PLAN DU TEMPLE D'ASSOS
ÉTAT ACTUEL D'aprèa Clarke.
très grande variété; mais ce qui ne fait jamais défaut, c'est ces sillons mêmes, avec les lignes d'ombre qu'ils dessinaient sur la surface de la frise. Pour désigner ces entailles et le pilier même auquel, par leur rapprochement, par leur profondeur et par la fermeté de leurs arêtes, elles donnent une physionomie si particulière, les Grecs employèrent des mots tirés de la racine d'où proviennent le verbe y^uxTO) et tant d'autres dérivés d'un emploi courant, racine qui a le sens de ciseler, graver en creux. Chacune de ces stries était nneglt/phe (y^^uç-n, Y>^u?tç) et le pilier à trois stries un Iriglyphe (rptyXuço;). Rien ne paraît plus simple ; mais, dès que l'on jette les yeux sur un entablement dorique, on ne peut se défendre d'une certaine surprise. Quelque différents que soient les uns des autres les triglyphes, la face antérieure n'en est creusée que de deux grandes rainures; elle ne l'est jamais de trois. Il semblerait donc, au premier
moment, que le terme diglyphe fût mieux jus- ^ ^j,
tifié ; mais il n'a jamais été appliqué à ce
membre d'architecture. On éprouve pourtant
le besoin de comprendre pourquoi c'est le mot
iriglyphe qui a prévalu, et voici comment on
résout la difficulté. Sur le côté de chaque tri-
glyphe, dit-on, là où il confine à la métope,
une entaille est ménagée, dont la largeur est
la moitié de celle des deux rainures, des deux glyphes proprement
dites. Deux glyphes et deux demi-glyphes en font trois; le compte y est.
Toute correcte que soit cette addition, nous nous demandons si c'est vraiment par elle qu'il convient d'expliquer le terme qui nou& embarrasse. Il n'y a, sans doute, que deux sillons de creusés dans la face du pilier ; mais les méplats qui les encadrent sont nécessairement au nombre de trois. Peut-être est-ce ce trait qui a surtout frappé l'esprit du spectateur. Des deux éléments dont est composée l'expression technique, le second indiquerait le procédé par lequel l'effet est obtenu, et le premier ferait allusion à la triplicité du cadre.
Si nous ne trouvons rien, à ce sujet, dans ce qui nous a été transmis par Vitruve de la doctrine des architectes grecs, ceux-ci, à en croire ce même Vitruve, avaient cherché à se rendre compte de l'origine du motif. Derrière la pierre ou le marbre, ils apercevaient, plus ou moins vaguement, les poutres des anciens temples de bois, et ils voyaient ces poutres présentant à l'extérieur, lorsque la construction venait d'être