‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 262 sur 349 · Ce fut le cas pour Debacq et pour Hittorf lui-même · texte numérisé non relu

Ce fut le cas pour Debacq et pour Hittorf lui-même

sûreté, on avait eii recours à ce mode d'attache qui prévenait tout déplacement'.

Au-dessus de ce revêtement d'argile, l'architecte avait posé une cymaise de même matière qui, sur la façade, complétait les deux corniches, la corniche horizontale et la corniche montante du fronton. Le profil de cette cymaise rappelle, jusqu'à un certain point, celui de la gorge égyptienne ; mais il est moins creux, plus aplati (pi. VIII et pi. XXXIII, 6). On remarquera que le chéneau se continue ici dans la corniche horizontale comme dans la corniche montante, disposition qui est très exceptionnelle. Sur la cymaise des façades latérales, des gargouilles cylindriques, d'une forte saillie, servent de déversoirs. Cachée par ces cymaises, la face supérieure de la gaine du larmier n'avait pas besoin de décor ; il n'y a de peinture que sur la face verticale et sur celle qui s'applique contre le dessous du larmier; ce dessous était, lui aussi, visible d'en bas (pi. VIII, en bas).

Ces constatations avaient été une lumière ; elles permirent enfin d'assigner leur véritable place aux fragments du même genre qui avaient été recueiUis, en très grande abondance, dans la Grande-Grèce et la Sicile. Le principe était partout le même ; mais les dispositions variaient. Voici par exemple le temple CdeSélinonte,un des édifices où l'on paraît avoir tiré, pour la décoration, le plus beau parti de l'argile. Là, cette garniture n'enveloppe pas toute la corniche ; elle n'en recouvre, comme toujours, que la partie supérieure. La corniche était formée de deux assises superposées*. Il y avait d'abord un larmier, dont le plafond offre cette singularité que les mutules y sont alternativement étroits ou larges, suivant qu'ils répondent aux métopes ou aux triglyphes de la frise. Au-dessus, dans le plan vertical, on aperçoit des traces de stuc, ce qui prouve que, dans toute l'étendue de ce bandeau, la pierre était apparente. Ce bloc en portait un autre, à peu près de même échantillon, dans le haut duquel étaient pratiquées des entailles qui recevaient les extrémités des chevrons du toit. Là, dans ce que l'on a retrouvé des éléments de cette seconde assise, le tuf n'a plus le même aspect : il n'est partout qu'épannelé; nulle trace de stucage. A la

1. W. Dœrpfeld, F. Gr.kikr, R. Bormann, K. Siebold, Ueber die Venvendung von Terrakotten am Geison undDache griechischer Bauwerhe (21® programme de la fête de Winckelmann), in-4*>, 31 pages, figures dans le texte et quatre planches en couleur. Berlin, Reimer, 1881.

2. Dœi"pfeld corrige Terreur qu'ont commise à ce propos les architectes qui, avant lui, ont essayé de restaurer le temple et qui se sont trompés, faute de connaître tous les fragments (Ueber die Vevwendung, etc., p. 6.).

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