Dœrpfbld, etc., Ueber die Verwendungy etc., p
été étendue sur le bois pour le protéger et pour en varier Taspect? D'ailleurs, à Tirynthe et à Mycènes» nous avons trouvé des enduits de chaux sur lesquels venait se poser la couleur, étendus sur des murs de brique crue ou de moellons. C'est donc aussi à des constructions de ce genre que peut avoir été emprunté ce procédé de stucage, qui a été appliqué, dans beaucoup de temples, à la pierre de médiocre qualité.
Le second, des procédés que nous avons décrits tient de bien plus près à la construction en bois ; il la rappelle d'une façon plus claire et plus directe. C'est par des clous que les caissons de terre émaillée étaient fixés sur la pierre; or les clous ne sont pas faits pour la pierre; ils n'y peuvent trouver place que dans des trous forés à la pointe, et encore ne rendent-ils pas là les mêmes services que lorsqu'ils ont été plantés dans les fibres élastiques du chêne ou du hêtre. Là donc où, anciennement, on avait eu coutume de clouer sur le bois des revêtements de métal ou d'argile, on a pu continuer à employer ainsi les clous lorsque la pierre s'est substituée au bois, dans l'entablement ; mais ce mode de fixation n'est certainement pas né de la pierre ; il ne peut y être autre chose qu'une survivance, l'effet d'une habitude contractée dans un temps où le bois formait tout le corps du monument. C'est pour piquer le bois et s'y enfoncer qu'ont été primitivement forgés les clous qui, dans les corniches de Sélinonte et de Gela, tenaient attachées aux bandeaux de tuf les plaques de terre cuite, parées de vives couleurs, que l'architecte, alors même qu'il ne bâtit plus qu'en pierre, continua de demander à ces potiers dont le concours avait été si utile à ses lointains prédécesseurs, à ceux qui avaient dû tirer de la forêt voisine tous les éléments de leurs édifices'.
§ 10. — l'épannelage et le montage de la pierre, la liaison des assises.
11 y a dans les entablements des membres qui reposent, de diverses façons, sur le vide : telles les architraves qui, chargées d'une grande part dupoidsdescombles,franchissentles intervalles des entre-colonnements; telles aussi les corniches qui font sur le nu de la frise une forte saillie. 11 fallait arriver à faire comme un seul corps de toutes ces pièces, qui avaient des formes et des fonctions différentes; il fallait établir entre elles une liaison qui les rendît solidaires les unes des autres et qui défiât
1. C'est ce qu'a très bien indiqué Dœrpfeld (Ueber die Verwendung, etc., pi. 12).
les effets des secousses d'un sol souvent remué par les tremblements de terre. Les pierres de taille étant toujours posées à sec, on pourvut à cette nécessité par Temploi d'attaches mécaniques, tenons de bois ou de métal qui reliaient, dans le plan vertical, deux tambours ou deux lits d'assises, crampons de bronze ou de fer qui, dans le plan horizontal, mariaient entre eux les blocs et les maintenaient en place (pi. XL*) Le mur pouvait, dans bien des cas, se passer de ces agrafes; on s'est, en effet, abstenu d'en user quand on a bâti les remparts des villes. C'est que là l'épaisseur du massif suffisait à en assurer la solidité. Il n'en était pas de même dans le temple. Les murs y étaient minces et hauts; il fallait plus de précautions pour en assurer la stabilité; de concert avec les colonnes, ils concouraient à soutenir le comble. Dans ces conditions, il était impossible que, pour enchaîner entre eux tous les éléments de la construction, larchitecte n'appliquât pas les mêmes méthodes à toutes les parties de l'édifice. Le temple, pris dans son ensemble, est d'ailleurs une œuvre d'art, celle de ses créations où le génie grec a tenu à honneur de porter le plus de soin, jusque dans les moindres détails. Nous ne saurions donc être surpris de rencontrer partout ces scellements, du stylobate à la cymaise; on les rencontre dans les murs de toutes les cellas.
