des édifices et, avec elles, la hauteur

214.- Pestum. Colonnes de la basUique. d^S SUppOrtS, il devenait pluS difficile

de s'en tenir au monolithisme; au delà d'un certain poids, le transport et le montage de ces pièces eût exigé un effort trop pénible. Il semble que, parfois, on se soit aperçu de cette difficulté au cours même de la construction, pour prendre alors, en plein ouvrage, le parti de la tourner. Dans le temple C, de Sélinonte et dans celui d'Égine, quelques colonnes sont monolithes ; les autres, plus nombreuses, sont faites de plusieurs blocs. On en vint donc à composer le fût de plusieurs morceaux que l'on superposait l'un à l'autre (fig. 214). Chacun de ces morceaux était taillé en vue de la place qu'il devait occuper dans l'ensemble; c'était ainsi que l'architecte arrivait à donner au fût le galbe voulu et cette légère inclinaison vers l'intérieur de l'édifice dont nous aurons à expliquer la raison d'être et l'effet. Ces pièces étaient ajustées avec assez de

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