‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 251 sur 349 · Histoire de VArt, t. VI, pi. XI, XII, XIII · texte numérisé non relu

Histoire de VArt, t. VI, pi. XI, XII, XIII

chacune une ombre différente, et la douceur des courbes s'y prête merveilleusement à dessiner ces ombres dont la décroissance graduelle rend plus sensible et plus ferme à la fois la forme spéciale du fût. Dans la frise, c'est un effet d'un autre genre qu'il s'agit d'obtenir. La frise se développe tout entière dans un même plan vertical ; elle est d'ailleurs plus haut placée, plus éloignée du spectateur que le sommet même de la colonne ; pour que le tracé de l'ornement y eût toute sa valeur, il fallait y appuyer sur le trait; il fallait mettre là des lignes d'ombre qui fussent plus nettes et plus franches, celles que donnent, en se coupant à angle demi-droit, des plans verticaux et horizontaux.

On appelle métopes ([xcTOTrat) les champs qui séparent les triglyphes. L'étymologie du mot est des plus claires : il est formé de [jieTa, entre, et oTni, endroit par lequel on voit, ouverture; mais ce qui est plus malaisé, c'est de savoir quelle idée attachèrent à ce terme les premiers qui désignèrent ainsi ce membre de la frise dorique. Vitruve donne de ce vocable une explication qui soulève plus d'une difficulté ^ Selon lui, par oxai, on aurait entendu les trous ménagés dans une maçonnerie pour recevoir les poutres, ces poutres au bout desquelles aurait été clouée la tablette du triglyphe. L'espace compris entre deux de ces trous aurait été appelé ce qui est entre les opai, la métope; mais ces trous préparés à l'intention des poutres ne restaient pas longtemps vides. Us étaient bouchés dès que s'achevait la construction, et c'est celle-ci, montée et terminée, que devait plutôt avoir en vue l'ouvrier qui créait la nomenclature de sa langue technique. Il semblerait donc plus naturel que, pour dénommer ces intervalles, on eût adopté un mot tel que [jt.eTa^6>tY), entre-poutres y composé dont nous ne connaissons aucun exemple.

On a tenté cependant d'expliquer et de rendre admissible l'hypothèse de Vitruve. Supposez un édifice où les poutres du plafond n'atteindraient pas tout à fait le plan extérieur de l'architrave, tandis que les vides compris entre ces poutres seraient remplis par une maçonnerie qui se raccorderait avec ce plan. Ce ne serait pas là des opWy au sens propre du mot, c'est-à-dire des ouvertures traversant la maçonnerie et livrant passage au regard ; mais on aurait là tout au moins des cavités quadrangulaires qui, avant l'apposition des planchettes destinées à former le triglyphe, seraient restées ouvertes sur la face externe du mur, et l'espace compris entre deux de ces trous serait bien une

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