Des tenons de bois ont été employés, dans quelques temples, pour relier les unes aux autres certaines pièces de l'entablement; mais c'est surtout dans l'érection de la colonne, entre les tambours, qu'ils ont rendu ce service. Insérés au centre même de ces tambours, dans des trous quadrangulaires, des prismes de bois dur ont servi à souder, deux à deux, les tambours. Ces clefs étaient très bien protégées contre l'humidité par l'exacte adhérence des parements des tambours ; mais
i. Planche XL. 1. Colonne du temple R, à Sélinonte. Hittorf, Arch. antique, pi. 42, 43. — 2. Colonne du temple de Zeus à Olympie. Olympia, Baudenkmœler, pi. XIII, 2*'. — 3. Colonne du temple de Poséidon à Paestum, d'après le géométral de Labrouste, pi. V, E, F. — 4. Scellement à Olympie, trésor de Sélinonte, Olympia, pi. 37. — o, 6. Différentes formes d'agrafes. — 7. Entablement à Eleusis, Antiquités inédites de VAttique, ch. V, pi. 4. — 8. Entablement de Rhamnonte, ibidem, ch. VI, pi. 5. — 9. Partie supérieure d'entablement, au Trésor de Mégare. Olympia, pi. 38. — 10. L'agrafe qui s'ajuste là dans les trous. — il. Temple R de Sélinonte; la corniche. D'après le géométral d'Hittorf, Archit. antique, pi. XLiV, 4. — 12. Assises inférieures du mur de la cella de l'Hérteon, moyen employé pour obtenir des joints serrés. — 13. Temple C, à Sélinonte, Goutte rapportée. Hittorf, Arc/i.an^içMe, pi. 24. — 14. Mur de l'opisthodome du temple R, d'après le géométral d'Hittorf, Archit., pi. 44. — lo. Architraves du temple de Némésis à Rhamnonte. Antiq, inédites, ch, VI, pi. 8. — 16. Architrave d'Égine. Garnier,pl. 17. — 17, 18. Mur du trésor de Syracuse. Olympia, pi. 34. — 19. Agrafe en Z. — 20. Triglyphe du Trésor de Gela. Olympia, pi. 40. — 21. Murs du Trésor de Sicyone. Olympia, pi. 27.
c'est seulement dans des édifices du v® siècle qu'elles se sont parfois retrouvées presque intactes. D'ailleurs, dans les temples du vi® siècle, les dimensions des trous pratiqués au centre des tambours ne laissent subsister aucun doute sur l'emploi des clefs de bois. Ces trous étaient généralement carrés, comme dans le temple R à Sélinonte (pi. XL, 1); on en trouve aussi de ronds, par exemple dans un fût de l'ordre intérieur du temple de Poséidon, à Psestum (pi. XL, 3)*.
Dans les parties de l'édifice autres que les colonnes, on a employé le métal de préférence au bois. Seuls le bronze et le fer se prêtaient à une disposition qui a dû de très bonne heure être adoptée sur tous les chantiers ; seuls ils pouvaient supporter sans dommage le contact du plomb fondu, que l'on prit l'habitude de couler dans les trous de scellement. Le plomb avait le double avantage d'être fusible à une très basse température et de résister à l'oxydation. Versé à l'état liquide dans les cavités où avaient déjà été logés les goujons et les crampons, il les remplissait tout entières; il se moulait sur ces attaches, qu'il défendait ainsi contre toute chance d'oscillation ; en même temps, il les enveloppait d'une chape qui les mettait à l'abri de la rouille. C'est par des tenons de bois qu'étaient reliés les tambours des colonnes du temple de Zeus à Olympie (pi. XL, 2)^; mais, pour plus de précaution, l'ouvrier a aussi introduit là, par endroits, des chevilles de métal. Voyez, dans la coupe ci-contre, le joint d'en bas; on a tenu à le renforcer, et, entre les deux tambours, vers le centre du fût, on a ménagé un intervalle qui a permis d'entourer la clef d'une couronne de plomb, mode de scellement dont il se rencontre aussi des exemples dans d'autres parties de ces édifices (pi. XL, 8).
Ces goujons rendent sans doute un service très appréciable par l'union plus intime qu'ils établissent, dans le plan vertical, entre les lits d'assises; ils donnent ainsi au mur une consistance qui se rapproche de celle d'un monolithe. C'est d'ailleurs dans le plan horizontal que ces attaches étaient le plus nécessaires, en l'absence de tout mortier; aussi est-ce là que le m6^;on les a le plus multipliées. Très rapprochées et posées en divers sens, elles prévenaient les écartements qui, sans elles, auraient pu se produire entre des matériaux seulement juxtaposés. C'est ce que rendent sensible surtout une vue perspective de l'entablement d'un Trésor d'Olympie (pi. XL, 9) et les plans des architraves de Rhamnonte et d'Égine (pi. XL, 15, 16). 11 y a là des agrafes
1. HiTTORP et Zanth, Recueil des monuments de Ségesleet de Sélinonte, p. 515.