‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 263 sur 349 · TOME VII. Ci · texte numérisé non relu

TOME VII. Ci

nature du travail, on devine que rien n'était visible de cette assise, que sa face antérieure était dissimulée à la vue par une cymaise de terre cuite ; or il a été ramassé, tout autour du temple, des fragments nombreux d'une belle cymaise de cette matière, dont la hauteur est la même que celle des blocs qui formaient la seconde assise (pi. YII, 2; pi. VIII). Ces fragments de cymaise appartenaient aux côtés du temple; on n'a rien retrouvé de la cymaise du fronton; il est donc impossible de savoir si ces deux cymaises étaient pareilles et, dans le cas où elles auraient été différentes, comment elles se raccordaient entre elles. Dans ces conditions, nous ne pouvions songer à les introduire dans la figure D de la planche VII; nous avons donc partout conservé la moulure en bec de corbin qui, d'après Hittorf, devait couronner le larmier. Ce détail n'a qu'une importance très secondaire dans cette vue d'ensemble, qui était surtout destinée à donner l'idée du caractère de puissance et de noble sévérité que présentait, dans ses exemplaires les plus anciens, le temple dorique. Empruntés au géométral d'Hittorf, tous les autres éléments qui sont entrés dans cette perspective ont été l'objet d'exacts relevés et ne laissent pas place au doute.

Le mode de pose n'était plus ici tout à fait le même que pour les gaines qui habillaient tout le larmier. La pierre de l'assise supérieure était légèrement en retrait sur celle de l'assise inférieure ; le bas de la pièce d'argile s'appuyait donc sur ce ressaut. La garniture n'avait plus ici que deux côtés, la face antérieure, sur laquelle se posait le décor, et un rebord horizontal, qui venait s'appliquer dans une rainure ménagée dans le dessus des blocs de la dernière assise. Les clous de bronze qui sont encore piqués dans le tuf répondent, par la place qu'ils occupent, aux trous dont est percé l'étroit rebord de la monture d'argile. Celle-ci ne s'arrêtait d'ailleurs pas à la cymaise; elle se continuait par le chéneau au-dessus duquel régnait encore un motif courant qui, avec ses larges découpures, donnait l'impression d'une série de tuiles frontales. Tout cela pourtant, la gouttière, son rebord, les palmettes et les fleurs de lotus qui la surmontaient, était d'une seule pièce, moulé dans une même plaque de terre (pi. VII, 2). Cette pièce terminale faisait, sur le reste de l'entablement, une forte saillie; aussi le dessous était-il orné d'une grecque, comme au larmier du Trésor de Gela. L'ensemble de cette décoration donne une haute idée de l'habileté des céramistes que l'architecte prenait pour collaborateurs, afin de suppléer à l'insuffisance des matériaux dont il disposait.

S'il fallait, à ces artisans, une singulière adresse pour façonner des

pièces d'une disposition aussi compliquée et d'aussi grandes dimensions, ils ont, en même temps, fait preuve d'un grand goût dans le tracé de leurs profils et de leurs motifs d'ornement, ainsi que dans le choix des* tons au moyen desquels ils accusent les reliefs et les dessins de leurs moulures. Ces tons et ces motifs, nous les étudierons ailleurs, avec l'ensemble de la décoration polychrome. Il ne paraît d'ailleurs pas que l'habitude d'employer ainsi la terre cuite se soit généralisée dans le monde grec; elle paraît être restée propre à certaines régions, à celles où les matériaux que fournissait la carrière étaient le moins beaux. C'est dans la Grande-Grèce et en Sicile que l'on a le plus usé de ces revêtements. Si, à Olympie, quelques Trésors ont eu des corniches ainsi habillées, cette particularité de leur décor s'expliquerait par le fait que des cités comme Gela et Métaponte, quand elles ont construit leurs chapelles en Élide, y sont restées fidèles aux traditions de .leur architecture locale. On n'a pas jusqu'ici trouvé dans le Péloponnèse, là même où la pierre n'était qu'un tuf assez grossier, de débris qui paraissent appartenir à des pièces de ce genre*. Pourtant les antéfixesde l'Héraeon suffiraient à prouver que, de très bonne heure, les potiers de cette contrée étaient assez avancés dans la pratique de leur art pour pouvoir livrer à l'architecte, s'il avait plu à celui-ci de leur en demander, des appliques de cette sorte.

De toute manière, il est difficile de se refuser à voir dans l'emploi de ces revêtements une confirmation indirecte des observations que nous avons présentées au sujet du passage de la construction en bois à la construction en pierre.

Quand on examine les restes des édifices dont la matière est un tuf plus ou moins poreux, on constate que deux partis différents ont été pris pour cacher les défauts de la pierre, pour créer des surfaces lisses où se développât le dessin d'ornement. Presque partout en Grèce, on a recouvert le calcaire d'un stuc fin et tenace, imperméable à la pluie et très apte à recevoir l'impression du pinceau. Ailleurs, de l'autre côté de l'Adriatique, on a, tout en usant du stuc, employé aussi des plaques d'argile dans la portion supérieure de l'entablement, pour habiller le larmier, pour former la cymaise qui le surmonte.

Considérons d'abord la couche de peinture qui, surtout dans les parties hautes de l'édifice, était appliquée sur le stuc ; n'est-on pas fondé à y voir un souvenir de celle qui, dans des édifices plus anciens, aurait

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