‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 252 sur 349 · Vitruve, IV, ii · texte numérisé non relu

Vitruve, IV, ii

métope, dans le sens où Tentend Vilruve, mot à mot un entre-trou^ Cette explication, la seule qui donne une interprétation plausible du texte de Vitruve, est ingénieuse, mais forcée; elle implique un état de Tédifice qui était purement transitoire, qui pouvait ne durer que quelques jours ou quelques semaines.

Le mieux, c'est peut-être encore de ne pas chercher dans [/.ctott/î autre chose qu'un simple doublet d'un mot bien connu de la langue courante, piTco^rov. Le (jtiTwxov, c'est la portion du visage qui s'étend, à partir de la racine du nez, entre les yeux et au-dessus d'eux : c'est ce que nous appelons le front. Or, comme notre mot front, le mot grec wiTwxov est souvent employé, dans un sens métaphorique, pour désigner une face de bâtiment, par exemple une des faces d'une pyramide^. La forme (/.eTOTnrî aurait eu d'abord, elle aussi, ce même sens général de fronts de champ uni et lisse ; mais l'usage, qui n'a pas à rendre raison des partis qu'il prend, s'en serait emparé pour lui donner une affectation spéciale : il l'aurait appliquée plus particulièrement aux panneaux qui remplissaient les intervalles que laissaient entre eux les triglyphes.

Ces intervalles, on a parfois admis que, dans des édifices qui auraient précédé les temples de l'âge classique , ils n'auraient point été clos, qu'il auraient formé là, entre les poutres dont le bout était décoré par les canaux du triglyphe, comme une suite de fenêtres. Pour soutenir cette hypothèse, on s'est appuyé sur deux vers d'Euripide, dans son Iphigénie en Tauride. Oreste et Pylade se consultent; ils cherchent le moyen de pénétrer dans le temple pour s'y saisir de la statue d'Artémis et l'emporter avec eux : « Vois, dit Pylade, en dedans des triglyphes, là où il y a un vide, ne pourrions-nous introduire notre corps ^? »

1. HiTTORF, dans /es Antiquités inédites de VAttique(\n-{o\\Oy 1832), note des pages 40-41 .

2. Dans le marché dressé pour l'exécution des travaux de l'arsenal de Zéa, au Pirée, (jiT(i)::ov désigne un jambage séparatif, large de deux pieds en façade, qui se dressera entre deux portes (ligne 23 du texte. Voir Choisy, Études sur V architecture grecque j première Étude; V Arsenal du Pirêe, in-4®, Paris, 1883).

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