‹ Histoire de l'art dans l'antiquitéChapitre 276 sur 349 · Choisy, Études épigraphiques, p · texte numérisé non relu

Choisy, Études épigraphiques, p

ment construit par Philon. Dans le temple de Paestum, la pierre n'a pu garder trace que des pièces principales de la charpente, de celles qui posaient par une de leurs extrémités sur le mur.

Le système dont nous avons exposé le principe doit avoir été employé, avec de légères modifications que pouvait exiger la dimension de l'édifice, dans tous les temples où, comme dans l'enceinte d'Olympie, à THéraBon et au temple de Zeus, on disposait des mêmes points d'appui qu'à Paestum ; mais dans les temples où l'ordre intérieur faisait défaut et où, comme dans certains édifices de la Sicile, la cella atteignait des largeurs de 10 à 12 mètres, le problème ne comportait plus la même solution. C'est en montant une ferme que le constructeur a dû le résoudre ; mais, selon toute vraisemblance, cette ferme était d'une disposition très simple. Un habile artisan, s'il choisit bien ses bois et s'il le? assemble avec une certaine précaution, peut composer une charpente d'une grande portée, sans poinçon ni contre-fiches, avec deux arbalétriers et un entrait. Il n'y a pas d'autres pièces dans la charpente sur laquelle repose la toiture de la cathédrale de Messine, et cependant à la base du triangle le vaisseau est large de 14 mètres*. Il en est de même dans la cathédrale de Monreale, où la largeur est de 14°^, 30 dans œuvre (fig. 247). Peut-être faut-il voir, dans le type de ferme qui a été appliqué à ces bâtiments, un legs du passé, l'effet des habitudes et des traditions locales. Ces procédés remonteraient jusqu'aux architectes contemporains d'Empédocle; ceux-ci les auraient transmis à leurs successeurs, et leur pratique serait arrivée, de génération en génération, jusqu'aux maîtres qui ont bâti pour les princes normands, au xi® siècle de notre ère, tant de beaux édifices.

Au VII® et au vi® siècle, c'est la tuile proprement dite qui constitue la toiture des temples. Byzès de Naxos aurait, racontait-on, dès la première moitié du vi® siècle, donné l'exemple de débiter, en forme de tuiles, le marbre à gros grains que fournissaient les carrières de sa ville natale ^ D'autre part, il a été trouvé, dans l'Acropole d'Athènes, des plaques de ce marbre qui paraissent avoir fait fonction de tuiles dans un édifice antérieur aux guerres médiques, édifice auquel appartenait aussi une corniche, de même matière, dont il subsiste plusieurs

1. Charpente de la cathédrale de Messine, dessinée par Moret, pi. III. In-f*», Didot 1841. Un certain rôle a été réservé au métal dans le mode d'attache des pièces de ces charpentes ; peut-être les anciens en ont-ils fait autant.

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