EçTifAcp^ç, 1889, p
à Eleusis, ils ont été parfois couchés sor la gauche, les jambes pliées en croix* . Ni à Athènes, ni à Eleusis, il n'y a trace de cercueil en bois; les corps ont dû être mis en terre enveloppés d'un simple linceul.
La tombe attique est donc plus modeste que celle de Mycënes; mais, à cela près, elle témoigne des mêmes préoccupations et des mêmes croyances. Des sacrifices paraissent avoir été offerts au mort avant Fensevelissement; on trouve ici des cendres et des os d'animaux, soit dans la terre qui remplit la fosse, soit dans des assiettes, 011 étaient servis des mets préparés pour l'habitant de la tombe ^
Divers liquides, eau, lait ou vin, devaient avoir été versés dans des vases communs, lourds de forme et sans ornements, dont le fond est encore tout noir de fumée; avant de descendre dans la tombe, ces vaisseaux avaient fait sur l'âtre de la maison un long service ^ Ce sont au contraire des pièces très soignées que les hydries qui ont été rencontrées dans plusieurs de ces caveaux ^. Elles ont un galbe assez élégant et sont décorées de peintures. On a conjecturé que ces hydries renfermaient l'eau du bain que le jeune homme ou la jeune fille, hôte de cette tombe, aurait pris la veUle des noces, si la mort n'était venue le frapper avant l'heure. Nous aurions ici la forme la plus ancienne de ces loutrophores ou « vases à bain », que^ dans l'âge classique, on avait l'habitude de dresser sur la tombe des célibataires, hommes ou femmes, et que plus tard on cisela sur le marbre des stèles^ Il n'y aurait plus eu alors, dans la représentation de la loutrophore, qu'un pur symbole ; mais, pour que ce symbole ait été familier à tous les esprits, ne faut-il pas qu'un temps ait précédé où l'acte ainsi figuré était accompli réellement, où le bain était vraiment versé dans l'hydrie funéraire et enclos dans la tombe?
Toute cette vaisselle était disposée comme si le maître de cette demeure avait dû vraiment eu faire usage. Près des vases qui contenaient les boissons, il y avait des coupes et des tasses de diverses grandeurs, et dans le col de l'hydrie était cachée une sorte de cuiller qui servirait à y puiser le liquide dont était plein le grand récipient*. Les aryballes étaient remplis d'huiles parfumées; un •
i. 'Eri){up{ç, i889, p. 174, 184.
2. Ein altischer Friedhof, p. 127, 128, 432, i41, 147. Philios a reconnu aussi à Eleusis les débris des sacrifices CEtpTJtxcptc, 1889, p. 184).