‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 269 sur 349 · LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS

forme la plus développée (pL XLII, 16). Il est d'ailleurs prouvé que ce type a été connu des constructeurs grecs ; dans la corniche du temple A , à Sélinonte, les entailles où ces coins se sont insérés ont leurs deux faces également penchées (pi. XLII, 18). C'est aussi avec la louve qu'ont été montées, dans celte même ville, les architraves du temple (pi. XLII, 17). La partie de la louve qui faisait saîllierau-dessus du lit de la pierre devait être, comme chez nous, munie d'un anneau auquel on attachait le câble.

Toutes ces dispositions, calculées pour permettre de saisir et de manœuvrer les blocs, témoignent de l'emploi d'une série d'engins très variés; certains d'entre eux, avec moins de puissance peut-être, devaient ressembler très fort à ceux dont se servent nos constructeurs. « Ainsi l'emploi de la louve, impliquant la traction par des câbles, suppose des poulies de renvoi, fixées soit à des mâts spéciaux, soit aux échafaudages, et la grandeur des masses que les anciens ont remuées autorise à penser que ces poulies étaient agencées de manière à augmenter l'effet en ralentissant les mouvements. D'ailleurs les textes sont formels ; nous trouvons le principe des moufles exposé dans les ouvrages théoriques des Grecs*, et Vitruve, au premier siècle avant notre ère, indiquait dans son traité la chèvre à treuil ou à roue, les diverses sortes de moufles qui s'y adaptent, les combinaisons des chèvres et des cabestans, les bigues,etc., le tout avec tant de netteté et de précision qu'en parcourant les premiers chapitres de son dixième livre, on croit lire un traité moderne sur les machines élévatoires*. Il est inutile de décrire des appareils que nous voyons fonctionner journellement sur nos chantiers ^ »

On a cru parfois que les anciens auraient fait un fréquent usage de plans inclinés sur lesquels on aurait traîné ou poussé les blocs jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés à leur lieu de pose; mais l'étude des monuments ne confirme pas cette hypothèse. 11 n'est en effet presque pas d'édifice où, en examinant les pierres qui sont entrées dans la construction, nous n'y trouvions soit les saillies, soit les entailles que nous avons décrites; comme l'attestent les unes et les autres, c'est à l'aide de cordages que ces blocs ont été soulevés. Pline est le seul qui fasse mention du plan incliné ; c'est à propos d'un édifice de dimensions

Page 1