‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 253 sur 349 · Iphigénie, y, H3-H · texte numérisé non relu

Iphigénie, y, H3-H

8i{ia5 xaBgîvai... (Kirchhoff.)

Weil introduit une correction qui rend la phrase plus claire, mais ne change pas le sens {Sept tragédies d'EuiHpide, Hachette, in-S'», 1868) :

opat S' evgJTt, ipi^Xu^wv oxuu xevov,

On a rapproché de ces vers ceux de YOrcste où Tesclave phrygien raconte qu'il s'est échappé du palais par-dessus les lambris de cèdre de Tappartement des femmes

Nous inclinerions à croire, avec plusieurs critiques, à une altération du texte; mais si nous le prenons tel que le donnent les meilleures éditions, nous avouons ne pas bien comprendre quelles dispositions le poète a pu avoir en vue. A supposer que ces espaces fussent ouverts et qu'Oreste les traversât, ce chemin peu commode ne Taurail pas conduit là où il voulait arriver. Il aurait débouché sous le portique si le temple eût été périptère, et probablement, si celui-ci n'avait eu de colonnes qu'entre les antes, dans le vestibule. Dans Tun comme dans Tautre cas, après ce tour de force, Oreste se serait encore trouvé en dehors de ce sanctuaire où était enfermée derrière des portes de bronze, comme il le dit lui-même, Timage qu'il se proposait de ravir *. Nous ne devinons pas à quel type d'entablement, réel ou imaginaire, Euripide a voulu faire allusion ; la phrase n'offre un sens satisfaisant que dans l'hypothèse d'un tout petit temple, bâti sur le modèle de ce que nous avons appelé la maison troyenne (fig. 167, 175, 176); or cette hypothèse répugne à l'idée que, dans plus d'un passage du drame, le poète cherche à donner de la magnificence du sanctuaire de YA7'témis taurique. On ne saurait donc se fonder sur ce texte pour affirmer qu'il y ait eu réellement des temples où la frise offrît l'arrangement que l'on a imaginé d'après cette indication. Toutes les vraisemblances paraissent répugner à cette conjecture. De quelque manière que l'on interprète le mot (xeroir/), il semble toujours, d'après les éléments qui le composent, devoir éveiller plutôt l'idée d'un plein entre deux vides que celle d'un vide entre deux pleins. Supposons d'ailleurs une frise quelconque percée de ces baies; celles-ci n'auraient-elles pas été comme autant de brèches par lesquelles la pluie, chassée par le vent, aurait pénétré dans l'intérieur de la construction, pour y attaquer les pièces de bois et en préparer la destruction ?

Quant au temple de pierre, quelque loin que Ton remonte dans son histoire avec les édifices où l'on en suit le développement, l'entre-deux des triglyphes y est toujours, de manière ou d'autre, fermé par un remplissage. Voici enfin qui achève de rendre invraisemblable l'hypothèse en question. Ni les triglyphes, que l'on a voulu considérer comme les têtes des poutres de pierre, ni les métopes ne traversent la

et les triglyphes doriques (v. 1371-1372). Là, la préposition 0;:ép semble indiquer que le poète se représente le fugitif comme ayant passé au-dessus de la frise, à travers les vides que laissaient entre elles les pièces de la charpente du toit. Ceci se comprend mieux.

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